Samedi 8 août, Pointe-à-Pitre était en couleurs. Costumes soigneusement ajustés, sourires, friandises distribuées aux passants, et l’odeur des bons plats qui flottait dans l’air : l’Association des cuisinières de Guadeloupe célébrait ses 110 ans. Fondée en 1916, cette association perpétue chaque année une fête devenue incontournable dans l’archipel, mêlant foi, gastronomie et transmission. Mais cette édition avait une saveur particulière.
La messe anniversaire a été célébrée sur le parvis de l’hôtel de ville par Mgr Philippe Guiougou, évêque de Guadeloupe. Autour de lui, les membres de l’association, leurs proches, des invités venus de loin, et une foule de curieux attirés par cette tradition vivante. En toile de fond, le Tour cycliste de Guadeloupe passait par la ville au même moment, dans un week-end où la tradition locale et le sport international se croisaient.
Cette année, la fête a débordé des frontières de l’île. Des délégations ont fait le déplacement depuis Sainte-Lucie, la Martinique et les États-Unis. Une délégation du Moule était également présente, témoignant de l’attachement profond porté à cette association qui traverse les générations.
Une procession dans les rues de Pointe-à-Pitre
Après la messe, les cuisinières ont entamé leur déambulation dans les rues de la ville[1]. Costumes traditionnels, échanges joyeux, salutations des passants : la procession a rappelé que cette fête ne se limite pas à un rendez-vous religieux. C’est un moment de convivialité, de retrouvailles, de fierté collective. Sur leur passage, elles ont distribué des friandises aux curieux venus assister à la célébration.
L’association réunit des femmes qui, depuis plus d’un siècle, défendent un patrimoine culinaire et culturel profondément ancré dans l’histoire guadeloupéenne. Chaque année, elles célèbrent leur saint patron à travers une journée où la foi, la gastronomie et la transmission occupent une place centrale. Cette 110e édition marque une étape symbolique, celle d’une tradition qui continue de rassembler plusieurs générations autour d’un même héritage.
Un patrimoine vivant qui voyage
La présence de délégations venues de l’étranger souligne que cette tradition guadeloupéenne rayonne au-delà de l’archipel. De Sainte-Lucie à la Martinique, en passant par les États-Unis, l’Association des cuisinières de Guadeloupe incarne un savoir-faire qui se transmet, voyage et s’adapte sans se renier. Ce samedi 8 août, Pointe-à-Pitre a été le théâtre d’une célébration qui dépasse le cadre local : celle d’un patrimoine vivant, porté par des femmes qui refusent de le laisser s’éteindre.
Dans un contexte où les traditions locales sont parfois menacées par l’uniformisation, cette fête des cuisinières rappelle qu’il existe encore des lieux où l’on célèbre ce qui dure, ce qui se transmet, ce qui unit. Et que ce patrimoine-là mérite d’être défendu, fêté, raconté.
Sources
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