Moeanau Granger et Martin Ahiefitu ne se contentent pas de proposer des énigmes dans une salle fermée. Leur escape game, lancé en 2024 à Tahiti, fonctionne comme une série télé : une saison dure six mois, puis tout change, décor, énigmes, personnages, mais l’univers reste. Un univers imaginaire ancré dans les îles polynésiennes, avec des acteurs qui interviennent pendant le jeu. Cette année, les deux fondateurs, encore étudiants, fêtent les deux ans de leur entreprise et affichent une centaine de clients chaque semaine.
Moeanau avait découvert le concept en travaillant dans le premier escape game de Tahiti, aujourd’hui fermé. Elle y avait pris goût, mais trouvait qu’il manquait quelque chose pour donner envie de revenir. « Je trouvais qu’il manquait quelque chose pour donner envie d’y revenir tout le temps et de tout connaître de l’escape game », dit-elle. Avec Martin, elle a donc fondé son propre lieu, avec une différence : des acteurs dans les salles, pas seulement des énigmes. Et un système de saisons, comme au cinéma. Tous les six mois environ, la salle est entièrement repensée, mais toujours dans le même univers. « Il n’y a pas vraiment d’histoire principale, c’est juste un grand univers avec beaucoup de personnages qui reviennent souvent. Et ça se passe à Tahiti et dans les îles », précise Moeanau.
Martin, lui, est arrivé sans rien savoir de tout ça. Il a tout appris sur le tas : création de scénarios, formalités administratives pour obtenir une patente, réalisation, bricolage. Entre le 26 juin et le 31 juillet derniers, il a dû transformer entièrement le décor pour la saison 2 : passer d’un intérieur d’hôtel à un décor médiéval. « Le challenge, c’était de passer d’un décor de type hôtel et de le transformer en médiéval, il fallait transformer la salle en termes d’univers », raconte-t-il.
Démarré à l’université, soutenu par Pépite
Le projet a commencé à l’Université de la Polynésie française, dans le cadre du programme Pépite, qui met à disposition des étudiants entrepreneurs des outils pour lancer leur activité. Les deux fondateurs se sont fait épauler par Anthony Philbois, assistant à la direction, chargé du marketing et de la communication. Sur Facebook, les publications touchent entre 70 000 et 80 000 vues, avec environ 1 000 mentions j’aime par post. « À chaque publication, on observe une petite vague de réservations », note-t-il.
Aujourd’hui, l’entreprise accueille 20 à 25 groupes par semaine, de 2 à 10 personnes chacun, soit une centaine de clients en moyenne. Pas mal pour deux étudiants qui ont monté leur affaire sans formation préalable, juste avec l’envie de créer un univers et de le faire vivre, saison après saison, dans leur île.

