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Leoni lance sa 12e usine au Maroc avec 640 millions de dirhams d’investissement

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Leoni engage 640 millions de dirhams pour bâtir une douzième usine au Maroc, renforçant encore la position du royaume comme hub mondial du câblage automobile.

Les travaux ont démarré. Le câbleur allemand Leoni, l’un des principaux fabricants mondiaux de faisceaux électriques pour l’automobile, vient de lancer la construction de sa 12e unité de production au Maroc. L’investissement annoncé atteint 640 millions de dirhams, un montant qui confirme la confiance du groupe dans l’écosystème industriel marocain et dans la trajectoire du secteur automobile local.

Ce nouveau site s’inscrit dans une logique d’expansion continue. Leoni est présent au Maroc depuis de nombreuses années et y exploite déjà plusieurs usines dans des zones industrielles de la région de Casablanca, dont des sites à Bouskoura et Aïn Sebaâ. La 12e usine vient donc densifier un dispositif productif déjà considérable, à l’heure où la demande mondiale en câblage automobile reste soutenue malgré les mutations technologiques liées à l’électrification des véhicules.

En chiffres
640 M
dirhams investis dans la 12e usine Leoni
au Maroc
12
usines Leoni au Maroc
après achèvement du nouveau site
8
usines Sumitomo au Maroc
câblage automobile, à Aïn Harrouda

Un secteur qui attire les câbleurs mondiaux

Le Maroc s’est imposé comme l’une des destinations privilégiées des équipementiers spécialisés dans le câblage. Le japonais Sumitomo y a inauguré une huitième usine de faisceaux de câbles, implantée à Aïn Harrouda, cité industrielle en périphérie nord-est de Casablanca.[4] Leoni suit la même logique de maillage territorial, avec des sites qui servent avant tout les constructeurs européens depuis une plateforme logistique proche du détroit de Gibraltar.

L’industrie automobile marocaine a connu des années de forte croissance à l’export, portée par des investissements étrangers massifs.[5] Le câblage en est l’un des piliers : peu mécanisable, très consommateur de main-d’œuvre qualifiée et relativement abordable à relocaliser, il correspond exactement au profil de l’offre industrielle marocaine. Chaque nouveau site génère des centaines, parfois des milliers d’emplois directs.

Leoni n’a pas traversé cette décennie sans turbulences. Le câbleur avait dû fermer son site de Bouznika après la perte d’un contrat Volkswagen, ce qui avait conduit à une réorganisation de ses capacités dans le pays.[2] Cette nouvelle usine signale que le groupe a retrouvé une trajectoire offensive, probablement adossée à de nouveaux contrats avec des constructeurs ou à la montée en puissance des volumes de câblage embarqué dans les véhicules électriques, bien plus gourmands en fils que les modèles thermiques.

Leoni au Maroc : repères
Indicateur Donnée
Nombre d’usines (après construction) 12
Investissement pour la 12e usine 640 millions de dirhams
Sites historiques à Casablanca Bouskoura, Aïn Sebaâ

Source : Usine Nouvelle

L’enjeu de l’emploi et de la montée en compétences

Chaque usine de câblage représente plusieurs centaines d’emplois directs, souvent dans des zones où le tissu industriel reste à construire. La 12e unité de Leoni s’inscrit dans cette réalité : le câblage automobile est l’une des filières qui absorbe le plus de main-d’œuvre au Maroc, dans des métiers qui exigent précision et répétabilité plutôt que qualification longue, ce qui facilite l’intégration rapide de nouveaux salariés.

Le défi pour le Maroc est de monter progressivement dans la chaîne de valeur. Assembler des faisceaux reste une activité à faible valeur ajoutée par rapport à la conception ou à l’ingénierie des systèmes électriques. Les acteurs comme Leoni le savent, et certains contrats incluent désormais des engagements en matière de formation et de transfert de compétences.[1]

Pourquoi le Maroc domine le câblage auto européen

Expansion industrielle
Leoni porte son empreinte marocaine à 12 usines, un signal fort sur la solidité de ses carnets de commandes en câblage automobile.
Emploi local en jeu
Chaque nouvelle unité de câblage génère des centaines d'emplois directs, dans des zones où le tissu industriel reste à développer.
Électrification, aubaine pour le câblage
Les véhicules électriques consomment deux à trois fois plus de câbles, ce qui soutient mécaniquement la demande adressée aux sites marocains.
Géographie gagnante
La proximité du détroit de Gibraltar fait du Maroc la plateforme logistique idéale pour alimenter les usines d'assemblage européennes.
Risque de dépendance
La filière câblage reste peu diversifiée et très exposée aux décisions des constructeurs européens, comme l'a montré la fermeture du site de Bouznika après un retrait Volkswagen.

640 millions de dirhams dans le contexte de l’électrification

Le timing de cet investissement n’est pas anodin. Un véhicule électrique embarque en moyenne deux à trois fois plus de câblage qu’un véhicule thermique équivalent. Les constructeurs européens, principaux clients de Leoni depuis le Maroc, accélèrent leur transition vers l’électrique, ce qui se traduit mécaniquement par des volumes de câbles plus importants à produire. L’Allemand anticipe cette demande.

Valeo avait d’ailleurs cédé son activité câblage à Leoni,[3] signe que le groupe s’est imposé comme consolidateur naturel du secteur en Europe. La stratégie marocaine prolonge cette logique : concentrer la production dans une zone à coûts compétitifs, à moins de deux heures de navigation des ports espagnols, pour alimenter les lignes d’assemblage d’Allemagne, de France et d’Espagne. Avec 640 millions de dirhams engagés sur ce douzième site, Leoni fait le pari que la demande européenne en câblage restera robuste pour les années à venir.

Leoni au Maroc : chiffres clés du câblage automobile

  • Leoni lance sa 12e usine au Maroc avec un investissement de 640 millions de dirhams.
  • Le groupe exploite déjà des sites à Bouskoura et Aïn Sebaâ dans la région de Casablanca.
  • Un véhicule électrique embarque deux à trois fois plus de câblage qu'un thermique.
  • Sumitomo, autre câbleur mondial, exploite huit usines au Maroc, dont une à Aïn Harrouda.
  • Leoni avait fermé son site de Bouznika après la perte d'un contrat Volkswagen.
Karim Lefort
Karim Lefort
Karim Lefort suit tout ce qui touche les déplacements des Français. Carburant, péages, SNCF et TER, transports en commun, coût d'usage de la voiture, contrôle technique, ZFE, stationnement ou malus : il part d'un fait daté et chiffré pour dire qui est concerné, combien ça coûte ou rapporte et quoi faire. Proche du conducteur comme de l'usager, il donne les chiffres qui comptent, sources françaises à l'appui.

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