Samedi 18 juillet 2026, une heure du matin. Soixante-douze pompiers de l’Hérault, dix-neuf camions. Direction Toulon, puis le ferry pour L’ÃŽle-Rousse. Arrivée en milieu d’après-midi. Le feu d’Albertacce, en Haute-Corse, ne recule pas. Il faut du monde.
Pour les habitants de Montpellier, de Béziers ou de Sète, la nouvelle a fait le tour des casernes avant d’atteindre les journaux : nos gars sont partis aider la Corse. Trois cent vingt-six hectares avalés par les flammes, la forêt du Valdu Niellu menacée, plus de deux cents pompiers déjà sur place, des moyens aériens tournent. Et maintenant, les renforts d’Occitanie.
La colonne héraultaise, partie en pleine nuit, a embarqué à 6 heures du matin à Toulon. Dix-neuf engins, des hommes rodés aux feux d’été. Le capitaine Jérôme Bonnafoux, officier de communication du SDIS 34, le dit simplement : « C’est un principe de solidarité départementale pendant l’été : chaque département doit fournir des colonnes de renfort dans un autre département. » Rien de plus normal, rien de plus nécessaire.
Les flammes d’Albertacce ont attaqué la forêt du Valdu Niellu, un massif qui compte pour la montagne corse. Les moyens engagés : terrestres, aériens, des dizaines de Canadairs et hélicoptères bombardiers d’eau[2]. Sur place, plus de deux cents pompiers se relaient. Les renforts de l’Hérault vont prendre leur part du boulot, mission prévue entre trois et cinq jours. Retour espéré mercredi.
Un blessé dès les premières heures
Dimanche, un sapeur-pompier de l’Hérault a été brûlé aux mains, premier et second degré. Pris en charge immédiatement, il a été évacué au centre hospitalier de Corte. Une blessure au feu, c’est le rappel brutal de ce que ces hommes affrontent : pas seulement la chaleur, mais la violence directe des flammes, les retours de feu, les sautes de vent. À Albertacce, le vent peut souffler jusqu’à quarante kilomètres par heure, compliquant encore les opérations.
Le pompier blessé fait partie de la colonne héraultaise. Son nom n’a pas été communiqué, mais son état stabilisé. À Montpellier, à Béziers, dans toutes les communes d’où viennent ces soixante-douze volontaires et professionnels, on pense à lui. Et on attend le retour de tout le monde.
L’Hérault déjà sous tension cet été
L’envoi de cette colonne intervient alors que l’Hérault lui-même connaît un été difficile. Le 5 juillet, trente incendies se sont déclarés dans le département en une seule journée[4]. Le SDIS 34 a lancé un appel urgent à la mobilisation des pompiers volontaires, demandant aux employeurs publics et privés de libérer leurs salariés engagés. Le risque incendie est classé « très sévère » sur une large partie du territoire héraultais depuis plusieurs semaines.
Début juillet, neuf sapeurs-pompiers volontaires de Corrèze avaient déjà été envoyés en renfort dans l’Aude et l’Hérault pour un incendie ayant parcouru neuf cents hectares[1]. La chaîne de solidarité fonctionne dans les deux sens : on reçoit des renforts quand on brûle, on en envoie quand c’est ailleurs. Cette fois, c’est la Corse qui appelle.
Les soixante-douze pompiers de l’Hérault vont passer plusieurs jours à Albertacce, sous les ordres du commandement des opérations de secours de Haute-Corse. Leur mission : contenir, fixer, éteindre. Protéger les habitations, sauver la forêt, ramener tout le monde vivant. Retour prévu mercredi. On attend.
Sources
3 sources · 3 faits vérifiés


