Le 12 août 2026, une éclipse solaire quasi-totale traverse la France. Les lunettes de protection se multiplient en pharmacies et chez les opticiens, toutes dotées de filtres certifiés ISO 12312-2 pour bloquer les rayons nocifs.
La nuit en plein jour, comme en 1999. Cette ambiance crépusculaire quand la Lune passe entre la Terre et le Soleil. Mais pour admirer le phénomène, il faut s’équiper. « On ne peut pas regarder le soleil trop longtemps, donc si on n’a pas les bonnes lunettes, on peut vraiment s’abîmer les yeux », résume une cliente interrogée à Schiltigheim, dans le Bas-Rhin. L’enjeu n’est pas anecdotique : la lumière solaire, même partiellement occultée, brûle la rétine en quelques secondes. Une brûlure indolore, souvent irréversible.
Ces dernières semaines, un fabricant alsacien, Sodap Sobomex, multiplie les livraisons. Des centaines de milliers de paires sortent de ses ateliers, toutes conçues pour filtrer les rayons ultraviolets et visibles à 100 %. « C’est un filtre qui réfléchit les rayons nocifs du soleil à l’extérieur et à l’intérieur le filtre est noir. Lui, c’est un filtre qui restitue l’image orangée du soleil », explique Jean Ichter, de Sodap Sobomex. Ces lunettes répondent à des normes précises et sont livrées avec un certificat de conformité.
Un film polymère qui réfléchit les UV et restitue le disque orangé
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Les lunettes certifiées pour l’observation solaire reposent sur un film filtrant à double action. La couche externe réfléchit les rayons nocifs, ultraviolets et infrarouges compris. La couche interne, opaque, ne laisse passer qu’une fraction minime du spectre visible : celle qui permet de distinguer le disque solaire dans une teinte orangée, sans danger pour l’œil[1].
Les modèles d’entrée de gamme, comme les Solar Safe d’Omegon, utilisent une monture en carton rigide et un film filtrant homologué selon la norme ISO 12312-2. Ce standard européen impose un indice de densité optique (OD) d’au moins 5,0, qui garantit que moins de 0,001 % de la lumière solaire traverse le filtre. Les modèles haut de gamme, comme le Solar Safe Deluxe, intègrent des verres en polymère résistants aux rayures et une monture rigide pour un confort d’utilisation supérieur.
Le fabricant allemand Bresser propose des lunettes dotées d’un filtre OD 5,0, conçues spécifiquement pour l’observation visuelle du Soleil. Les éléments optiques sont fabriqués à partir de verre ISO de haute qualité, produit par une société américaine certifiée. Le traitement antireflet appliqué réduit la réflectivité à moins de 0,1 %, ce qui améliore le contraste des vues solaires obtenues[2].
Une chaîne de traçabilité imposée par Bercy et la Santé

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Le 23 juillet 2026, le ministère de l’Économie et celui de la Santé ont publié un communiqué conjoint pour rappeler les règles essentielles. Observer le Soleil sans protection adaptée ou avec des lunettes non conformes peut engendrer des lésions oculaires indolores au moment de l’exposition, mais potentiellement irréversibles[3]. Les autorités annoncent un renforcement des contrôles sur les produits commercialisés, avec des vérifications menées par la DGCCRF en amont de l’éclipse.
Chaque paire mise sur le marché doit porter le marquage CE et la référence à la norme ISO 12312-2. Les identités du fabricant et de l’importateur doivent figurer sur l’emballage pour assurer la traçabilité. « L’utilisateur final doit pouvoir remonter le fil et savoir vers qui se retourner en cas de problème », rappelle Arnaud Lamy, importateur et vendeur via le site Lunetteseclipse2026.fr. En cas d’absence de ces mentions, la commercialisation est interdite.
Les lunettes de soleil ordinaires, les verres fumés, les négatifs de film ou les filtres photographiques ne sont pas appropriés pour observer l’éclipse. Ils ne bloquent pas les UV ni les infrarouges et peuvent laisser passer une quantité suffisante de lumière pour provoquer des lésions graves[4].
