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Plus de 80 pompiers blessés dans les feux de Corse, du Var et de Gironde : trois morts depuis le début de l’été 2026

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Six jours et six nuits sans relâche. C’est le tempo que vivent les soldats du feu depuis que les incendies ont embrasé la Gironde, le Var et la Corse. Le bilan, communiqué ce lundi matin par les autorités, fait état de 84 pompiers blessés en Gironde, dont dix ont dû être évacués. Parmi eux, un sapeur venu en renfort de Seine-et-Marne, victime d’une fracture ouverte de la cheville après l’explosion d’une bouteille de gaz. La plupart des autres ont été intoxiqués au monoxyde de carbone, conséquence directe de l’intensité des fumées dans une forêt qui brûle comme de l’essence.

Le drame le plus lourd s’est produit en début de semaine dernière : deux sapeurs-pompiers ont perdu la vie en Gironde, piégés dans leur véhicule par les flammes alors qu’ils intervenaient sur un feu survenu dans une zone d’activité de Mérignac, non loin de l’aéroport de Bordeaux. Début juillet, un autre pompier était décédé en Savoie, engagé sur un feu de végétation. Trois morts en quelques semaines, un bilan qui pèse lourd sur les casernes.

Dans le Var, où un millier de pompiers sont mobilisés depuis une semaine, au moins quatre ont été légèrement blessés, là encore par intoxication, dans leur lutte contre un incendie qui a déjà parcouru plus de 2 500 hectares depuis mardi dernier. La Corse n’est pas épargnée : un pompier a été brûlé à l’avant-bras en intervention sur le feu de la Vallée de la Restonica, non loin de Corte.

Plus de 3 400 hectares brûlés près d’Arcachon

En Gironde, le feu qui ravage la forêt des Landes de Gascogne, au nord du bassin d’Arcachon, a déjà parcouru près de 3 400 hectares. 21 000 personnes ont été évacuées[2]. Marc Vermeulen, directeur du Sdis de Gironde, qualifie la virulence de cet incendie de « rare ». Les flammes ont notamment touché la commune du Porge, où la déchetterie a été détruite. Les pompiers luttent dans un secteur déjà ravagé en 2022, où la végétation desséchée s’embrase à une vitesse inquiétante.

Dans le Var, le feu qui a débuté mardi dernier menace toujours, même s’il ne progresse plus. Plus de 900 pompiers sont engagés, jour et nuit, pour contenir un incendie qui a contraint environ 400 personnes à évacuer. En Haute-Corse, la situation reste tout aussi tendue, avec des moyens aériens mobilisés en permanence.

Des corps mis à rude épreuve

La fatigue s’installe. Les syndicats de pompiers tirent la sonnette d’alarme : « La ressource n’est pas intarissable et les corps sont mis à rude épreuve, il y a de la fatigue physique, mentale », explique un représentant syndical[1]. Les gardes s’enchaînent, 24 heures sur 24, alors que de nombreux collègues sont en congés. Certains pompiers, après plus de dix heures passées sur des feux de forêt, doivent reprendre des gardes classiques dès leur retour en caserne. « C’est anormal », dénonce le syndicat.

Bruno Ménard, porte-parole du syndicat des pompiers volontaires, qui représentent 80 % des effectifs, estime que le système « va exploser »[1]. Car à cette mobilisation sur les incendies s’ajoute l’activité courante : le secours et les soins d’urgence aux personnes représentent 74 à 80 % de l’activité opérationnelle totale des sapeurs-pompiers, soit plus de quatre millions de sorties par an. Les détresses médicales et les accidents de la vie quotidienne ne s’arrêtent pas parce que la forêt brûle.

David Saquet, président de l’Unsa Pompiers, parle de « surengagement des personnels »[1]. Sébastien Delavoux, autre responsable syndical, insiste sur le danger : « La fatigue est un ennemi lors des feux de forêt, par l’intensité des missions et la durée des engagements. Les agents, rincés, peuvent connaître des pertes de lucidité, avec des risques d’intoxication réels. »[1]

40 000 hectares partis en fumée depuis janvier

Depuis le début de l’année, près de 40 000 hectares ont été brûlés en France, « beaucoup plus que tout ce qui a été brûlé l’année dernière », a déclaré Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, en déplacement en Gironde mercredi dernier[3]. Les conditions climatiques, marquées par la sécheresse et des températures élevées, transforment la végétation en combustible. Cinq départements étaient placés en risque « très élevé » jeudi dernier. La saison des feux, déjà meurtrière, est loin d’être terminée.

Les moyens aériens restent massivement déployés : Canadair, Air Tractor, avions Dash et hélicoptères bombardiers d’eau tournent au-dessus des brasiers. Au sol, près de 300 pompiers et 90 engins luttent en Gironde, appuyés par des renforts venus de toute la France. Mais l’usure guette, et les casernes regardent avec inquiétude les semaines à venir.

Antoine Colonna
Antoine Colonna
Antoine Colonna, rédacteur régional(e) — La Voix de France. Textes produits avec l'assistance de l'IA et relus par notre équipe éditoriale.

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