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Safran ferme une usine qui tourne à plein régime : 500 emplois en jeu à Mantes-la-Ville, 112 sans solution

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Safran veut fermer son usine de Mantes-la-Ville, qui emploie 500 personnes et tourne à plein régime, pour regrouper ses activités d’actionnement sur deux autres sites d’ici 2030.

Il n’y a pas de sous-activité, pas d’effondrement de commandes, pas de plan social déguisé en restructuration conjoncturelle. L’usine Safran de Mantes-la-Ville, dans les Yvelines, fonctionne en 3 x 8, à capacité maximale. Et pourtant, le groupe a présenté le 15 avril dernier un préprojet de fermeture à son conseil social et économique. C’est précisément ce paradoxe qui a mis le feu aux poudres.

Le 28 mai 2026, environ 150 salariés se sont rassemblés devant le site rue Louise-Michel, à l’appel de FO et de la CFDT. Le premier employeur de la commune, ou l’un des tous premiers, pourrait disparaître avant la fin de la décennie.

En chiffres
500
emplois concernés à Mantes-la-Ville
420 CDI/CDD et 80 intérimaires
112
salariés sans solution de reclassement
considérés comme doublons selon les syndicats
270
transferts prévus vers Vernon (Eure)
aéronautique militaire et hélicoptère
2030
horizon de fermeture du site
transferts progressifs à partir de 2027

L’acquisition de Collins Aerospace rebat les cartes

La clé de l’affaire est stratégique, pas industrielle. En 2025, Safran a racheté les activités d’actionnement et de commandes de vol de Collins Aerospace. Cette acquisition lui a apporté deux sites supplémentaires : Vernon, dans l’Eure, et Saint-Ouen-l’Aumône, dans le Val-d’Oise.[1] Face à ce nouvel ensemble, l’usine mantevilloise, spécialisée dans la fabrication de commandes de vol et d’actionneurs pour l’aéronautique, se retrouve en double emploi.

La direction du groupe le formule en termes de croissance et de modernisation : il s’agit, dit-elle, de « répondre à la croissance de l’activité et de moderniser les outils de production ». Mais la réalité du terrain, c’est aussi une contrainte physique : le site de Mantes-la-Ville est enclavé dans un quartier devenu résidentiel, sans possibilité d’extension.

Le plan prévoit de concentrer l’aéronautique militaire et l’hélicoptère à Vernon, et l’aviation commerciale à Saint-Ouen-l’Aumône. Le transfert des équipes se ferait progressivement, à partir de 2027, pour s’achever avant 2030.[2]

112 salariés sans reclassement : le chiffre qui bloque

Usine aéronautique fermée, ouvriers quittant les bâtiments industriels tristement
Usine aéronautique fermée, ouvriers quittant les bâtiments industriels tristement

Sur les 500 personnes que compte le site (420 en CDI et CDD, 80 intérimaires), les syndicats annoncent que 270 seraient orientés vers Saint-Marcel, dans l’Eure, et 30 vers Saint-Ouen-l’Aumône.[3] Restent 112 salariés pour lesquels la direction n’a, pour l’heure, aucune solution de reclassement. Ce sont eux que le délégué syndical FO Gokhan Dal désigne comme « considérés comme des doublons ».

Safran affirme qu’aucun licenciement n’est prévu. Mais sans affectation identifiée pour ces 112 personnes, la promesse reste fragile aux yeux des représentants du personnel.

