BYD ne fait décidément rien à moitié. Au Goodwood Festival of Speed, le constructeur chinois a levé le voile sur le Denza BAO 5, premier SUV hybride rechargeable de sa marque premium. Un engin taillé pour le tout-terrain qui vise sans complexe les références du segment, le Land Rover Defender et le Toyota Land Cruiser. Et sur le papier, le gaillard a de quoi faire.
Commençons par le morceau de bravoure : la mécanique. Le système baptisé DMO, pour Dual Mode Off-road, marie un quatre-cylindres essence turbo de 1,5 litre à deux moteurs électriques. Le résultat est une puissance combinée de 544 ch et un couple de 760 Nm. De quoi expédier ce SUV de gabarit imposant de 0 à 100 km/h en 4,8 secondes. Pour un tout-terrain qui affiche ces dimensions, c’est presque indécent. Et malgré cette débauche, BYD annonce une consommation moyenne de 4,2 L/100 km. On demandera à vérifier ce chiffre le pied droit dans la vraie vie, mais l’intention est là.
90 km en électrique, 835 km au total
Là où le BAO 5 pose vraiment ses arguments, c’est sur l’autonomie. La batterie Blade maison, d’une capacité de 31,8 kWh, offre jusqu’à 90 kilomètres en tout électrique selon le cycle WLTP. Ajoutez le plein d’essence et l’autonomie grimpe à 835 kilomètres. Le combo hybride rechargeable qui rassure sur les longs trajets et permet de rouler propre au quotidien : c’est exactement la recette qui fait le succès de BYD en ce moment.
Car il faut resituer ce lancement dans une dynamique. La marque chinoise a franchi un cap en mai avec un record mondial à l’export, plus de 160 000 véhicules expédiés, une grande partie vers l’Europe[1]. En France, BYD affiche 8 780 immatriculations depuis le début de l’année 2026 et truste la tête du marché des hybrides rechargeables. Ce n’est pas un hasard : son Atto 2 DM-i, affiché à partir de 26 990 euros et créditant lui aussi de 90 km d’autonomie électrique, s’est hissé en tête des ventes de PHEV dans l’Hexagone[5]. Le BAO 5 arrive donc porté par une vague qui monte.
Quatre écrans et une garde au sol à 31 cm
À bord, Denza sort l’artillerie du haut de gamme. Quatre écrans, dont un tableau de bord numérique de 12,3 pouces et une dalle centrale de 15,6 pouces, saturent l’habitacle. Les sièges avant jouent la carte du salon roulant avec massage, chauffage et ventilation. La finition Ultimate ajoute la suspension hydraulique intelligente DiSus-P, capable de rehausser la garde au sol jusqu’à 31 centimètres, et un système audio Devialet pouvant aller jusqu’à 18 haut-parleurs. La griffe française invitée à bord d’un SUV chinois : voilà qui ne manque pas de sel.
Extérieurement, le BAO 5 assume ses codes de baroudeur. Lignes carrées, garde au sol généreuse, longueur comprise entre 4,89 et 4,92 mètres selon les finitions. Deux niveaux sont prévus, Elegance et Ultimate, avec une dotation de série déjà copieuse : jantes de 18 à 20 pouces, toit panoramique, marchepieds rétractables. La DiSus-P reste, elle, réservée à la version Ultimate.
Le prix France, la vraie inconnue
Reste la question qui décidera de tout. Les tarifs français ne sont pas encore annoncés, et c’est bien là que se jouera la partie. BYD a bâti son offensive européenne sur un rapport prix-équipement redoutable : sa future citadine Dolphin G DM-i, hybride rechargeable inédite sur son segment, vise autour de 24 000 euros, sans concurrence directe face aux Clio et 208[2]. Si Denza applique la même logique agressive à ce SUV premium, le Defender et le Land Cruiser feraient bien de regarder dans le rétroviseur.
Car voilà le vrai sujet pour notre industrie. L’offensive chinoise ne se limite plus aux petites électriques abordables : elle grimpe désormais dans les segments prestige et tout-terrain, ceux qui restaient un pré carré des constructeurs occidentaux. Le BAO 5 est un signal. À nos marques de répondre sur le terrain où elles savent encore faire la différence, la mise au point d’un châssis et la qualité perçue. Le combat ne fait que commencer.
Sources
3 sources · 3 faits vérifiés


