Le sommet Choose France 2026, tenu le 1er juin à Versailles, affiche 93 milliards d’euros d’investissements étrangers, un record tiré par l’engagement de SoftBank dans les infrastructures IA.
Le chiffre dépasse à lui seul le cumul des huit éditions précédentes. Emmanuel Macron, aux côtés de Masayoshi Son avant même l’ouverture officielle, a qualifié l’édition d’« historique ». Les huit précédents sommets, de 2018 à 2025, totalisaient 87 milliards d’euros.
Sur ces 93 milliards, un seul acteur pèse la moitié : le fonds japonais SoftBank s’engage à investir 45 milliards d’euros d’ici à 2031 dans un programme de datacenters sur le territoire français. Certaines sources évoquent une enveloppe portée à 75 milliards à terme, selon des engagements progressifs.
SoftBank installe 3,1 gigawatts de capacité de calcul dans les Hauts-de-France
La première phase du projet SoftBank prévoit le déploiement de 3,1 gigawatts de capacité de calcul d’ici 2031, concentrés dans les Hauts-de-France[5]. Les sites de Dunkerque, Bosquel et Bouchain accueilleront les installations. Schneider Electric et EDF figurent parmi les partenaires du projet. Une usine de production de modules d’alimentation pour datacenters sera construite au port de Dunkerque.
L’Élysée qualifie cet engagement de « record dans l’histoire des investissements d’une entreprise en France ».
| Investisseur | Origine | Montant | Secteur |
|---|---|---|---|
| SoftBank + Schneider Electric | Japon / France | 45 Md€ (d’ici 2031), 75 Md€ à terme | Datacenters IA, Hauts-de-France |
| Brookfield | Canada | +10 Md€ (30 Md€ au total) | Infrastructures IA |
| Amazon | États-Unis | +15 Md€ sur trois ans | Logistique, cloud |
Source : La Voix de France
L’électricité décarbonée, argument commercial pour les infrastructures IA

La France met en avant son mix électrique largement nucléaire pour justifier son attractivité auprès des opérateurs de centres de calcul. Dans un contexte de course mondiale aux infrastructures IA, disposer d’une production d’énergie décarbonée est devenu un argument commercial à part entière. Sikander Rashid, responsable de Brookfield, souligne l’avantage compétitif d’une importante production d’énergie nucléaire décarbonée. Le gestionnaire canadien ajoute 10 milliards d’euros à son engagement en France, portant son investissement total à 30 milliards dans les infrastructures IA françaises.
Les acteurs du numérique cherchent à réduire l’empreinte carbone de leurs charges de calcul intensives. L’usine d’Angers, seul site européen à assembler des supercalculateurs, serait au cÅ“ur du dispositif SoftBank pour les charges de travail les plus intensives.
Pourquoi SoftBank mise 45 milliards sur la France
71 projets, 15 600 emplois annoncés, une concentration sectorielle marquée
L’édition 2026 comptabilise 71 projets d’investissement. Plus de 15 600 emplois sont attendus sur le territoire national, selon l’Élysée. Les annonces couvrent des secteurs variés : semi-conducteurs, minerais critiques, santé, acier, pharmaceutique, électrification. Mais la tech et les datacenters dominent le bilan, portés par la demande en infrastructure cloud et en capacité d’entraînement de modèles d’IA.
Sans l’engagement de SoftBank, le total de cette 9e édition se rapprocherait du niveau des précédentes. La comparaison avec les sommets antérieurs s’explique d’abord par la taille exceptionnelle d’un seul dossier.
L’industrie chimique, aux prises avec ses problèmes de compétitivité, reste la grande absente du programme. Aucune annonce significative ne la concerne.
200 chefs d’entreprise, 50 nationalités, une ouverture vers le Golfe et l’Asie

Les 200 chefs d’entreprise conviés venaient de près de 50 nationalités différentes. Pour la moitié d’entre eux, c’était une première participation. Les dirigeants européens restaient majoritaires, mais les Américains représentaient encore 18 % des présents, malgré les tensions commerciales avec Washington.
L’Élysée a délibérément élargi la liste des invités vers le Golfe et l’Asie. Des investisseurs du Moyen-Orient et d’Asie ont été associés pour la première fois à l’événement, aux côtés des partenaires historiques. La logique est explicite : diversifier les origines des capitaux à un moment où la concurrence internationale pour attirer les investissements s’intensifie.
ÃŽle-de-France : 30 % des annonces nationales, 7 milliards d’euros
L’ÃŽle-de-France concentre 30 % des annonces nationales, soit plus de 7 milliards d’euros et 20 projets. Cette polarisation géographique rappelle la concentration de l’attractivité française sur quelques territoires.
Emmanuel Macron revendique par ailleurs que la France soit « le pays d’Europe qui attire le plus d’investissements étrangers ». Choose France est le principal outil de cette stratégie d’attractivité, lancé en 2018 et devenu un rendez-vous annuel au château de Versailles.
Le bilan mérite une lecture nuancée. Les chiffres agrégés lors de ces sommets mélangent des natures d’engagement très différentes : projets déjà décidés, lettres d’intention, engagements sur plusieurs années. Les 45 milliards de SoftBank s’étalent jusqu’en 2031. Il ne s’agit pas de flux immédiats dans l’économie française.
Choose France 2026 : les chiffres du sommet de Versailles
- Le sommet Choose France 2026 totalise 93 milliards d'euros d'investissements étrangers, un montant supérieur au cumul des huit éditions précédentes (87 milliards d'euros).
- SoftBank s'engage à investir 45 milliards d'euros d'ici 2031 dans des datacenters IA en France, avec une enveloppe portée à 75 milliards à terme.
- 71 projets d'investissement ont été annoncés, représentant plus de 15 600 emplois attendus sur le territoire national.
- L'ÃŽle-de-France concentre 30 % des annonces nationales, soit plus de 7 milliards d'euros et 20 projets.
- 200 chefs d'entreprise de 50 nationalités étaient présents, dont 18 % d'Américains malgré les tensions commerciales.
- La première phase du projet SoftBank prévoit le déploiement de 3,1 gigawatts de capacité de calcul d'ici 2031 dans les Hauts-de-France.
Sources
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