Les Hauts-de-France vont accueillir davantage d’internes en médecine. Le gouvernement vient d’annoncer une hausse de 14,7 % des postes pour la région, dans le cadre d’une augmentation nationale sans précédent. La promotion de novembre 2026 comptera 10 260 postes d’internes à l’échelle du pays, contre 8 919 l’année dernière : 1 341 postes de plus, soit une progression de 15 %.
Cette décision place la région parmi les territoires prioritaires, aux côtés du Centre-Val de Loire et de la Nouvelle-Aquitaine. L’enjeu est clair : renforcer l’accès aux soins dans des zones où les cabinets ferment et les délais de consultation s’allongent.
Pour le ministère de la Santé, cette progression marque l’un des premiers effets concrets de la suppression du numerus clausus, décidée en 2019. Un verrou qui limitait le nombre d’étudiants en médecine et que l’État a fait sauter pour former davantage de médecins. Les chiffres commencent à le traduire.
4 070 postes pour la médecine générale
La médecine générale concentre l’essentiel de l’effort. Cette année, elle se voit attribuer 4 070 postes, soit 477 de plus qu’en 2025. Cela représente près de 40 % de l’ensemble des postes ouverts : le gouvernement assume sa priorité sur les soins de premier recours[4].
D’autres spécialités progressent aussi, notamment celles qui font face à des tensions démographiques ou à des enjeux de santé publique. La psychiatrie gagne 102 postes (665 au total), la médecine d’urgence 90 postes supplémentaires (545), la pédiatrie 79 (468), l’anesthésie-réanimation 60 (540), la gynécologie-obstétrique 46 (275). La gériatrie, la médecine cardiovasculaire et la dermatologie suivent.
Moins de 285 médecins pour 100 000 habitants dans le Pas-de-Calais
Les Hauts-de-France font partie des régions où la densité médicale reste faible. Selon les données de l’Insee, la région compte entre 261 et moins de 308 médecins, toutes spécialités confondues, pour 100 000 habitants, selon les départements.
Le Pas-de-Calais fait partie des territoires les plus touchés. En 2025, il affichait moins de 285 médecins pour 100 000 habitants, soit environ un médecin pour plus de 350 habitants. Un chiffre qui serre la gorge quand on connaît le délai pour obtenir un rendez-vous chez un généraliste dans certains coins du département.
Le Nord s’en sort un peu mieux, avec une densité comprise entre 381 et moins de 525 médecins pour 100 000 habitants. Autrement dit, un médecin pour 190 à 262 habitants. Moins critique, mais toujours en dessous de la moyenne nationale.
Ces postes d’internes ne régleront pas tout du jour au lendemain. Mais ils constituent un signal : l’État choisit de diriger ses renforts là où les habitants attendent un médecin depuis trop longtemps.
Sources
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