SoftBank annonce un investissement de 75 milliards d’euros pour construire 5 gigawatts de capacité de calcul dédiée à l’intelligence artificielle en France d’ici 2031.
L’annonce a été faite le 1er juin lors du sommet Choose France, à Versailles. Masayoshi Son, PDG du groupe japonais, a présenté l’opération comme le plus gros investissement jamais réalisé par SoftBank en Europe dans les infrastructures IA. La première phase porte sur 45 milliards d’euros, pour livrer 3,1 gigawatts de capacité dans les Hauts-de-France. Trois sites sont prévus : Dunkerque, Bosquel et Bouchain.
Le projet représente la moitié des 93 milliards d’euros d’engagements étrangers annoncés lors du sommet cette année. Ce montant dépasse à lui seul le cumul des promesses d’investissement reçues entre 2018 et 2025. L’an dernier, Choose France avait affiché 40,8 milliards d’euros de pledges.
Un calcul sur le parc nucléaire français
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SoftBank mise sur l’électricité nucléaire française pour alimenter des datacenters gourmands en énergie[1]. Masayoshi Son l’a dit clairement : « Les États-Unis avancent à grands pas. La Chine avance à grands pas. L’Europe, le Japon et l’Asie doivent eux aussi aller de l’avant pour ne pas se laisser distancer. » Le groupe cherche un point d’appui industriel en Europe, à l’image de ce qu’il déploie déjà outre-Atlantique avec Stargate, projet de 500 milliards de dollars pour des centres de données aux États-Unis.
Emmanuel Macron a salué l’opération lundi à l’Élysée : « Pour nous, c’est une grande réussite. Nous comblons clairement le retard que nous avions en matière de capacité de calcul en Europe. » La France dispose de 57 réacteurs nucléaires, un parc qui génère un excédent d’électricité croissant. Le pari d’Emmanuel Macron consiste à transformer cet atout en levier pour attirer les infrastructures IA, alors que la capacité de calcul disponible en Europe reste très inférieure à celle des États-Unis et de la Chine.
Pour l’instant, l’Europe souffre d’un déficit structurel en datacenters de nouvelle génération. Les hyperscalers américains concentrent l’essentiel des investissements dans leurs propres zones. SoftBank espère faire de la France le hub européen de l’IA en s’appuyant sur la disponibilité électrique et sur des partenariats locaux : EDF pour le site de Bouchain, Schneider Electric pour une usine robotisée à Dunkerque.
| Année | Montant (milliards d’euros) |
|---|---|
| 2018-2025 (cumulé) | < 93 |
| 2025 | 40,8 |
| 2026 | 93 |
Source : Reuters
SoftBank, bras armé financier de l’IA mondiale

Le groupe japonais multiplie les paris massifs sur l’intelligence artificielle depuis deux ans. Il détient 11 % d’OpenAI après avoir investi plus de 30 milliards de dollars dans la société. En 2026, SoftBank s’est engagé à verser 30 milliards supplémentaires au créateur de ChatGPT[2]. En parallèle, il pilote le financement de Stargate, chantier de 500 milliards de dollars pour des centres de données aux États-Unis.
L’opération française s’inscrit dans cette stratégie globale. Masayoshi Son a expliqué que SoftBank dispose déjà d’un modèle éprouvé aux États-Unis et qu’il peut le répliquer en Europe. « C’est un investissement colossal qui se profile », a-t-il déclaré dimanche soir à l’Élysée, avant l’ouverture du sommet. Le patron japonais affirme que l’Europe a besoin de rattraper son retard technologique si elle veut conserver une place dans la course à l’IA.
La capacité cible de 5 gigawatts correspond à une infrastructure de très grande envergure. À titre de comparaison, un datacenter classique tourne autour de quelques dizaines à quelques centaines de mégawatts. SoftBank veut installer en France l’équivalent de ce qui existe actuellement dans les plus gros hubs américains.
Pourquoi SoftBank parie sur la France pour rattraper l'IA
Un pari politique autant qu’industriel
Le gouvernement français a accéléré les procédures administratives pour faciliter l’implantation rapide de datacenters stratégiques. Emmanuel Macron cherche à transformer la France en destination de choix pour les investissements dans l’IA, en jouant sur trois leviers : l’électricité nucléaire abondante, un écosystème industriel et numérique solide, et un volontarisme politique affiché.
Les 71 projets annoncés lors du sommet 2026 doivent créer plus de 15 600 emplois, selon l’Élysée. Le chômage français vient de dépasser 8 %, au-dessus de la moyenne de l’Union européenne. L’investissement de SoftBank pourrait peser sur le marché de l’emploi dans les Hauts-de-France, même si l’automatisation des datacenters limite le nombre de postes en exploitation.
Reste à voir si les promesses d’investissement se transformeront en réalisations effectives. Les éditions précédentes de Choose France ont montré que tous les engagements annoncés ne se concrétisent pas toujours au rythme ou dans les volumes prévus. Mais l’ampleur du projet SoftBank (le plus gros jamais présenté) change l’échelle : 75 milliards d’euros, c’est une mise initiale qui engage le groupe japonais sur le long terme, avec des partenaires français déjà identifiés et des sites en cours de sécurisation.
SoftBank parie sur la souveraineté numérique européenne, un discours qui résonne à Bruxelles. L’Union européenne cherche depuis plusieurs années à réduire sa dépendance vis-à -vis des infrastructures américaines et chinoises. Si la France parvient à livrer 5 GW de capacité IA d’ici 2031, elle deviendra le premier pays européen sur ce segment, devant l’Allemagne et les Pays-Bas.
SoftBank en France : les chiffres du projet IA
- SoftBank annonce jusqu'à 75 milliards d'euros d'investissement en France pour 5 GW de capacité IA d'ici 2031
- Première phase : 45 milliards d'euros, 3,1 GW, trois sites dans les Hauts-de-France
- Choose France 2026 affiche 93 milliards d'euros d'engagements étrangers, le double de 2025
- SoftBank détient 11 % d'OpenAI et finance Stargate (500 milliards de dollars) aux États-Unis
- Emmanuel Macron mise sur le parc nucléaire français pour attirer les datacenters IA gourmands en énergie
- Le projet doit créer plus de 15 600 emplois, alors que le chômage dépasse 8 % en France
Sources
2 sources · 2 faits vérifiés

