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Intelligence artificielle en 2026 : la France face aux géants américains et à ses propres ambitions

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Souveraineté numérique, consolidation du marché des assistants IA et nouvelles interdictions européennes : l’intelligence artificielle traverse une phase de recomposition profonde en 2026.

Pendant des années, Palantir a fourni ses outils d’analyse à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Ce chapitre se ferme. Sébastien Lecornu a annoncé le remplacement de l’américain par ChapsVision, société française fondée par Olivier Dellenbach. La transition, selon le ministre de l’Économie, se fera probablement dans le courant de 2027, une fois les « technicalités » réglées. Le ministre a pris soin de ne pas préciser la date à laquelle la solution Palantir sera effectivement débranchée.

Ce n’est pas un basculement du jour au lendemain. ChapsVision ambitionne de s’imposer comme le champion européen de la donnée et de l’IA de confiance, face à des acteurs américains qui ont longtemps occupé le terrain sans concurrent crédible. La décision concernant la DGSI s’inscrit dans un mouvement plus large : à VivaTech, dirigeants et responsables politiques européens ont appelé à réduire la dépendance technologique envers les États-Unis, après la décision de l’administration Trump de restreindre l’accès aux modèles d’Anthropic.

En chiffres
< 50 %
Part de marché de ChatGPT
Première fois sous ce seuil, face à Google et Anthropic
2 déc. 2026
Date limite UE sur les IA de déshabillage
Obligation de blocage technique pour tous les systèmes en Europe
200 Md€
Plan France 2040 IA d'Attal
Annonce du candidat Renaissance pour la présidentielle 2027
2027
Horizon de débranchement de Palantir à la DGSI
Remplacement par le français ChapsVision, selon le ministre de l'Économie

ChapsVision contre Palantir : une souveraineté qui s’installe lentement

La société d’Olivier Dellenbach n’est pas une start-up émergente qui découvre le secteur régalien. Elle travaillait déjà avec le ministère de l’Intérieur avant cette annonce. Son positionnement repose sur la promesse d’une IA de confiance, pensée pour des administrations qui ne peuvent pas se permettre de confier leurs données à des serveurs étrangers soumis au droit américain.

Reste que la bascule vers ChapsVision n’est pas pour demain, comme le souligne Le Figaro. L’horizon 2027 laisse Palantir en place encore plusieurs mois. Et la question des performances techniques comparées des deux outils n’est pas tranchée publiquement. Le modèle américain a eu le temps de s’enraciner dans les pratiques des équipes. Déloger un outil opérationnel dans le renseignement intérieur ne relève pas du seul acte politique. [2]

Ce dossier résonne avec une tendance que Le Figaro identifie plus largement : les géants de la tech sont américains, de plus en plus chinois, mais la France dispose de chercheurs de renommée mondiale, portés par une formation mathématique d’excellence. L’écosystème existe. La question est de savoir si les pouvoirs publics lui donnent les commandes suffisantes pour s’imposer face aux hyperscalers et aux plateformes de surveillance américaines. [4]

ChatGPT sous les 50 % : le marché des assistants IA se redistribue

Image : Freepik

Pendant trois ans, OpenAI a régné sans partage sur le marché des assistants IA. Ce monopole de fait s’efface. ChatGPT est passé pour la première fois sous la barre des 50 % de part de marché, selon Le Figaro, bousculé par Google et Anthropic. [2]

Ce glissement change la lecture du secteur. OpenAI n’est plus le seul acteur à définir les standards d’usage. Google, avec Gemini, et Anthropic, avec Claude, gagnent du terrain sur un marché que la concurrence rend plus fragmenté. Pour Mistral AI, acteur français qui joue sa carte dans cet environnement, l’érosion du leader crée mécaniquement de l’espace, même si les écarts de ressources restent considérables.

Cette recomposition a une toile de fond politique directe. Quelques jours après l’interdiction du modèle Mythos 5 hors des États-Unis, les dirigeants d’OpenAI, Anthropic, Google DeepMind et Mistral AI ont participé à un déjeuner de travail avec les chefs d’État du G7 et des pays partenaires. La gouvernance de l’IA se négocie désormais au plus haut niveau diplomatique.

