La Renault 5 E-Tech électrique ne se contente pas de son succès commercial. Pour 2026, Renault fait évoluer sa petite électrique avec davantage d’autonomie, de nouveaux équipements et plusieurs modifications techniques. La version à batterie 52 kWh atteint désormais jusqu’à 430 km WLTP avec son moteur de 150 ch.
La gamme française conserve parallèlement des versions plus accessibles avec batterie 40 kWh et moteur de 120 ch. Mais la vraie nouveauté arrivera un peu plus tard : la Five doit adopter une batterie LFP de 36,5 kWh, un moteur de 110 ch et, surtout, la recharge rapide en courant continu.
Ces changements compliquent toutefois un peu le choix. Faut-il économiser avec une petite batterie, privilégier les 430 km ou attendre la nouvelle Five ? Et combien coûte réellement l’utilisation d’une R5 lorsqu’on recharge à domicile ou sur une borne publique ? C’est finalement beaucoup plus important que quelques kilomètres supplémentaires sur une fiche technique.
430 km sans augmenter la batterie
La version « autonomie confort » conserve une batterie de 52 kWh. Pourtant, son autonomie maximale homologuée progresse de 410 à 430 km WLTP. Renault est allé chercher ces kilomètres supplémentaires dans l’efficience plutôt que dans l’ajout de cellules.
Le constructeur a notamment travaillé sur l’aérodynamique avec des bas de caisse et des rétroviseurs optimisés. La gestion électronique de la batterie évolue également. Le moteur conserve pour sa part ses 150 ch, largement suffisants compte tenu du positionnement de la petite Renault.
Mais attention à l’interprétation du chiffre. 430 km WLTP ne signifient pas 430 km à 130 km/h. Sur autoroute, particulièrement par temps froid, l’autonomie réelle sera sensiblement inférieure. Celui qui envisage régulièrement de longs déplacements doit donc continuer à intégrer des arrêts de recharge à son trajet.
Cette version 52 kWh reste néanmoins la plus logique pour utiliser la R5 comme voiture principale. La réserve supplémentaire devient appréciable le week-end et permet surtout d’espacer davantage les recharges dans un usage quotidien.
La future Five corrige sa principale faiblesse
C’est peut-être finalement en entrée de gamme que Renault apporte le changement le plus intéressant. La prochaine Five abandonnera la configuration actuelle au profit d’un moteur de 110 ch associé à une nouvelle batterie LFP de 36,5 kWh utilisant une architecture cell-to-pack.
Renault annonce jusqu’à 305 km WLTP. Ce n’est évidemment pas la R5 destinée à avaler régulièrement 600 km d’autoroute, mais cette autonomie devient largement suffisante pour une utilisation urbaine et périurbaine. Pour quelqu’un parcourant 30 ou 40 km quotidiennement et rechargeant à domicile, même 300 km constituent déjà une marge confortable.
Surtout, cette Five pourra enfin profiter de la recharge rapide DC à 80 kW. Renault annonce environ 30 minutes pour passer de 15 à 80 %. Voilà qui change davantage son intérêt que les 15 ch supplémentaires : un déplacement occasionnel sur autoroute devient beaucoup moins contraignant.
Il faudra néanmoins patienter. Cette nouvelle Five LFP doit ouvrir ses commandes fin 2026. Il ne faut donc pas la confondre avec la Five actuellement disponible au catalogue français.
La version 52 kWh est celle que nous choisirions
Pour quelqu’un qui cherche simplement une seconde voiture électrique destinée aux trajets domicile-travail, payer la grosse batterie n’est pas indispensable. Une version 40 kWh offrant jusqu’à environ 315 km WLTP répond déjà à énormément d’usages quotidiens.
La situation change lorsque la R5 doit remplacer l’unique voiture du foyer. Dans ce cas, nous privilégierions l’Evolution 52 kWh de 150 ch. Elle donne accès aux 430 km WLTP sans imposer de monter vers les finitions les plus coûteuses. C’est probablement aujourd’hui le point d’équilibre le plus intéressant de la gamme.
