Alors que la Renault 4 et la Renault 5 venaient tout juste de s’imposer comme deux des électriques françaises les plus désirables du moment, Renault prépare déjà une amélioration majeure pour les deux modèles, plus de puissance et une autonomie renforcée pour des icônes qui n’avaient pourtant pas encore fini de convaincre avec leurs caractéristiques actuelles.
Renault s’apprête à revoir la mécanique de ses deux modèles électriques les plus en vue. La Renault 5 et la Renault 4 vont bénéficier, dans les prochains mois, d’une évolution de leur chaîne de traction destinée à gagner en même temps en performances et en efficacité énergétique. Rien de spectaculaire côté carrosserie : les silhouettes ne bougent pas. C’est sous le capot que ça se passe.
Le contexte, on le connaît. La R5 a lancé l’offensive en 2024 sur le créneau des citadines électriques, suivie début 2025 par la R4, plus haute, plus familiale, taillée façon crossover. Les deux partagent l’essentiel de leur technologie et reposent sur la même plateforme AmpR Small, avec des moteurs synchrones à excitation externe deuxième génération.
L’évolution en préparation porte un nom : Gen 2 Evo. Une nouvelle génération de moteurs qui reprend une partie des développements prévus pour les Renault Scénic et Mégane. Objectif affiché : garder ces deux modèles dans le peloton de tête d’un segment qui se remplit vite.

Deux stars néo-rétro qui partagent presque tout
Sur le papier, la parenté entre les deux voitures est évidente. Même plateforme, mêmes moteurs, mêmes batteries. La Renault 5 ouvre sa gamme avec un moteur de 121 ch associé à une batterie de 40 kWh, tandis que la variante la plus dotée combine un moteur de 148 ch et une batterie de 52 kWh. La Renault 4, elle, est commercialisée avec cette configuration haute.
Des autonomies proches mais pas identiques
Côté rayon d’action, la R5 annonce strong>309 kilomètres en homologation dans sa version d’entrée de gamme, et grimpe à 406 kilomètres dans sa déclinaison la plus performante. La R4, plus haute et plus imposante, reste logiquement un cran en dessous avec un maximum de 402 kilomètres. L’écart s’explique sans mystère : une carrosserie plus verticale et des dimensions supérieures pèsent sur l’aérodynamique et donc sur la conso.

Gen 2 Evo : ce qui change vraiment sous le capot
La marque au losange travaille donc sur cette nouvelle génération de moteurs, qui doit tirer parti des avancées développées pour les prochaines Scénic et Mégane, dont l’évolution est attendue pour 2028. Marianne Bataillon, responsable du développement des moteurs et des batteries chez Renault, explique que l’entreprise poursuit son travail d’optimisation sur l’efficacité et la puissance de ces systèmes de propulsion.
L’onduleur et les réducteurs dans le viseur
Les améliorations doivent arriver entre fin 2026 et début 2027. Les principaux gains porteront sur des composants clés comme l’onduleur et les réducteurs, deux éléments capables de réduire les pertes d’énergie et d’améliorer le rendement global de l’ensemble. La promesse : une autonomie en hausse, une réactivité plus marquée et une meilleure exploitation de chaque recharge. Autrement dit, plus d’efficience sans toucher aux batteries.

Une concurrence qui monte le ton
Cette mise à jour tombe à un moment sensible. Le segment des électriques compactes se densifie à vive allure, et de nouveaux venus ne comptent pas laisser la R5 tranquille. La future Volkswagen ID. Polo promet des autonomies comprises entre 328 et 455 kilomètres, des chiffres qui débordent les performances actuelles de la citadine française.
Skoda et Volkswagen relèvent la barre
Même logique du côté de la Skoda Epiq, annoncée avec des versions capables de parcourir entre 306 et 438 kilomètres sur une seule charge. Dans leurs déclinaisons à plus grande autonomie, ces deux modèles placent le curseur technologique plus haut que l’offre Renault d’aujourd’hui. D’où l’urgence, pour le losange, de ne pas se laisser distancer sur le terrain de l’autonomie homologuée.
La bataille ne se joue donc plus seulement sur le style ou le prix, mais sur la fiche technique brute. Sur ce point précis, la R5 et la R4 doivent progresser pour rester dans le match.

Une technologie déjà rodée sur la Twingo
La Gen 2 Evo n’est pas une inconnue. Elle a déjà fait ses débuts sur la nouvelle génération de Renault Twingo. Dans ce cas précis, sa puissance a toutefois été bridée à 80 ch, un choix adapté à un usage essentiellement urbain.
Tout le potentiel réservé aux modèles plus grands
Le transfert de cette technologie vers des modèles de plus grand gabarit change la donne. Sur la R5 et la R4, l’idée est justement d’exploiter tout le potentiel de cette architecture, là où la Twingo se contentait d’une version limitée. Le gain devrait donc être plus tangible, aussi bien en performances qu’en efficacité.
C’est aussi une manière pour Renault de rentabiliser un développement mené à l’échelle de toute sa gamme électrique. Un même bloc technique décliné du plus petit format urbain jusqu’aux futurs Scénic et Mégane, avec des puissances calibrées selon l’usage visé.
La R5 et la R4 sont devenues des piliers de l’offensive électrique du losange en Europe. Les conserver au niveau des références de leur catégorie passe par ce genre d’évolution discrète mais stratégique.
Reste à voir de combien l’autonomie progressera réellement une fois la Gen 2 Evo installée. Renault n’a pas communiqué de chiffres précis pour la R5 et la R4 revues.
Le calendrier est parlant. En annonçant cette mise à jour au moment précis où l’ID. Polo et la Skoda Epiq débarquent avec des autonomies supérieures, Renault envoie un signal clair : hors de question de laisser filer l’avantage acquis en 2024. Miser sur l’onduleur et les réducteurs plutôt que sur de plus grosses batteries est un choix malin, parce qu’il joue sur le rendement sans alourdir la voiture ni gonfler les coûts. Dans la vraie vie, c’est souvent là que se gagnent les kilomètres.
Reste une question qui fâche : sans chiffres officiels sur le gain d’autonomie réel, difficile de mesurer l’ampleur de l’effort. La Twingo bridée à 80 ch a servi de banc d’essai, mais le vrai test aura lieu sur la R5 et la R4, où la Gen 2 Evo doit enfin exprimer son plein potentiel. À suivre entre fin 2026 et début 2027.