Pourquoi l'IA française peine à s'imposer face aux Américains

Souveraineté numérique en jeu
Le remplacement de Palantir par ChapsVision à la DGSI marque une volonté politique claire, mais la transition prendra plusieurs années et les performances comparées restent non documentées publiquement.
Marché IA : fin du monopole ChatGPT
OpenAI passe sous les 50 % de parts de marché, bousculé par Google et Anthropic. Mistral AI bénéficie d'un espace accru, même si les ressources des géants américains restent sans commune mesure.
AI Act : premières interdictions concrètes
L'UE impose au 2 décembre 2026 une obligation technique de blocage pour les IA de déshabillage, contraignant les plateformes mondiales à se mettre en conformité sur le marché européen.
French Tech Next40 : cap sur la rupture
La promotion 2026 sélectionnée par Bercy marque un virage vers des technologies de rupture, avec des entreprises comme Pasqal (informatique quantique) ou Aura Aero (aviation régionale électrique).
Diplomatie de l'IA au G7
Après l'interdiction du modèle Mythos 5 hors des États-Unis, les dirigeants d'OpenAI, Anthropic, Google DeepMind et Mistral AI ont déjeuné avec les chefs d'État du G7. La gouvernance de l'IA devient un enjeu de politique étrangère.

IA de déshabillage : interdiction européenne au 2 décembre 2026

L’Union européenne fixe une date butoir : le 2 décembre 2026. À partir de cette échéance, les IA capables de générer des images dénudant des personnes devront être équipées de mesures de sécurité empêchant ce type de contenus. La règle s’applique à tous les systèmes d’IA commercialisés sur le marché européen.

Cette interdiction ciblée s’inscrit dans le déploiement progressif de l’AI Act. Elle vise des outils qui ont proliféré sans cadre, souvent utilisés pour produire des images non consenties de femmes à partir de photos publiques. La contrainte technique imposée aux développeurs est claire : le système doit refuser de générer ces contenus, pas seulement afficher un avertissement. [4]

Pour les plateformes américaines et chinoises qui distribuent ces outils en Europe, c’est une mise en conformité contrainte. Pour les acteurs européens qui développent des modèles d’image, c’est une norme à intégrer dès la conception, ce qui représente un coût mais aussi un argument commercial sur les marchés où la protection des données personnelles compte.

Gabriel Attal, VivaTech et les 200 milliards : l’IA entre en campagne

La présidentielle 2027 projette déjà son ombre sur le débat tech. Gabriel Attal, candidat Renaissance, a présenté un « plan France 2040 pour l’IA et l’innovation » chiffré à 200 milliards d’euros. Il revendique « l’équivalent de la politique agricole commune » appliqué à l’intelligence artificielle, et a classé l’IA parmi ses quatre « chantiers capitaux ».

Pendant ce temps, VivaTech a accueilli Jeff Bezos. Le fondateur d’Amazon a défendu une vision résolument optimiste de la révolution numérique et déclaré que l’humanité sera « limitée non par ses capacités, mais par son imagination ». Il en a profité pour réaffirmer son ambition d’installer une présence durable sur la Lune, malgré l’explosion récente de la fusée New Glenn. [2]

Le salon a également mis en lumière le French Tech Next40 2026, dont la promotion révèle un virage vers les technologies de rupture : AMI Labs, Aura Aero, Pasqal, Wandercraft figurent parmi les 40 start-up les plus en vue, sélectionnées par Bercy dans une liste élargie de 120 entreprises. L’écosystème français existe, il se structure, mais il évolue dans un environnement où les règles du jeu se négocient entre Washington, Bruxelles et Pékin. [5]

IA en France 2026 : souveraineté, marché et réglementation

  • ChatGPT est passé pour la première fois sous les 50 % de parts de marché des assistants IA.
  • ChapsVision, société française, remplacera Palantir auprès de la DGSI, probablement en 2027.
  • L'Union européenne interdit les IA de déshabillage à partir du 2 décembre 2026.
  • Gabriel Attal propose un plan IA de 200 milliards d'euros dans sa campagne présidentielle.
  • Le French Tech Next40 2026 sélectionne AMI Labs, Aura Aero, Pasqal et Wandercraft parmi ses pépites.
Julien Mercier
Julien Mercier
Julien Mercier décrypte les aides et les droits des Français. CAF, retraite, chômage, chèque énergie, MaPrimeRénov', bourses ou aides locales : il s'attache à dire clairement qui peut en bénéficier, pour quel montant, jusqu'à quand et comment faire la démarche, étape par étape. Attaché aux chiffres officiels et aux sources françaises, il écrit pour que chacun sache exactement à quoi il a droit — et n'y renonce pas faute d'information.

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