La Grèce subit une vague d’incendies simultanés : 8 000 personnes évacuées en Crète, des feux visibles depuis l’Acropole, une banlieue d’Athènes vidée en urgence.
Touristes coincés par la fumée, pompiers morts au feu, Canadair cloués au sol par les vents. L’incendie qui ravage la Crète depuis trois jours a forcé 8 000 personnes à fuir une zone touristique près de Rethymnon. Des garde-côtes ont évacué par la mer ceux que les flammes avaient piégés sur le littoral. « Des flammes énormes, à vitesse grand V et avec forcément un vent de panique », raconte Laurent Deneef, expatrié français sur l’île de Paros, dans les Cyclades, également touchée.
Deux pompiers sont morts dans l’incendie crétois. Thrasivoulos Paterakis, restaurateur local, contemple les ruines de son établissement : « Cet endroit faisait vivre deux familles, la mienne et celle de mon fils. Maintenant, on se retrouve à la rue. » La fumée a parcouru cent kilomètres au-dessus de la mer, visible depuis l’espace sur les images satellite de l’Observatoire national d’Athènes.
Un incendie chasse l’autre : 51 départs en 24 heures
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Pendant que les secours tentaient de fixer les foyers en Crète et à Paros, un nouveau feu s’est déclaré vendredi en fin d’après-midi dans la banlieue ouest d’Athènes[1]. Les autorités ont ordonné l’évacuation préventive d’une partie de Chaïdari, à onze kilomètres du centre de la capitale. Les flammes étaient visibles depuis l’Acropole. La Protection civile a diffusé l’alerte par SMS sur l’ensemble des téléphones portables de la zone.
La Grèce a enregistré 51 feux de forêt et de terres agricoles au cours des dernières 24 heures. Le ministère de la Protection civile a placé Athènes et une partie de l’île d’Eubée en alerte maximale (niveau 5 sur une échelle de 5) pour le samedi, tandis que la Crète et la majorité des îles de la mer Égée restent en niveau 4.
Vents à 88 km/h : les Canadair restent au sol

Les conditions météo empêchent toute intervention aérienne efficace. Des vents jusqu’à 88 km/h localement, associés à des températures pouvant atteindre 37 °C samedi, interdisent aux avions bombardiers d’eau de décoller. « Ce fut une journée difficile, et elle le reste, mais heureusement, les conditions sont plus clémentes », a déclaré un responsable de la Protection civile sur la chaîne publique ERT, ajoutant que la plupart des habitants avaient pu regagner leur domicile à Chaïdari.
À Plomari, sur l’île de Lesbos, l’incendie n’est toujours pas fixé malgré une légère accalmie jeudi. Les oliveraies en feu et le relief compliquent l’extinction complète des foyers. Les reprises demeurent fréquentes, alimentées par les vents du nord.
Pourquoi la Grèce subit une vague de feux simultanés
8 000 évacuations en Crète, 200 par la mer en Béotie
En Crète, quelque 8 000 personnes ont dû quitter mercredi soir la région d’Agios Vasileios. La situation s’est légèrement améliorée depuis, selon la maire adjointe de la municipalité, Evangelia Glampedaki. « Nous avons accueilli les personnes contraintes de quitter la zone. Certains ont été pris en charge par des agences de voyages, mais la plupart ont été hébergés ici », a déclaré Grigoris Nikolidakis, maire de Festos[3].
Dans la région côtière de Béotie, à 120 kilomètres au nord-ouest d’Athènes, 200 personnes ont été évacuées par la mer depuis le village d’Agios Vassilios. Les garde-côtes et les pompiers ont affrété des embarcations pour les mettre à l’abri. Dans l’est du Péloponnèse, un incendie a pu être maîtrisé avant d’atteindre le site antique de Mycènes, datant de l’âge du bronze.
Vacances d’août sous haute tension

La majorité des Grecs s’apprêtent à entamer leurs vacances estivales ce week-end. Le ministère du Tourisme, en coopération avec la Chambre hôtelière de Grèce, a activé une plateforme numérique dédiée au logement temporaire des sinistrés et des touristes déplacés. Une touriste française filmait, dans le jardin de sa location de vacances en Crète, les arbres calcinés et la terre noire.
L’ampleur des incendies et la vitesse de propagation, visibles depuis l’espace, témoignent d’une situation exceptionnelle. L’Observatoire national d’Athènes a publié les images satellite montrant les panaches de fumée transportés sur cent kilomètres vers le sud, au-dessus de la Méditerranée.
Tous les fronts actifs simultanément
Les quatre derniers jours ont enchaîné les départs de feu : Paros, dans les Cyclades, a été touchée la première, puis la région de Rethymnon en Crète, avant qu’Athènes ne soit menacée à son tour vendredi. La police a dû taper aux portes des habitants de certains villages pour forcer l’évacuation, rapporte Laurent Deneef, qui a fui avec sa famille.
Les services de secours peinent à fixer les foyers existants, chaque nouveau départ mobilisant des moyens déjà tendus. La combinaison des vents violents, des températures élevées et de la sécheresse crée des conditions critiques pour les jours à venir. Les autorités maintiennent l’alerte rouge sur une large partie du territoire grec.
Incendies en Grèce : les chiffres à retenir
- 8 000 personnes évacuées en Crète, deux pompiers morts dans l'incendie de Rethymnon
- 51 incendies en 24 heures, flammes visibles depuis l'Acropole à Athènes vendredi
- Vents à 88 km/h et températures à 37 °C interdisent les largages aériens samedi
- Athènes et Eubée placées en alerte maximale (niveau 5), Crète et îles Égée en niveau 4
- 200 personnes évacuées par la mer en Béotie, site antique de Mycènes épargné de justesse
Sources
2 sources · 2 faits vérifiés

