Rue Jean-Jaurès, aux Terres-Sainville, c’est en plein après-midi que les coups de feu ont claqué. Dimanche 20 juillet, peu après 13 heures, un jeune homme d’une vingtaine d’années a été pris pour cible dans cette artère passante du quartier. Une douzaine de tirs. Il a été touché à plusieurs reprises. Une femme d’une quarantaine d’années qui passait par là a reçu des éclats de projectiles dans les jambes, sans doute un ricochet. Elle n’était pas visée.
Les secours sont arrivés, ont embarqué les deux blessés vers le CHU Pierre Zobda-Quitman. Tous deux étaient encore conscients. Mais l’état du jeune homme s’est dégradé dans la nuit. Il est mort le lendemain, lundi 21 juillet. La femme reste hospitalisée, hors de danger.
C’est le 18e homicide de l’année en Martinique. On est à peine fin juillet. L’an dernier, sur toute l’année 2025, l’île en avait compté une quarantaine.
Personne en garde à vue, les enquêteurs cherchent des témoins
L’identité de la victime n’a pas été rendue publique par les autorités. L’auteur des tirs, lui, court toujours. Aucune interpellation à l’heure qu’il est. Les forces de l’ordre ont ouvert une enquête pour identifier le ou les tireurs et comprendre les raisons de cette attaque en pleine journée.
Le caractère ciblé de la fusillade ne fait pas de doute : une dizaine de balles tirées sur un seul homme, en plein jour, dans une rue fréquentée. Les enquêteurs cherchent maintenant à savoir si ce meurtre s’inscrit dans un règlement de comptes, un différend personnel ou un épisode lié au trafic. Ils appellent les témoins à se manifester.
Un quartier qui connaît la violence par arme
Les Terres-Sainville, au nord du centre-ville de Fort-de-France, ne découvrent pas les fusillades. Le quartier revient régulièrement dans les faits divers liés à la violence armée. À Schœlcher, commune voisine, un homme de 27 ans avait été blessé par balle à la cité Ozanam en juin dernier. Dans le reste de l’île, les homicides par arme à feu se multiplient depuis plusieurs mois.
L’État et les autorités locales ont renforcé les effectifs de police et de gendarmerie sur le territoire. Des opérations contre le trafic de stupéfiants et la circulation d’armes sont menées à intervalles réguliers. Mais les chiffres parlent d’eux-mêmes : 18 morts au 21 juillet 2026, contre une quarantaine sur l’ensemble de l’année précédente. Le rythme s’accélère.
Les commerçants ont baissé le rideau après les coups de feu
Dimanche, après les tirs, plusieurs commerçants de la rue Jean-Jaurès ont fermé boutique. Des habitants du quartier ont témoigné de leur inquiétude face à ce qu’ils appellent la banalisation de la violence armée. Voir des coups de feu éclater en plein jour, dans une rue où l’on fait ses courses, où l’on promène les enfants, ça marque.
La municipalité de Fort-de-France n’a pas encore réagi officiellement à ce nouveau décès. Les autorités locales jonglent entre sécurité publique et tensions sociales, dans un climat qui se tend mois après mois. L’enquête se poursuit. Les enquêteurs vont maintenant chercher à déterminer si le jeune homme était connu des services de police, s’il avait des antécédents, et ce qui a pu mener à cette exécution en plein jour.

