Le musée Lalique de Wingen-sur-Moder ne rouvrira pas ses portes en août. Un mois après le cambriolage spectaculaire du 5 juillet, qui a vu trois individus emporter 27 pièces de joaillerie pour un butin estimé à plus de 4,5 millions d’euros, la directrice Véronique Brumm Schaich confirme : la saison touristique se fera sans le site. Et pour cause : toute la sécurité est à repenser, de fond en comble.
L’affaire avait marqué les esprits. Tôt le matin du 5 juillet, trois cambrioleurs cagoulés et gantés s’étaient introduits dans ce musée qui retrace l’œuvre du maître verrier et joaillier René Lalique. En moins d’un quart d’heure, ils avaient raflé des pièces parmi les plus précieuses de la collection, dont la toute première œuvre acquise par l’établissement. L’alerte s’était déclenchée à 5h34, mais la société de gardiennage n’était arrivée sur place qu’à 7h. C’est l’agent d’entretien qui avait prévenu la gendarmerie.
Depuis, le musée travaille portes closes. Gendarmerie, experts mandatés par les assurances, entreprises spécialisées : toute une chaîne s’active pour définir les nouvelles mesures de sécurisation. Mais la prochaine étape est celle qui conditionne tout : la visite de la Mission interministérielle à la Sûreté, la Sécurité et l’Accessibilité. Ses recommandations sont indispensables avant toute réouverture. Et ce passage n’a pas encore eu lieu.
Une haute saison perdue
Pour un site culturel alsacien, perdre le mois d’août, c’est perdre une part essentielle de sa fréquentation annuelle. L’été, c’est la haute saison touristique, celle où les visiteurs affluent. Mais Véronique Brumm Schaich, la directrice, ne peut rien annoncer. Dans un communiqué publié le 5 août, elle indique qu’à ce stade, il n’est pas encore possible d’annoncer une date pour un retour du public[1].
L’exposition « Cristallisation », inaugurée juste avant le cambriolage et visible seulement une quinzaine de jours, sera reconduite dès que le musée pourra rouvrir[3]. Une maigre consolation pour une équipe qui voit son travail suspendu, et pour un territoire privé d’un de ses joyaux patrimoniaux en pleine saison.
Une cagnotte solidaire pour faire face
Le musée Lalique a lancé une cagnotte solidaire pour faire face aux dépenses exceptionnelles engendrées par cette situation[1]. Car au-delà du préjudice direct du vol, assuré ou non, il y a tous les coûts de la remise en sécurité : consultants, matériel, interventions. Des frais imprévus, qui pèsent sur un établissement culturel qui vit de sa fréquentation.
La boutique du musée reste ouverte, et un système de « click and collect » devrait voir le jour[4]. Une façon de maintenir un lien avec le public, en attendant que les portes du musée puissent se rouvrir. Mais pour l’instant, personne ne peut dire quand.
Sources
3 sources · 4 faits vérifiés

