L’eau baisse, les interdictions montent. Jeudi 13 août, la préfecture de l’Eure a durci les restrictions d’eau sur la Risle. L’amont passe en alerte renforcée, l’aval en alerte simple : 24 communes pour le premier, plus de 150 pour le second. La sécheresse de surface, celle qui frappe les cours d’eau faute de pluie et sous l’effet de la chaleur, resserre l’étau sur le département.
Les amonts de l’Iton et de l’Avre restent au pire niveau : la crise. Là, les interdictions deviennent totales. Arrosage des jardins, des espaces verts, des terrains de sport, tout est interdit, sauf ce qui relève de l’alimentation en eau potable ou de la sécurité sanitaire. Sur la Risle, on n’en est pas encore là, mais les marges se réduisent.
Arrosage, lavage, piscine : ce qui est interdit
En alerte simple ou renforcée, les règles changent mais n’interdisent pas tout. L’arrosage des jardins et espaces verts est limité à des plages horaires précises. Laver sa voiture chez soi devient interdit. Remplir sa piscine personnelle au-delà d’un mètre cube aussi. Le passage de la Risle aval en alerte, contre une simple vigilance auparavant, durcit le quotidien pour les habitants de communes comme Pont-Audemer, Montfort-sur-Risle, Brionne, Condé-sur-Risle, Illeville-sur-Montfort ou Appeville-Annebault.
La station hydrométrique de Pont-Authou, qui sert de référence pour l’aval de la Risle, continue de baisser. La préfecture invoque aussi la nécessité d’harmoniser les niveaux d’alerte entre amont et aval d’un même cours d’eau, conformément à l’arrêté-cadre de juillet 2025. L’amont étant désormais classé en alerte renforcée, l’aval suit d’un cran en dessous.
Les nappes tiennent, mais les rivières souffrent
Paradoxe de l’été : les nappes phréatiques se portent plutôt bien. Deux hivers de recharge satisfaisants les ont reconstituées. Mais en surface, les cours d’eau souffrent. Absence de pluie, fortes chaleurs, la sécheresse estivale frappe là où elle se voit : dans le lit des rivières qui s’assèchent, dans les zones d’assecs qui apparaissent sur l’Avre amont.
Les services de l’État rappellent que la biodiversité prend de plein fouet cette baisse d’eau. Les poissons, évidemment, mais aussi les oiseaux et de nombreuses autres espèces. La canicule ne laisse personne indemne.
VigiEau pour connaître sa situation
Les restrictions varient selon les communes et les zones. Pour savoir précisément ce qui s’applique chez soi, la préfecture renvoie au site national VigiEau. Il suffit d’entrer son code postal pour obtenir les mesures en vigueur. Entreprises, artisans, exploitants agricoles, industriels et particuliers sont tous concernés. L’appel est lancé : adopter des pratiques économes, limiter les prélèvements comme les rejets susceptibles de dégrader la qualité de l’eau.
Depuis juin, l’Eure vit au rythme des arrêtés de sécheresse. Le 2 juillet, cinq zones passaient en alerte. Le 10 juillet, l’Avre amont franchissait le palier d’alerte renforcée. Le 21 juillet, l’Iton amont et l’Avre amont basculaient en crise. Chaque semaine ou presque, la carte se colore un peu plus en rouge.
Les particuliers comme les professionnels sont invités à la sobriété. L’eau disponible n’est pas extensible, et l’été n’est pas fini.

