Six équipes du Tour de France, dont celle de Paul Seixas, ont été contrôlées par l’ITA lundi 20 juillet, quelques heures après les tests nocturnes controversés de Pogacar et Vingegaard.
Les contrôles antidopage tardifs se multiplient sur le Tour de France 2026. Lundi 20 juillet, la formation française Decathlon CMA CGM a reçu la visite des contrôleurs de l’International Testing Agency (ITA) en début de soirée. L’équipe de Paul Seixas, qui portait encore le maillot blanc de meilleur jeune avant la 15e étape, figure parmi les six formations ciblées ce soir-là.
Groupama-FDJ a également été testée vers 20 h 30 : les sept coureurs encore en course ont tous été contrôlés. La formation allemande Red Bull-Bora, qui compte Remco Evenepoel au deuxième rang du général et Florian Lipowitz cinquième, a reçu les contrôleurs vers 22 heures. Picnic, Jayco-AlUla et Bahrain complètent la liste.
Red Bull-Bora contrôlée alors que certains coureurs dormaient déjà
Ralph Denk, manager de Red Bull-Bora, a confirmé le contrôle tardif lors du journal télévisé de la chaîne allemande ZDF. « Nous aussi, nous avons reçu de la visite cette nuit. Certains coureurs dormaient déjà et ont participé aux contrôles », a-t-il déclaré mardi. L’ancien cycliste reconnaît l’impact sur la récupération : « Cela freine assurément la récupération. »
Pour autant, Denk se dit compréhensif. « Le cyclisme a un passé trouble, et c’est donc une bonne chose que des contrôles soient effectués. Le règlement autorise les contrôles tard dans la nuit. Cela garantit l’intégrité et la crédibilité de notre sport, et c’est donc tout à fait justifié. »
Pogacar contrôlé à 5 heures du matin, Vingegaard à 2 heures

Ces contrôles du 20 juillet interviennent deux jours après la polémique déclenchée par les tests imposés à Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard dans la nuit du samedi au dimanche 19 juillet[1]. Le maillot jaune slovène a été réveillé vers 5 heures du matin et n’est ensuite pas parvenu à se rendormir. Le Danois, deuxième au général, a lui reçu la visite des contrôleurs à 2 heures[2].
Vingegaard avait raconté au départ de la 15e étape comment le test avait perturbé sa nuit. « L’ITA ne m’a pas beaucoup laissé dormir. Je dormais très bien, mais quelqu’un a frappé à ma porte à 2 heures du matin. C’était une grosse surprise pour moi », confiait-il à Eurosport[5]. Pogacar, de son côté, avait fustigé le timing du contrôle avant une étape décisive dans les Alpes : « J’ai dormi quatre heures. »
Pourquoi ces contrôles nocturnes font débat
Le règlement UCI autorise les contrôles de nuit
Ces contrôles nocturnes sont pourtant légaux. Le règlement antidopage de l’Union cycliste internationale (UCI), qui a délégué son programme à l’ITA en 2021, stipule que « l’UCI peut exiger qu’un coureur, qui relève de sa compétence pour les contrôles (y compris un coureur purgeant une période de suspension), fournisse un échantillon à tout moment et en tout lieu ».
L’ITA a annoncé qu’elle conduirait plus de 600 contrôles antidopage pendant le Tour de France 2026, dont des visites surprises dans les hôtels des équipes avant et après les étapes. Ces contrôles inopinés en pleine nuit restent toutefois rarement évoqués publiquement par les coureurs.
| Coureur / Équipe | Heure du contrôle | Date |
|---|---|---|
| Jonas Vingegaard | 2 h | 19 juillet |
| Tadej Pogacar | 5 h | 19 juillet |
| Decathlon CMA CGM | Début de soirée | 20 juillet |
| Groupama-FDJ | 20 h 30 | 20 juillet |
| Red Bull-Bora | 22 h | 20 juillet |
Source : France Info, RMC Sport
Vingegaard a abandonné après une chute, Seixas a perdu son maillot blanc

La 15e étape qui suivait ces contrôles nocturnes s’est achevée par un scénario brutal. Jonas Vingegaard a chuté lourdement dans un rond-point avant la montée vers le plateau de Solaison. Le Danois, le bras droit en écharpe et se tordant de douleur, a été évacué en ambulance[3]. Son équipe a confirmé une fracture de la clavicule nécessitant une opération. C’est la première fois que Vingegaard, vainqueur du Tour en 2022 et 2023, abandonne la Grande Boucle.
Paul Seixas a lui aussi vécu une journée difficile. Décroché dans les ultimes pentes de Solaison lorsque Pogacar, Isaac Del Toro et Remco Evenepoel ont accéléré, le Français a concédé 58 secondes sur le vainqueur de l’étape, Evenepoel[4]. Il a dû céder le maillot blanc de meilleur jeune au Mexicain Del Toro, qu’il avait conquis la veille au Markstein.
Plus de 600 contrôles programmés sur le Tour
L’ITA a renforcé son dispositif antidopage pour l’édition 2026. Les contrôles inopinés font partie d’une stratégie visant à garantir l’équité de la compétition, dans un sport marqué par son passé de dopage. Les coureurs sont testés après les victoires d’étape, lorsqu’ils portent un maillot distinctif, mais aussi de manière aléatoire dans les hôtels.
Les déclarations publiques de Vingegaard et Pogacar dimanche ont toutefois ouvert un débat sur l’équilibre entre efficacité des contrôles et respect de la récupération des athlètes. Les tests nocturnes, bien que conformes au règlement, perturbent le sommeil à quelques heures d’étapes décisives où la fatigue peut jouer un rôle déterminant.
Contrôles antidopage Tour de France 2026 : les faits
- Six équipes contrôlées lundi 20 juillet, dont Decathlon CMA CGM (Paul Seixas), Groupama-FDJ et Red Bull-Bora (Remco Evenepoel)
- Pogacar réveillé à 5 h, Vingegaard à 2 h dans la nuit du 18 au 19 juillet, avant la 15e étape alpine
- Le règlement UCI autorise l'ITA à contrôler « à tout moment et en tout lieu », y compris de nuit
- Vingegaard a abandonné le Tour après une chute et une fracture de la clavicule lors de la 15e étape
- Paul Seixas a perdu le maillot blanc au profit d'Isaac Del Toro après avoir été décroché dans la montée vers Solaison
- Plus de 600 contrôles antidopage prévus sur le Tour 2026, dont des visites surprises dans les hôtels
Sources
5 sources · 5 faits vérifiés

