Vendredi 7 août, une vingtaine de salariés ont poussé les portes du Domaine d’Oro, à l’île des Pins. Derniers coups de pinceau, chambres préparées à la hâte, cuisines rallumées. Après plus de deux ans de fermeture, l’ancien Méridien reprend vie. Trente bungalows sur les quarante-huit que compte l’établissement sont désormais réservables. Un redémarrage timide, mais symbolique pour Kunié, où cet hôtel constitue depuis trente ans le poumon économique du territoire.
Les premiers clients arrivent au compte-gouttes : quatre séjours programmés dans les jours suivants. Neoere Tei, agent technique, sourit en terminant les ultimes travaux. Christian Vakié, directeur d’exploitation, montre une chambre vue plage : le visiteur qui l’a réservée débarquera lundi.
Tous les salariés n’ont pas encore été rappelés. Sur la cinquantaine d’employés évoquée par la direction locale, seule une vingtaine a repris en cette première phase. Brieuc Frogier, président de Promosud, parle d’un périmètre plus large : environ soixante-dix salariés liés à l’activité de l’établissement. Pendant les deux années de fermeture, Promosud et la Société hôtelière de Nouméa ont fait le choix de ne procéder à aucun licenciement, en s’appuyant sur le chômage partiel et les dispositifs mis en place après les émeutes.
Ce maintien représentait un enjeu majeur. Soixante-dix salaires, c’est environ 270 millions de francs injectés chaque année sur l’île. Abandonner cet outil aurait généré une crise dans la crise, estime Brieuc Frogier. L’occupation remontera progressivement, assure Christian Vakié. Chacun son tour.
Les cuisines remises en route, les circuits locaux réactivés
Le restaurant a rouvert dans la foulée. Quelques couverts seulement attendus pour ce premier service de midi, mais les équipes avaient déjà repris leurs marques. Au menu : porcelaines fraîchement pêchées, langoustes, escargots de l’île. Les classiques que les visiteurs viennent chercher à Kunié, explique Christian Vakié.
Le chef Florent Lescouezec entend renouer avec les fournisseurs locaux. Maraîchers, pêcheurs, langoustes : toute une économie se remet en marche avec l’ouverture de l’hôtel, dit-il. C’est le travail qu’on faisait il y a deux ans. La reprise dépasse les seuls murs de l’établissement, tant l’activité touristique irrigue une partie de l’économie de l’île des Pins.
Cent cinquante millions de francs de travaux ont été engagés pour permettre cette réouverture. Le Domaine d’Oro ne fonctionne pas encore à plein régime, mais l’espoir est là, sur ce territoire où chaque emploi compte, chaque client qui débarque fait la différence.