Pourquoi les lunettes non certifiées sont dangereuses
Des brûlures rétiniennes indolores et irréversibles
Le Dr Sarah Ayello Scheer, chirurgienne ophtalmologue à l’hôpital National des Quinze-Vingts à Paris, décrit le mécanisme de la lésion : « Le rayon lumineux du soleil va brûler des cellules qui sont fondamentales. Une tache noire qui se grave un petit peu devant nous, sauf que cette tache noire ne part plus. Du coup, quand on regarde les gens, on ne voit plus leur visage, on ne voit plus le centre, on n’arrive plus à lire. »
En 1999, lors de la dernière éclipse totale visible en France, certains avaient improvisé en bricolant des protections. Une pratique à bannir : la lumière solaire, même partiellement occultée, traverse l’œil et brûle la rétine en quelques secondes. La brûlure ne provoque aucune douleur immédiate, ce qui incite à poursuivre l’observation. Les conséquences ne se manifestent que plusieurs heures plus tard, sous forme de taches noires centrales dans le champ visuel. Elles sont souvent irréversibles.
Rupture de stock redoutée une semaine avant l’éclipse

À Schiltigheim, un opticien a vendu une cinquantaine de paires en quelques jours, à trois euros l’unité. « C’est l’occasion ou jamais, parce qu’apparemment il n’y en aura pas d’autre aussi complète avant un certain temps et peut-être que ce sera la dernière de notre vie », estime Lisa Wojciechowicz, cliente de l’enseigne Optique des 4 vents.
À une semaine de l’événement, la Direction générale de la Santé s’inquiète d’une possible rupture de stock. Les pharmacies, opticiens et enseignes spécialisées multiplient les commandes, mais les délais de réapprovisionnement se tendent. L’éclipse sera quasi-totale dans le Sud-Ouest, avec un niveau d’obscuration atteignant 99,9 % à Biarritz. Sur le reste du territoire métropolitain, l’obscuration variera entre 90 % au nord et 98 % dans les régions centrales.
Le phénomène aura lieu juste avant le coucher du Soleil, ce qui incite un nombre record de Français à prévoir une observation. C’est à Bayonne que l’obscurité sera la plus importante, presque totale. Le spectacle sera visible partout en France, mais sans lunettes certifiées, l’observation est formellement déconseillée.
Que Choisir teste dix modèles, tous conformes au filtrage
Début juillet, l’association Que Choisir a acheté dix modèles de lunettes pour éclipse et les a soumis à des tests en laboratoire. Résultat : tous filtrent correctement les rayonnements solaires, même si les instructions, le marquage et les certificats ne sont pas toujours conformes aux obligations réglementaires[5].
Les marquages ISO et CE sont bien présents sur la majorité des produits, mais certains modèles manquent des identités du fabricant et de l’importateur. D’autres présentent des mentions fantaisistes ou citent des personnes et associations n’ayant jamais participé à leur rédaction. Malgré ces irrégularités, aucune défaillance technique n’a été constatée sur la capacité à bloquer les UV et les infrarouges.
L’association rappelle que seul un marquage complet permet de garantir la traçabilité en cas de problème. Les consommateurs sont invités à vérifier, avant l’achat, la présence du marquage CE, de la norme ISO 12312-2 et des coordonnées du fabricant ou de l’importateur sur l’emballage.
Éclipse du 12 août 2026 : les normes à retenir
- L'éclipse solaire du 12 août 2026 sera quasi-totale dans le Sud-Ouest de la France, avec 99,9 % d'obscuration à Biarritz
- Les lunettes certifiées ISO 12312-2 bloquent 100 % des UV et infrarouges grâce à un filtre à indice OD 5,0 minimum
- Le fabricant alsacien Sodap Sobomex a livré des centaines de milliers de paires ces dernières semaines
- La Direction générale de la Santé redoute une rupture de stock à une semaine de l'événement
- Les brûlures rétiniennes provoquées par l'observation sans protection sont indolores au moment de l'exposition, mais souvent irréversibles
Sources
5 sources · 5 faits vérifiés