Répartition prévue des effectifs de Mantes-la-Ville
Destination Activité Salariés transférés
Vernon (Eure) Aéronautique militaire, hélicoptère 270
Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d’Oise) Aviation commerciale 30
Sans solution identifiée Doublons selon les syndicats 112

Source : actu.fr

Pourquoi Safran sacrifie une usine qui tourne

112 postes sans solution
Sur 500 salariés et intérimaires, 112 sont considérés comme des doublons par la direction, sans reclassement identifié à ce stade.
Rachat Collins Aerospace déterminant
L'acquisition en 2025 des activités d'actionnement de Collins Aerospace, avec ses sites de Vernon et Saint-Ouen-l'Aumône, a rendu le site mantevillois redondant dans l'organigramme Safran.
Site enclavé, sans extension possible
L'usine est implantée dans un quartier résidentiel. Impossible de l'agrandir pour absorber la croissance de l'activité, ce qui a accéléré la décision de transfert.
Calendrier : 2027-2030
Les transferts débuteraient en 2027 et s'étaleraient jusqu'à 2030, laissant une fenêtre de négociation sociale pour les syndicats.
Choc territorial pour les Yvelines
Safran figure parmi les premiers employeurs de Mantes-la-Ville. La fermeture du site entraînerait une perte de compétences industrielles spécialisées difficile à compenser localement.

Un choc pour Mantes-la-Ville et les Yvelines

Safran est l’un des premiers employeurs de Mantes-la-Ville. La fermeture du site signifierait la disparition d’un tissu industriel spécialisé constitué sur plusieurs décennies : le site était auparavant connu sous les noms d’Aviac, puis de Sagem, avant d’intégrer l’orbite Safran.

Les acteurs locaux s’inquiètent d’un double effet : la perte directe de 500 emplois qualifiés, et l’érosion de compétences industrielles spécifiques à l’actionnement aéronautique, difficiles à reconstituer ailleurs dans le territoire. « Une usine de 500 salariés qui disparaît, ce sont des compétences perdues pour le territoire », résume un responsable cité dans la presse locale.[4]

Le fait que le site tourne à plein régime rend la pilule encore plus amère syndicalement. Ce n’est pas une usine en décrochage que Safran ferme : c’est une unité productive rentable, dont la seule faiblesse est géographique et structurelle au regard du nouvel organigramme industriel du groupe.

Safran réorganise toute sa chaîne d’actionnement en France

Usine aéronautique fermée, ouvriers quittant les bâtiments industriels tristement
Usine aéronautique fermée, ouvriers quittant les bâtiments industriels tristement

Derrière le dossier social, l’enjeu est industriel. L’intégration des actifs Collins Aerospace oblige Safran à rationaliser une empreinte française qui comptait désormais trop de sites sur un même segment. Vernon et Saint-Ouen-l’Aumône, issus du rachat, ont visiblement été retenus comme pivots de la nouvelle organisation, au détriment de Mantes-la-Ville.[5]

Le calendrier laisse encore deux à trois ans de négociations sociales avant la fermeture effective, prévue à l’horizon 2030. Mais le préprojet présenté en avril marque le début d’un processus formalisé, avec un CSE désormais en ordre de bataille pour obtenir des garanties sur les 112 postes orphelins.

Fermeture Safran Mantes-la-Ville : les chiffres clés

  • L'usine fonctionne en 3 x 8 à capacité maximale : ce n'est pas la sous-activité qui motive la fermeture.
  • Safran a racheté en 2025 les activités d'actionnement de Collins Aerospace, incluant les sites de Vernon et Saint-Ouen-l'Aumône.
  • Un préprojet de fermeture a été présenté au CSE le 15 avril 2026.
  • 150 salariés en grève devant le site le 28 mai 2026, à l'appel de FO et de la CFDT.
  • Safran affirme qu'aucun licenciement n'est prévu, mais 112 postes restent sans affectation identifiée.
  • Le site, anciennement Aviac puis Sagem, est l'un des premiers employeurs de Mantes-la-Ville.
Marc Delaunay
Marc Delaunay
Marc Delaunay est le journaliste consommation de La Voix de France. Prix des courses, promotions, rappels de produits, étiquetage, arnaques ou pratiques des grandes enseignes : il traque ce qui touche le portefeuille et la sécurité des consommateurs, chiffres à l'appui. Concret et pratique, il dit toujours qui est concerné et quoi faire — économiser, comparer ou éviter un produit rappelé — à partir de sources françaises.

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