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Golden Dome : les États-Unis confient à Hanwha leurs futurs navires de veille antimissile

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Pendant que Washington muscle sa base industrielle navale, deux acteurs américains viennent de décrocher un contrat qui en dit long sur la manière dont les États-Unis entendent reconstruire leur outil de défense antimissile. Hanwha Philly Shipyard, chantier installé à Philadelphie, et l’armateur TOTE Services ont été retenus pour livrer les futurs Missile Range Instrumentation Vessels de la Missile Defense Agency, ces navires spécialisés dans le suivi et l’instrumentation des tirs de missiles.

Le premier bâtiment, baptisé Golden Defender, s’inscrit directement dans le programme Golden Dome, le bouclier antimissile voulu par l’administration américaine pour couvrir l’ensemble du territoire national. L’annonce a été faite lors du baptême du Lone Star State, dernier navire multimission de sécurité nationale sorti des cales de Philadelphie.

Le partage des rôles est clair : TOTE Services pilote la construction en tant que vessel construction manager, tandis que Hanwha Philly Shipyard assure la fabrication dans son installation de Philadelphie. Deux navires sont prévus, destinés à remplacer des bâtiments hérités d’une autre époque.

Deux navires des années 1960 et 1970 à remplacer

Les futurs MRIV succéderont au Pacific Tracker et au Pacific Collector, construits respectivement en 1965 et 1970[2]. Ces deux plateformes assurent aujourd’hui encore les missions d’instrumentation et de surveillance des essais de missiles. Autrement dit, la première puissance militaire mondiale suit ses tirs stratégiques avec des coques d’un demi-siècle. Le renouvellement était attendu.

La désignation d’un gestionnaire de construction pour ce programme intervient alors que le gouvernement fédéral fait de la capacité de construction navale une priorité de sécurité nationale[1]. C’est un point qui mérite d’être noté à Paris comme à Berlin : les Américains traitent désormais leur base industrielle navale comme un actif stratégique à reconstruire d’urgence, après des décennies d’érosion face à la Chine.

Le modèle commercial testé sur le programme NSMV

Hanwha Philly Shipyard et TOTE Services ne partent pas de zéro. Les deux partenaires reconduisent la méthode déjà employée sur le programme National Security Multi-Mission Vessel, piloté pour la Maritime Administration. Ce programme de cinq navires a déjà livré trois bâtiments, le quatrième, le Lone Star State, venant d’être baptisé, et le cinquième et dernier étant attendu à la mi-2027[3].

Le pari est de transposer aux navires militaires les recettes du civil : meilleur contrôle des coûts, tenue des délais, chaînes de production déjà actives. Les MRIV s’appuieront sur une architecture de coque commerciale éprouvée et sur des effectifs qui ont sensiblement grossi à Philadelphie, portés par les commandes publiques successives.

Le président de TOTE Services, Jeff Dixon, a défendu cette logique : “Le Missile Range Instrumentation Vessel fait progresser notre sécurité nationale en tant que pièce maîtresse de l’initiative Golden Dome for America”, a-t-il déclaré, saluant la coordination d’une équipe interagences réunissant le Department of War, la Missile Defense Agency, l’Office of Management and Budget, le Department of Transportation et la MARAD[4].

Un premier navire attendu d’ici 2030

Le calendrier de livraison n’a pas été confirmé dans le détail, mais TOTE Services annonce le premier MRIV pour 2030[1]. La commande doit maintenir, et potentiellement accroître, l’emploi au chantier de Philadelphie, au service de la relance de la construction navale américaine.

Russ Vought, directeur de l’Office of Management and Budget, a résumé l’enjeu politique du contrat : ce navire, a-t-il dit, servira à la fois la doctrine de restauration de la “domination maritime” américaine et le système antimissile Golden Dome couvrant l’ensemble du pays[1]. Derrière la rhétorique, un fait industriel : les États-Unis rapatrient sur leur sol la fabrication de capacités militaires sensibles, quand l’Europe continue trop souvent de dépendre de composants et de chaînes qu’elle ne maîtrise pas. La leçon vaut d’être méditée.

Hélène Vasseur
Hélène Vasseur
Hélène Vasseur suit ce qui change concrètement dans le quotidien des Français. Droits des consommateurs, démarches administratives, nouvelles règles pratiques, services publics ou arnaques à éviter : elle part toujours d'un fait daté pour expliquer qui est concerné et quoi faire. Pédagogue et attachée aux sources officielles, elle écrit au service du lecteur, avec les bons réflexes à adopter.

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