Dans la province chinoise du Shandong, le projet Ruitan prévoit de stocker de l’énergie sous forme de chaleur dans du sel fondu, puis de la convertir en électricité quand le réseau en a besoin. Sa particularité tient à la machine chargée de cette conversion : elle fonctionnera avec du dioxyde de carbone supercritique, plutôt qu’avec de la vapeur d’eau.
- La Chine construit une centrale de 400 MWh stockant la chaleur dans du sel fondu pour lisser la production électrique.
- Le CO₂ supercritique remplace la vapeur d'eau pour convertir cette chaleur en électricité de façon plus compacte.
- Le projet Ruitan doit fonctionner en 2027 et démontrer sa capacité réelle à répondre aux pics de demande.
Du sel fondu pour décaler la production d’électricité
Le chantier est annoncé sur le site de la centrale de Bajiao. L’installation doit réunir un système de stockage de 100 mégawatts de puissance et 400 mégawattheures de capacité, ainsi qu’une unité de production électrique de 50 mégawatts. Ces valeurs décrivent des fonctions différentes : la puissance indique à quel rythme l’énergie peut être échangée, tandis que la capacité mesure la quantité stockée.
Lorsque la demande d’électricité baisse, le projet prévoit d’utiliser un surplus de production des unités au charbon pour chauffer les sels. La chaleur conservée pourra ensuite servir à produire de l’électricité lors des périodes de forte consommation. L’objectif est de déplacer une partie de la production vers les heures où elle est utile.
le fluide utilisé dans le circuit de production sera du CO₂ porté à l'état supercritique
Pourquoi employer du CO₂ à la place de la vapeur ?

Dans une centrale classique, de la chaleur transforme l’eau en vapeur, qui entraîne une turbine. Ici, le fluide utilisé dans le circuit de production sera du CO₂ porté à l’état supercritique : sous forte pression, il présente des propriétés intermédiaires entre celles d’un gaz et d’un liquide. Chauffé grâce à l’énergie stockée, il doit actionner la turbine dans un circuit fermé.
Cette technologie est présentée comme plus compacte et capable de faire varier sa puissance plus rapidement qu’une unité au charbon conventionnelle. Le projet vise ainsi à aider le réseau à suivre les changements de consommation. Le CO₂ employé comme fluide de travail ne signifie toutefois pas, à lui seul, que le charbon alimentant le stockage cesse d’émettre du CO₂.
Une démonstration encore à confirmer
Ruitan est présenté comme une première association de ces deux technologies à l’échelle d’un réseau électrique. Sa mise en service est attendue en 2027, mais les performances annoncées devront être vérifiées une fois l’installation en fonctionnement.
À retenir : le sel fondu sert ici de réserve de chaleur, tandis que le CO₂ supercritique sert à reproduire de l’électricité au moment voulu. L’intérêt du projet dépendra de sa capacité réelle à répondre aux pics de demande et de l’origine de l’énergie utilisée pour charger cette réserve.
Questions fréquentes
Comment le projet Ruitan récupère-t-il l'énergie pour chauffer le sel fondu ?
Lorsque la demande d’électricité baisse, l’installation utilise un surplus de production des unités au charbon pour chauffer les sels. Cette chaleur conservée est ensuite convertie en électricité lors des périodes de forte consommation.
Quel avantage le CO₂ supercritique offre-t-il par rapport à la vapeur d'eau classique ?
Le CO₂ à l’état supercritique présente des propriétés intermédiaires entre celles d’un gaz et d’un liquide. Cette technologie est plus compacte et capable de faire varier sa puissance plus rapidement qu’une unité au charbon conventionnelle.
Le projet Ruitan résout-il les émissions de CO₂ liées à la production d'électricité ?
Non. L’utilisation du CO₂ supercritique comme fluide de travail ne signifie pas que le charbon alimentant le stockage cesse d’émettre du CO₂.

