Sonomind, medtech parisienne spécialisée dans les ultrasons focalisés, boucle une Série A de 20 millions d’euros et se lance dans les essais cliniques multicentriques.
Une personne dépressive sur trois ne répond à aucun des traitements actuels. Pour Sonomind, ce n’est pas une fatalité. La startup fondée en septembre 2025 mise sur une technologie non invasive : des ultrasons de faible intensité, dirigés vers les zones du cerveau impliquées dans les troubles psychiatriques. En mai 2026, elle annonce une levée de fonds de Série A de 20 millions d’euros, menée par Critical Path Ventures et Bpifrance, via les fonds French Tech Seed et Deep Tech 2030. L’objectif : lancer des essais cliniques randomisés en double aveugle, multicentriques, et viser une autorisation de mise sur le marché en 2029.
Le tour de table inclut 18 millions en capital et 2 millions en dette. Il fait suite à un amorçage de 3 millions d’euros bouclé en 2025, dont 2 millions apportés par Critical Path Ventures et 1 million de financement public France 2030. Cet amorçage avait permis de finaliser la première version de la plateforme technologique.
Une lentille acoustique sur mesure pour atteindre les structures profondes
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Le dispositif de Sonomind repose sur une lentille acoustique fabriquée sur mesure pour chaque patient. Cette lentille permet de franchir la barrière encéphalique et de stimuler avec précision les zones profondes du cerveau, sans chirurgie, sans implant. Les séances se déroulent en ambulatoire, sans hospitalisation[1].
La technologie s’appuie sur 25 ans de recherche menée à l’Institut Physique pour la Médecine (Inserm, ESPCI Paris, PSL, CNRS) par les professeurs Mickael Tanter et Jean-François Aubry. Les premiers résultats cliniques, menés à l’hôpital Sainte-Anne (GHU Paris Psychiatrie et Neuroscience) et publiés en 2025 dans la revue Brain Stimulationfont état d’une réduction de plus de 60 % de la sévérité des symptômes après cinq jours de traitement consécutifs. Aucun effet indésirable significatif n’a été rapporté.
Dépression résistante : 30 à 50 % des patients en échec thérapeutique

Sonomind cible en priorité la dépression résistante, pathologie qui touche 30 à 50 % des personnes dépressives dans le monde. Pour ces patients, les antidépresseurs, la psychothérapie ou les thérapies par stimulation magnétique transcranienne (TMS) n’apportent pas de réponse satisfaisante. L’entreprise entend leur offrir une alternative : un traitement personnalisé, indolore, sans médicament.
« Nous refusons de considérer cela comme une fatalité. Avec les ultrasons focalisés, nous pouvons leur offrir une alternative réelle : non invasive, précise et efficace », déclare l’entreprise dans son communiqué. François Charbonnier, directeur d’investissement chez Bpifrance, souligne : « Nous avons été très vite frappés par le degré d’impact du projet, autant que par la qualité des fondateurs de Sonomind. Nous nous réjouissons de pouvoir les accompagner dans leur structuration et leur parcours réglementaire[1]. »
| Tour | Montant | Date | Investisseurs |
|---|---|---|---|
| Amorçage | 3 M€ | 2025 | Critical Path Ventures (2 M€), France 2030 (1 M€) |
| Série A | 20 M€ | Mai 2026 | Critical Path Ventures, Bpifrance (French Tech Seed, Deep Tech 2030) |
Source : Bpifrance
Pourquoi cette levée compte pour la santé mentale
Prix Marcel Dassault et Trophée Medtech en 2025-2026
En 2025, Sonomind a reçu le Prix Marcel Dassault pour l’innovation en santé mentale, décerné par la Fondation FondaMental et le Groupe Dassault. En mars 2026, l’entreprise a été lauréate du Trophée Medtech lors de la cinquième édition des Trophées de la HealthTech, organisée par France Biotech[3].
Ces distinctions valident la pertinence scientifique et l’impact potentiel du projet. Elles renforcent aussi la crédibilité de l’équipe, dirigée par Jérémy Bercoff, et composée d’une vingtaine de collaborateurs. La startup bénéficie du soutien d’Agoranov, Wilco et de la Région Île-de-France, et opère depuis Paris.
Extension à d’autres pathologies neurologiques et psychiatriques

Au-delà de la dépression résistante, la technologie de Sonomind présente un potentiel d’extension à d’autres indications. L’entreprise évoque l’anxiété, les addictions, la maladie de Parkinson, les tremblements essentiels, la récupération post-AVC et les douleurs chroniques. Autant de pathologies pour lesquelles les options thérapeutiques restent limitées ou insuffisamment efficaces.
La plateforme technologique de Sonomind, fondée sur une approche modulaire et personnalisée, pourrait ainsi devenir une solution transverse pour plusieurs troubles neurologiques et psychiatriques. L’enjeu : démontrer, par des essais cliniques robustes, que les ultrasons focalisés peuvent offrir une réponse où les traitements classiques échouent.
La startup vise une mise sur les marchés européen et américain d’ici 2029. D’ici là, les essais cliniques multicentriques devront produire des preuves suffisamment solides pour convaincre les autorités réglementaires et les systèmes de santé. Le financement de 20 millions d’euros doit permettre de franchir cette étape décisive.
Sonomind et les ultrasons : ce qu'il faut retenir
- Sonomind lève 20 millions d'euros en Série A (mai 2026) auprès de Critical Path Ventures et Bpifrance
- La startup vise une autorisation de mise sur le marché en 2029 pour un traitement par ultrasons de la dépression résistante
- 30 à 50 % des personnes dépressives ne répondent à aucun traitement actuel
- Les premiers essais à l'hôpital Sainte-Anne (2025) ont montré une réduction de plus de 60 % de la sévérité des symptômes en 5 jours
- La technologie s'appuie sur 25 ans de recherche menée à l'Inserm, l'ESPCI Paris, PSL et le CNRS
- L'entreprise a reçu le Prix Marcel Dassault (2025) et le Trophée Medtech (mars 2026)
Sources
2 sources · 3 faits vérifiés