Les Techno, Iconic Cinq et Roland-Garros deviennent davantage des choix d’équipement et de présentation. Une Techno apporte notamment l’interface OpenR Link de 10,1 pouces avec Google intégré et davantage d’équipements de confort. Mais passer à une finition supérieure n’offre pas nécessairement davantage d’autonomie.
Pour comprendre rapidement la gamme, mieux vaut donc raisonner d’abord selon l’usage :
| Configuration | Batterie | Puissance | Autonomie maxi. | Usage conseillé |
| Future Five LFP | 36,5 kWh | 110 ch | 305 km | Ville / seconde voiture |
| Autonomie urbaine | 40 kWh | 120 ch | Jusqu’à 315 km | Ville / périurbain |
| Autonomie confort | 52 kWh | 150 ch | Jusqu’Ã 430 km | Voiture principale / longs trajets occasionnels |
La future Five mérite donc d’être attendue si le prix constitue le critère principal. En revanche, pour celui qui doit acheter maintenant une R5 capable de sortir régulièrement de la ville, la batterie 52 kWh apporte une polyvalence nettement supérieure.
Recharge et aides peuvent complètement changer le budget
Le prix catalogue ne raconte plus toute l’histoire lorsqu’on achète une voiture électrique en France. Les aides liées aux certificats d’économies d’énergie peuvent réduire sensiblement la facture, mais leur montant dépend notamment des revenus du ménage. Renault communique actuellement sur une prime Coup de Pouce pouvant atteindre 6 180 € pour les particuliers remplissant les conditions permettant d’obtenir le montant maximal.
Il faut donc être prudent avec les prix spectaculaires affichés « prime déduite ». Deux acheteurs commandant exactement la même R5 peuvent ne pas bénéficier du même niveau d’aide. Avant de comparer la Renault avec une Peugeot E-208 ou une Citroën ë-C3, mieux vaut partir du prix réellement proposé après vérification de son éligibilité.
L’autre grosse différence apparaît après l’achat. Une électrique est particulièrement économique lorsqu’elle peut être rechargée à domicile. En prenant une consommation indicative de 14,5 kWh/100 km, le coût énergétique évolue énormément selon le prix payé pour chaque kilowattheure.
| Prix de l’électricité | Coût théorique pour 100 km |
| 0,20 €/kWh | 2,90 € |
| 0,30 €/kWh | 4,35 € |
| 0,40 €/kWh | 5,80 € |
| 0,60 €/kWh | 8,70 € |
À 0,20 €/kWh, parcourir théoriquement 15 000 km représente environ 435 € d’électricité, hors pertes de recharge. Au tarif de 0,60 €/kWh, la même distance grimpe à environ 1 305 €. Une R5 utilisée principalement avec des bornes rapides perd donc une partie importante de son avantage économique.
Une meilleure R5, mais pas forcément besoin de la plus chère
Cette évolution 2026 rend surtout la gamme plus polyvalente. Les 430 km WLTP améliorent la sérénité offerte par la batterie 52 kWh sans transformer pour autant la Renault 5 en grande routière. Son terrain de prédilection reste la ville, les départementales et les déplacements interurbains.
La future Five LFP de 110 ch pourrait néanmoins devenir l’une des versions les plus intelligentes pour les petits rouleurs. Avec environ 305 km WLTP et surtout une recharge rapide à 80 kW, elle corrige une limitation importante de l’entrée de gamme. Pour une seconde voiture branchée chaque soir à domicile, difficile de justifier systématiquement une batterie beaucoup plus grosse.
À l’inverse, celui qui ne possède qu’une seule voiture devrait sérieusement envisager la 52 kWh de 150 ch. Ses 430 km WLTP apportent une marge réellement utile et rendent les départs en week-end beaucoup plus simples. Entre les deux, la 40 kWh conserve tout son sens pour qui cherche un compromis.
Finalement, la meilleure Renault 5 2026 n’est pas forcément la plus équipée. C’est celle dont la batterie correspond réellement aux kilomètres parcourus. Avant de dépenser plusieurs milliers d’euros supplémentaires pour gagner de l’autonomie, mieux vaut regarder ses trajets des douze derniers mois : pour beaucoup d’automobilistes, 300 km suffiront largement. Pour les autres, les 430 km valent clairement l’investissement.






