Ils ont quitté leurs casernes de l’Aisne, du Nord, de l’Oise, de la Somme et du Pas-de-Calais pour rejoindre les forêts en flammes du Sud-Ouest. Plus d’une centaine de pompiers des Hauts-de-France sont partis en renfort en Gironde et dans les Landes, où les incendies ne laissent aucun répit. Une mobilisation qui prolonge celle du début du mois : une cinquantaine de soldats du feu de la région avaient déjà été déployés dans les Pyrénées-Orientales et l’Aude.
Dans l’Aisne, 19 pompiers ont pris la route de la Gironde pour une mission de cinq jours minimum. Ils ont embarqué un véhicule léger hors route, un fourgon pompe-tonne, deux camions-citernes feux de forêt et un véhicule de secours d’assistance aux victimes. Ce renfort s’ajoute à des détachements déjà actifs dans le Var et à des équipes envoyées vendredi dans les Landes. Le SDIS de l’Aisne enchaîne les missions simultanées dans plusieurs départements sinistrés.
L’Oise a engagé 11 sapeurs-pompiers en Gironde. Ce départ porte à 44 le nombre de personnes mobilisées hors du département. Nadège Lefebvre, présidente du conseil départemental isarien, parle d’« un véritable cauchemar pour les habitants, les touristes et les animaux ». Dans la Somme, 12 pompiers et deux véhicules ont pris le chemin du Sud-Ouest pour renforcer les équipes déjà sur place, selon la préfecture.
Le Nord a déployé 22 soldats du feu à Parentis-en-Born. Leur mission : assurer le renfort urbain pour soulager et remplacer les pompiers locaux dans les casernes pendant que les moyens sont massivement concentrés sur les feux. Le SDIS du Nord rappelle qu’un renfort, « ce n’est pas toujours être en première ligne face aux flammes ». Il s’agit aussi de « tenir les centres de secours », « assurer les départs d’urgence » et répondre « aux appels du quotidien ».
Quant au Pas-de-Calais, plus de 50 sapeurs-pompiers sont partis dans la nuit et ce matin en Gironde, dans les Landes et le Var. Leur présence sur place atteint désormais 74 personnes, d’après Jean-Claude Leroy, président du département. « La solidarité est essentielle et le département, en tant que principal financeur du SDIS 62, y prend et prendra toute sa place », souligne-t-il.
Les incendies continuent de ravager le Sud-Ouest. En Gironde, les flammes se dirigent vers la métropole bordelaise. Plus de 140 000 personnes ont été évacuées[4]. Le gouvernement a annoncé l’envoi de 500 militaires supplémentaires et la distribution de 1,5 million de masques FFP2[1]. Emmanuel Macron a activé le mécanisme de protection civile de l’Union européenne pour obtenir des renforts étrangers[3]. Depuis le début de l’année, 44 000 hectares sont partis en fumée en France[2].
Les pompiers des Hauts-de-France s’inscrivent dans cette chaîne de solidarité nationale. Leur départ permet aux équipes locales, épuisées après des jours de lutte ininterrompue, de souffler ou de rester concentrées sur le front. Un feu convectif, d’une violence extrême, progresse à une vitesse qui laisse peu de temps à la manœuvre. Chaque renfort compte.
Sources
4 sources · 4 faits vérifiés

