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Essais nucléaires : 546 dossiers transmis au CIVEN en 2025, la mission « aller vers » franchit un cap

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Le rapport d’activité 2025 de la mission « aller vers » vient de paraître. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 546 dossiers complets transmis au Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (CIVEN), contre 460 en 2024. Une progression de 19 %. Sur le terrain, cela représente 486 nouveaux dossiers accompagnés, plus de 1 700 personnes prises en charge depuis la création du dispositif, et une réalité qui prend forme dans les archipels : celle d’un État qui vient vers ses administrés, au lieu d’attendre qu’ils viennent à lui.

Lancée en 2021 par le Haut-Commissariat après la visite d’Emmanuel Macron, cette mission s’adresse aux personnes souffrant de l’une des 23 maladies reconnues comme potentiellement liées aux essais nucléaires menés entre 1966 et 1996. Cancer de l’estomac, du côlon, du sein, de l’utérus, du poumon, leucémie : autant de pathologies qui ouvrent droit à indemnisation, à condition d’avoir séjourné en Polynésie française entre le 2 juillet 1966 et le 31 décembre 1998.

Le dispositif s’est déployé dans 59 îles ou communes réparties sur les cinq archipels. Certains atolls, mal desservis par avion ou par bateau, restaient jusque-là hors d’atteinte. La mission y a installé des permanences, en français et en tahitien, pour briser l’isolement administratif dans lequel nombre de victimes potentielles se trouvaient enfermées.

Les femmes en première ligne parmi les victimes, les hommes parmi les ayants droit

Parmi les dossiers accompagnés l’année dernière[1], 58 % concernent des personnes se déclarant elles-mêmes victimes potentielles. Une proportion en hausse de cinq points par rapport à 2024. Dans cette catégorie, les femmes sont largement majoritaires : 812 démarches contre 293 chez les hommes.

Du côté des ayants droit, la tendance s’inverse : 643 hommes, 458 femmes. Signe que la maladie, souvent silencieuse, emporte les siens avant que le dossier ne soit constitué. Le traitement d’un dossier s’effectue entre trois et huit mois.

Aucune date limite, sauf pour les ayants droit

La loi Morin, qui régit le dispositif, ne fixe aucune échéance pour déposer une demande d’indemnisation, sauf dans le cas où la victime potentielle est décédée. Pour les ayants droit, les délais ont été prolongés : les personnes décédées avant 2019 peuvent faire l’objet d’une demande jusqu’au 31 décembre 2027. Pour les décès survenus à partir du 1er janvier 2019, la demande doit être présentée au plus tard le 31 décembre de la sixième année suivant le décès.

La mission poursuit ses permanences en 2026 dans les locaux du Haut-commissariat de la République en Polynésie française. Le rapport complet est consultable en ligne sur le site du CIVEN.

Valérie Temarii
Valérie Temarii
Valérie Temarii, rédactrice régional(e) — La Voix de France. Textes produits avec l'assistance de l'IA et relus par notre équipe éditoriale.

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