Le 9 juin 2026 à Thury-Harcourt, en Suisse normande, un entrepreneur a décroché les faveurs d’un jury de professionnels en misant sur quelque chose que les business plans ne mesurent pas : la capacité à raconter une histoire.
L’exercice du pitch est rodé dans les grandes métropoles. En territoire rural normand, il prend une autre dimension. Ce concours local, organisé à Thury-Harcourt, a mis face à face des porteurs de projets et un jury composé de professionnels aguerris. Le verdict a été tranché.
Ce qui a fait pencher la balance n’est pas uniquement la solidité du dossier financier ni la précision du prévisionnel. C’est la façon dont le candidat a présenté son projet, l’a incarné, l’a rendu lisible pour des gens qui en voient des dizaines.
Ce que le jury a retenu : projet solide et narration maîtrisée
Les attendus du concours étaient clairs dès le départ. Avoir un projet bien défini, connaître son marché, identifier ses concurrents, maîtriser son modèle économique. Autant de prérequis qui s’apprennent, se documentent, se modélisent [3].
Mais la formule qui a retenu l’attention du jury va au-delà de la grille habituelle : “savoir raconter une histoire”. Pas au sens de l’embellissement ou de la communication lissée, mais de la capacité à donner du sens, à situer un projet dans un contexte humain et territorial compréhensible pour un interlocuteur extérieur.
C’est ce qui distingue un porteur de projet qui maîtrise ses tableaux Excel d’un entrepreneur capable de embarquer un investisseur, un partenaire ou un recruteur en trois minutes.
Thury-Harcourt, terrain d’expérimentation entrepreneuriale
Que ce type d’événement se tienne en Suisse normande plutôt que dans une pépinière métropolitaine n’est pas anodin. Les territoires ruraux cherchent à construire leurs propres circuits d’identification et de soutien aux porteurs de projets locaux.
Un concours de pitch ancré dans le tissu local, avec un jury de professionnels issus du même bassin économique, répond à une logique différente de celle des grands concours régionaux ou nationaux : ici, les enjeux sont de proximité, les projets souvent liés aux ressources et aux besoins du territoire.
Le fait qu’un candidat ait convaincu ce jury en travaillant autant le fond que la forme de sa présentation illustre une réalité que les accompagnateurs d’entrepreneurs connaissent bien : l’idée ne suffit pas, le récit qui l’entoure compte autant que le projet lui-même.
Le pitch, compétence à part entière pour les entrepreneurs ruraux
Dans les réseaux d’accompagnement à la création d’entreprise, la formation au pitch prend une place croissante. Savoir se présenter en deux minutes devant des décideurs, c’est une compétence qui s’entraîne, pas un talent inné.
Ce concours de Thury-Harcourt en est une illustration concrète : il crée une scène, impose un cadre, force à la synthèse. Pour les entrepreneurs qui y participent, l’exercice vaut souvent plus que le prix lui-même. La confrontation avec un jury de professionnels oblige à clarifier ce qu’on veut vraiment dire, à tester la solidité de son argumentaire face à des questions que les proches ne posent jamais.
Le lauréat de cette édition du 9 juin en a fait l’expérience. Son projet a tenu. Son histoire aussi.
Sources
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