Ce jeudi matin à Saint-Ouen-sur-Seine, Valérie Pécresse a dévoilé une mobilisation francilienne d’un genre particulier. Pas une annonce de budget, pas un nouveau tramway : une opération de solidarité vers la Gironde, où le mégafeu poursuit sa course. Aux côtés de Karim Bouamrane, maire de la commune, et de représentants de l’Association des maires de France, la présidente de région a détaillé comment l’Île-de-France compte aider concrètement les territoires brûlés du Sud-Ouest.
L’opération comprend un envoi immédiat de 500 000 masques FFP2 vers le département sinistré, où la pollution atmosphérique atteint des niveaux critiques, et une invitation adressée à toutes les communes franciliennes : se jumeler avec une commune girondine touchée pour l’accompagner dans sa reconstruction, abonder le fonds d’aide de l’AMF, ou effectuer un don à la Protection civile. Les particuliers d’Île-de-France peuvent également contribuer via la Protection civile ou la Fondation du Patrimoine.
Valérie Pécresse a salué « l’incroyable travail » des pompiers, des forces de sécurité, des élus locaux, des bénévoles de la Protection civile et des agriculteurs mobilisés sur le terrain. Elle a rappelé que 358 pompiers franciliens sont actuellement déployés en Gironde, et que cette solidarité répond à celle reçue lors de l’incendie de la forêt de Fontainebleau. « Nous voulons maintenant rendre l’appareil de toute l’aide que nous avons reçue lors de cet incendie », a-t-elle déclaré.
220 000 personnes évacuées, 42 000 hectares ravagés
Le contexte justifie l’ampleur de la mobilisation. Le mégafeu girondin, le plus dévastateur qu’ait connu la France hexagonale depuis un demi-siècle, a déjà parcouru 42 000 hectares. Il reste « stabilisé mais pas fixé », selon les autorités. Environ 220 000 personnes ont dû être évacuées depuis le début de la catastrophe[1]. Sur le terrain, 3 300 sapeurs-pompiers, appuyés par des moyens militaires et aériens, poursuivent leur intervention.
Les conséquences économiques sont lourdes. Plus de 13 000 entreprises ont été mises à l’arrêt dans les 22 communes évacuées pour raison de sécurité[1]. La fermeture de l’autoroute A63 a imposé celle des plateformes logistiques de Cestas et de Marcheprime, où Cdiscount et La Poste emploient plus d’un millier de collaborateurs. Les enseignes Lidl, Leclerc et Decathlon s’en servent pour desservir leurs magasins du Sud-Ouest. Le ministre de l’économie Roland Lescure a parlé d’un « coup de tonnerre économique » dans une région « qui n’en avait pas besoin ».
« C’est un moment de guerre »
Pour Daniel Barbe, maire de Blasimon et président de l’Association des maires ruraux de Gironde, « c’est un moment de guerre ». Onze communes sont directement touchées. L’élu insiste sur la nécessité d’anticiper « l’après-incendie », cette phase où il faudra rebâtir, nettoyer, replanter, rouvrir les écoles et les commerces.
Les jumelages proposés par l’Île-de-France s’inscrivent dans cette perspective. Il s’agit de créer un lien durable entre une commune francilienne et une commune sinistrée, pour l’accompagner non seulement dans l’urgence, mais dans les mois de reconstruction qui s’annoncent. Bordeaux Métropole a déjà organisé l’accueil des personnes évacuées et coordonné la solidarité locale[3], tandis que des habitants du Sud-Ouest se mobilisent aux côtés des pompiers malgré des moyens réduits[5].
À Paris, à Versailles, à Saint-Denis ou à Créteil, les mairies sont désormais invitées à choisir leur forme d’engagement : un don, un jumelage, un abondement au fonds de l’AMF. La solidarité régionale prend corps, commune par commune, masque par masque.
Sources
3 sources · 4 faits vérifiés

