Deux ans après les émeutes de mai 2024, l’économie calédonienne cesse de reculer. Le rapport de l’IEOM publié le 11 juin 2026 documente cette stabilisation fragile.
L’indicateur du climat des affaires (ICA) progresse de 2,7 points au premier trimestre 2026, pour atteindre 99,3. La moyenne historique est fixée à 100. On n’est pas encore dans un rebond, mais on sort de la chute libre.
“Il y a une information assez importante, on observe une progression non négligeable de l’indicateur du climat des affaires”, relève Fabrice Dufresne, directeur de l’IEOM en Nouvelle-Calédonie. Le ton reste mesuré : l’établissement parle de “premiers signes d’une reprise progressive”, pas d’un retournement.
Un climat des affaires qui remonte, une consommation qui redémarre
Les perspectives d’embauche s’améliorent et les ménages recommencent à consommer. Ce sont les deux autres signaux positifs mis en avant par l’IEOM dans son rapport du 11 juin. Après un 2025 marqué par le pessimisme généralisé consécutif aux destructions de 2024, ces signaux comptent.
Sur l’inflation, les chiffres sont contenus : 0,7 % en Nouvelle-Calédonie, contre 0,3 % en Polynésie française, dans le sillage d’une désinflation amorcée en 2023 [2]. L’IEOM attribue ce ralentissement en partie au recul des prix de l’énergie observé à l’échelle mondiale en 2025. Mais le niveau général des prix reste élevé. L’inflation ralentit, elle ne recule pas.
Les incidents de crédit bondissent de près de 20 %
C’est là que le tableau se noircit. Malgré la légère reprise de la consommation, les difficultés financières des ménages s’aggravent. Les incidents de remboursement de crédits augmentent de 19,8 % sur un an, et les dossiers de surendettement déposés auprès de l’IEOM de 23,7 % [1].
Sur le marché du travail, le recul continue. L’IEOM chiffre à plus de 12 500 le nombre d’emplois salariés perdus en deux ans, soit une chute de 18,4 % [4]. Le rythme du recul ralentit, mais les effectifs ne se reconstituent pas.
La Nouvelle-Calédonie affiche par ailleurs un taux de chômage largement supérieur à celui de la Polynésie française, qui atteint 2,5 % selon l’IEOM [2]. L’écart illustre à lui seul l’ampleur du choc subi par l’archipel depuis le printemps 2024.
Le signal de stabilisation est réel. Il ne suffit pas à effacer deux ans de destruction économique, ni à soulager des ménages dont la capacité de remboursement continue de se dégrader.
Sources
3 sources · 4 faits sourcés
