Mercredi après-midi, entre 14h57 et 17h04, le soleil perdra la moitié de sa luminosité au-dessus de l’archipel. Une éclipse solaire partielle traversera Saint-Pierre-et-Miquelon, un phénomène bien plus modeste que celui attendu en métropole et dans le sud-ouest de l’Europe, mais suffisamment marquant pour que les habitants s’y préparent avec sérieux.
Là où la France hexagonale connaîtra une obscuration dépassant 90%, et où le nord de l’Espagne plongera dans une nuit complète de quelques minutes, l’archipel restera dans une pénombre partielle. Le pic interviendra aux alentours de 16h03 : à cet instant précis, la lune masquera environ 46,5% du disque solaire. Pas de quoi voir le jour basculer dans l’obscurité, mais assez pour sentir la lumière faiblir, si le ciel reste dégagé.
Car c’est bien là toute l’incertitude : le spectacle ne sera visible que si les nuages ne s’invitent pas. À deux jours de l’événement, personne ne peut garantir que la météo jouera le jeu. Les Saint-Pierrais et Miquelonnais le savent bien, eux qui scrutent déjà les prévisions avec l’espoir d’un ciel clément.
Protéger ses yeux, coûte que coûte
Éclipse partielle ne signifie pas éclipse sans danger. Même avec moins de la moitié du soleil masquée, regarder l’astre à l’Å“il nu reste une voie directe vers la brûlure rétinienne[1]. Les lunettes de protection spéciales, obligatoires pour observer le phénomène en toute sécurité, se font pourtant rares sur l’archipel. Comme en 2024, lors de la précédente éclipse totale qui avait traversé Saint-Pierre-et-Miquelon, il s’avère très difficile, voire impossible, d’en trouver sur place.
Résultat : beaucoup ont anticipé. Certains habitants ont passé commande au Canada, d’autres se sont lancés dans la fabrication artisanale de boîtes à éclipse, ces dispositifs simples en carton qui permettent de projeter l’image du soleil sans risque pour les yeux. Une débrouillardise devenue nécessaire face à l’absence de stocks locaux.
Un spectacle européen inégalement partagé
L’éclipse du 12 août 2026 marquera surtout l’Europe. Elle sera totale sur une bande traversant le nord-est du Groenland, l’Islande, le nord du Portugal et une partie de l’Espagne, de la Galice à la Catalogne[3]. En France métropolitaine, le phénomène atteindra son intensité maximale dans le sud-ouest : 99,5% au Pays basque, 99,1% à Pau, contre 92% à Paris et 90% dans les Ardennes[2].
À Saint-Pierre-et-Miquelon, l’éclipse restera donc bien plus modeste. Mais après celle de 2024, totale sur l’archipel, les habitants savent ce qu’observer le ciel peut offrir comme souvenir. Mercredi, entre 14h57 et 17h04, beaucoup lèveront les yeux, équipés de leurs lunettes commandées outre-Atlantique ou de leurs boîtes bricolées. Si la météo le permet.
Sources
3 sources · 3 faits vérifiés

