Des rugbywomen d’un club du sud de la France ont été filmées à leur insu dans leurs vestiaires et douches par des joueurs de la section masculine. L’affaire provoque un traumatisme profond au sein du club.
Les faits, révélés en cette fin juin 2026, s’inscrivent dans un contexte plus large d’incidents similaires survenus ces dernières années dans le monde du sport amateur français. Des joueuses de la section féminine d’un club de rugby du sud de la France ont découvert qu’elles avaient été filmées à leur insu dans les douches et vestiaires par des joueurs de la section masculine. Le choc a été brutal, les conséquences durables.
L’incident rappelle des affaires récentes qui ont déjà secoué le sport amateur dans la région. En septembre 2025, le tribunal correctionnel de Castres avait jugé un voyeur de 25 ans, fils du gardien du stade de la Chevalière de Mazamet, reconnu coupable d’avoir filmé neuf cadets du club de rugby de Lavaur sous la douche, le 8 mars de la même année. Les enquêteurs avaient retrouvé dans son téléphone 14 vidéos des jeunes sous la douche. Il avait avoué filmer les vestiaires depuis deux ou trois ans, ciblant aussi bien des mineurs que des majeurs.
Un traumatisme qui dépasse les murs du club
Pour les victimes, la découverte d’une telle violation ne se limite pas au moment où elle survient. Elle remodèle le rapport quotidien à des espaces ordinaires comme les vestiaires ou les douches collectives. Une joueuse autrichienne du SCR Altach, club de première division féminine autrichienne confronté à une affaire similaire révélée en octobre 2025, a décrit précisément ce mécanisme : « Au moment où cet incident s’est produit, je jouais moi-même à Altach. Et quand j’en ai entendu parler, j’ai d’abord dû vérifier les vestiaires dans mon nouveau club en France, parce que j’avais peur qu’il y ait des caméras quelque part ou d’être filmée ou photographiée. »[1]
Cette joueuse, qui défend les couleurs de Thonon Evian en D2 française depuis l’été 2025, comptait plus de 200 000 abonnés sur ses réseaux sociaux au moment de son témoignage vidéo. Elle y avait rapporté que des mineures figuraient parmi les victimes filmées dans les vestiaires d’Altach.
Dans l’affaire autrichienne, 30 joueuses avaient été identifiées sur les enregistrements retrouvés. L’ex-dirigeant du club, également arbitre de haut niveau, était aussi dans le viseur des autorités pour de possibles infractions liées à la pédopornographie. « Nous étions complètement sous le choc. Le sol s’est dérobé sous nos pieds », avait confié anonymement l’une des victimes fin 2025.[2] Michaela Schmidt, ministre autrichienne des Sports, avait qualifié les faits de « graves et inacceptables » en réclamant « une enquête complète des autorités et une refonte totale au sein du club ».
Le rugby amateur français face à un problème structurel

Ces affaires posent une question concrète sur l’organisation des clubs de sport amateur : celle de la sécurité des espaces privatifs. Les vestiaires mixtes ou mal sécurisés constituent un angle mort dans de nombreux clubs, faute de moyens ou de volonté d’investir.
Certains clubs ont pris les devants. À Cadaujac, en Gironde, les 107 joueuses du club de rugby local disposent depuis environ un an d’un vestiaire 100 % féminin, avec douches individuelles, sèche-cheveux et protections périodiques à disposition.[5] Avant cette installation, elles partageaient les espaces communs avec les hommes et devaient s’organiser pour éviter les croisements. Un aménagement modeste en apparence, mais qui répond à une attente réelle de sécurité et de dignité pour des sportives qui, ailleurs, n’ont pas cette garantie.
Dans l’affaire de Lavaur, les victimes adolescentes avaient exprimé une crainte précise : « J’avais peur qu’il mette les vidéos sur les réseaux sociaux », avait confié à la barre du tribunal correctionnel de Castres l’un des neuf cadets concernés. L’auteur avait été condamné à verser entre 300 et 500 euros de dommages et intérêts à chacune de ses victimes. Une sanction financière limitée au regard du traumatisme décrit.
Sécurité des joueuses amateur : une faille persistante
Des victimes qui peinent encore à retrouver un rapport apaisé aux espaces sportifs
La joueuse d’Altach avait résumé en quelques mots l’impact profond de ce type de violation : « Nous nous sentions en sécurité dans le vestiaire, et notre vie privée a été tellement violée que certaines en souffrent encore aujourd’hui et ne se sentent plus à l’aise dans des douches publiques. »[1]
Ce sentiment d’insécurité ne disparaît pas avec la fin de l’enquête ni avec la condamnation de l’auteur. Il s’installe, modifie les comportements, force certaines sportives à renoncer à des habitudes d’entraînement ou à vérifier systématiquement les espaces avant d’y entrer. Pour les rugbywomen du club du sud de la France concerné par la révélation de juin 2026, le chemin vers un retour à la normale s’annonce long.
Le club annonce travailler à des mesures de sécurité renforcées. Les détails de ces mesures n’ont pas encore été précisés publiquement.
Vestiaires féminins dans le rugby : les affaires à retenir
- Des rugbywomen d'un club du sud de la France ont été filmées à leur insu dans leurs vestiaires et douches par des joueurs masculins du même club.
- En septembre 2025, un voyeur de 25 ans avait filmé 9 cadets du club de rugby de Lavaur sous la douche pendant 2 à 3 ans.
- Dans l'affaire autrichienne du SCR Altach, 30 joueuses ont été identifiées sur des enregistrements secrets réalisés sur plusieurs années.
- À Cadaujac (Gironde), 107 rugbywomen disposent depuis environ un an d'un vestiaire 100 % féminin avec douches individuelles.
- Les victimes témoignent de difficultés durables : certaines ne se sentent plus à l'aise dans des douches publiques après la découverte des faits.
Sources
3 sources · 4 faits sourcés

