Aux Tonga, le volcan sous-marin Hunga a provoqué un tsunami dévastateur lors de son éruption. Une nouvelle étude montre que son cratère ne s’est que légèrement élargi, mais que son fond s’est profondément affaissé. La manière dont un volcan s’effondre pourrait donc compter autant que sa taille dans l’évaluation du danger.
- Le cratère du volcan Hunga s'est approfondi de 700 mètres tandis que son diamètre n'augmentait que de 300 mètres.
- L'effondrement vertical rapide du plancher volcanique a déplacé la masse d'eau et amplifié le tsunami.
- Un cratère petit mais s'effondrant brutalement peut être aussi dangereux qu'un volcan géant.
Un cratère plus profond, à peine plus large
Les chercheurs ont comparé des cartes du fond marin réalisées avant et après l’éruption. Le cratère, appelé caldeira, est passé d’environ 150 à 850 mètres de profondeur, tandis que son diamètre évoluait d’environ 4,5 à 4,8 kilomètres. Ce contraste révèle un effondrement surtout vertical : le plancher du volcan s’est enfoncé pendant que ses contours changeaient relativement peu.
Au total, les relevés montrent que 8,9 kilomètres cubes de matériaux ont été déplacés. L’étude attribue l’essentiel de ce volume à l’effondrement de la caldeira ; le reste correspond à l’érosion provoquée par des écoulements de matériaux volcaniques sur les pentes sous-marines.
une caldeira relativement petite, si elle s'effondre brutalement, peut représenter un danger considérable
Pourquoi cet effondrement a pu aggraver le tsunami

Quand le plancher d’un volcan s’affaisse sous l’eau, il déplace la masse d’eau située au-dessus de lui. Les dépôts et les formes observés dans le cratère indiquent que l’effondrement s’est produit pendant l’éruption. Les auteurs estiment que sa rapidité et sa forme ont probablement amplifié le tsunami. Ils ne présentent toutefois pas le phénomène comme son unique cause.
La force des vagues ne se déduit donc pas simplement de la largeur du volcan. Dans le cas de Hunga, l’étude rapporte des vagues atteignant environ 40 mètres jusqu’à 100 kilomètres de la source. Elle souligne qu’une caldeira relativement petite, si elle s’effondre brutalement, peut représenter un danger considérable pour les côtes proches.
Mieux voir ce qui se passe sous la mer
Les volcans sous-marins restent difficiles à observer au moment où ils changent de forme. Ici, la comparaison de cartes détaillées réalisées à différentes dates a permis de reconstituer l’effondrement après coup. Les chercheurs appellent à répéter ce type de relevés pour mieux repérer les systèmes susceptibles de produire des tsunamis.
À retenir : un volcan sous-marin n’a pas besoin d’un cratère immense pour engendrer des vagues dangereuses. Pour apprécier le risque, il faut aussi comprendre à quelle vitesse son plancher peut s’effondrer et suivre les alertes émises pour les zones côtières concernées.
Questions fréquentes

Pourquoi le diamètre du cratère a-t-il peu changé alors que sa profondeur s'est accrue considérablement ?
L’effondrement s’est produit surtout verticalement : le plancher du volcan s’est enfoncé pendant que ses contours changeaient relativement peu. Au total, 8,9 kilomètres cubes de matériaux ont été déplacés, essentiellement par l’effondrement de la caldeira.
Comment l'affaissement du plancher volcanique a-t-il généré le tsunami ?
Quand le plancher d’un volcan s’affaisse sous l’eau, il déplace la masse d’eau située au-dessus de lui. Dans le cas de Hunga, la rapidité et la forme de cet effondrement, qui s’est produit pendant l’éruption, ont probablement amplifié le tsunami et généré des vagues atteignant environ 40 mètres jusqu’à 100 kilomètres de la source.
Comment les chercheurs ont-ils reconstitué l'effondrement du volcan après l'éruption ?
Ils ont comparé des cartes du fond marin réalisées avant et après l’éruption. Cette comparaison de cartes détaillées réalisées à différentes dates a permis de reconstituer l’effondrement après coup.

