Le Grand Est sort meurtri de la canicule de juin. Entre le 17 juin et le 2 juillet, la région a enregistré 635 décès de plus que ce qui était attendu sur cette période, soit une hausse de 38,9 %. Ce bilan provisoire place le territoire au deuxième rang national des régions les plus touchées par la surmortalité, juste derrière l’Île-de-France et ses près de 2 000 morts en excès.
À Strasbourg, Metz, Nancy ou Reims, les températures ont grimpé jusqu’à des niveaux jamais vus pour un mois de juin. Les hôpitaux, les Ehpad, les domiciles : partout, les décès ont augmenté. Et si l’on ne peut attribuer avec certitude chacun de ces 635 morts à la chaleur seule, la coïncidence temporelle ne laisse guère de doute. La canicule a tué.
Au niveau national, Santé publique France recense 5 764 décès toutes causes en excès durant cette vague de chaleur, soit une augmentation de 36,2 % par rapport à la normale. C’est la surmortalité la plus importante observée depuis l’été 2003, quand 15 000 personnes étaient décédées en quelques semaines.
L’Île-de-France écrasée, le Grand Est juste derrière
L’Île-de-France porte le bilan le plus lourd : 1 999 décès supplémentaires, une explosion de 81,2 %. Derrière, le Grand Est avec ses 635 morts en excès, puis les Pays de la Loire et le Centre-Val de Loire[1]. Toutes les régions ont été concernées, à l’exception notable de la Corse, de l’Occitanie et de Provence-Alpes-Côte d’Azur, où la chaleur a été moins intense.
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Dans le Grand Est, la surmortalité a touché tous les lieux de vie. À l’hôpital, à domicile, dans les maisons de retraite. Toutes les classes d’âge ont été concernées, mais les personnes de 75 ans et plus restent les plus vulnérables face à la chaleur extrême. Au niveau national, les trois quarts des victimes avaient plus de 75 ans.
Des records de chaleur précoces et étendus
Cette canicule de juin a frappé par sa précocité et son étendue. Dès le 17 juin, 92 départements étaient concernés, touchant 98,5 % de la population hexagonale. Les températures ont atteint des niveaux rarement vus : 40,1 °C à Paris, 42,5 °C à Bordeaux, 43,8 °C à Saintes. Dans le Grand Est, plusieurs villes ont battu leurs records absolus.
Plus de la moitié des décès en excès se sont concentrés sur trois journées seulement, du 25 au 27 juin, lorsque la chaleur a atteint son paroxysme. Ces pics de mortalité rappellent une réalité : les épisodes caniculaires se multiplient en France depuis 2003, et l’Hexagone connaît désormais quasiment chaque été une période de forte chaleur.
Ce bilan reste provisoire. Les effets de la chaleur sur la santé peuvent se prolonger plusieurs semaines après l’épisode caniculaire. Santé publique France poursuit sa surveillance, mais le constat est déjà là : le Grand Est, comme d’autres régions, paie un tribut croissant au dérèglement climatique. Et les personnes âgées, isolées, précaires, restent les premières victimes.
Sources
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