Taiyal-Nayagui Moutama a vingt-cinq ans. En septembre, elle intègre l’INSP, l’Institut national du service public qui a pris le relais de l’ENA. Elle fait partie des plus jeunes Réunionnaises à réussir le concours externe. Une trajectoire qui commence à Panthéon-Assas, cinq années de droit, et qui la mène désormais à Strasbourg, là où se forment les hauts fonctionnaires de l’État.
La jeune femme ne s’en cache pas : « Ça a toujours été mon aspiration, j’ai toujours eu cette vocation, en faisant du Droit, de penser les difficultés de la société et surtout y répondre. Je trouve que la plus belle chose dans la vie, c’est le service rendu, et c’est ce que je voulais retrouver à l’Institut national du service public. »
Sa mère se souvient d’une enfant déterminée : juge aux affaires familiales, procureure de la République, défendre ses copines à l’école. Depuis petite, Taiyal voulait tout réformer. Ce qui la tient aujourd’hui, c’est la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, notamment envers les enfants. Pendant ses études, elle a été vice-présidente de l’association « Nous toutes Assas », qui pense cette problématique et la manière dont le droit peut y répondre.
Strasbourg, puis une ambassade quelque part dans le monde
Rentrée en septembre à Strasbourg. Taiyal y retrouvera son jeune frère, en cinquième année à Sciences Po. Puis l’affectation : une ambassade de France, quelque part dans le monde.
Avant de partir, elle a un message pour ceux qui grandissent ici : « J’aimerais bien dire à la jeunesse réunionnaise d’oser, faire confiance à ses compétences, et surtout ne pas s’autocensurer, parce que parfois quand on n’a pas de modèle on peut se dire que ce milieu, il n’est pas fait pour moi. »
En attendant le départ, Taiyal profite de ses proches, de La Réunion, du temps qui reste avant de rejoindre l’autre côté du monde.

