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La DGSI remplace Palantir par ChapsVision, ChatGPT perd son monopole et l’IA française lève 900 millions

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La France bascule vers ChapsVision pour la DGSI, OpenAI cède du terrain face à Google et Anthropic, et l’écosystème français de l’IA poursuit sa structuration avec des levées record.

Sébastien Lecornu a mis un terme au contrat entre la Direction générale de la sécurité intérieure et Palantir. La société américaine, fournisseur historique de la DGSI depuis plusieurs années, cédera sa place à ChapsVision, entreprise fondée par Olivier Dellenbach. Le ministre de l’Économie a indiqué que la transition interviendra « probablement dans le courant de 2027 », une fois réglées les « technicalités ». Il n’a pas précisé la date exacte de débranchement de la solution Palantir.

Le basculement ne se fera pas du jour au lendemain. ChapsVision travaillait déjà avec le ministère de l’Intérieur avant l’annonce. L’entreprise se positionne sur le terrain de l’IA de confiance, conçue pour des administrations qui ne peuvent confier leurs données à des serveurs étrangers soumis au droit américain. Le remplacement d’un outil de renseignement aussi enraciné dans les pratiques opérationnelles ne relève pas du seul acte politique. La question des performances techniques comparées des deux solutions reste non tranchée publiquement.

En chiffres
1 114
startups IA en France
+16 % en un an (février 2026)
50 %
seuil franchi par OpenAI
Parts de marché des assistants IA
900 M€
levée de fonds Emilabs
Startup de Yann Le Cun
20 Md€
valorisation de Mistral AI
Dernier tour de table 2026
2 déc. 2026
interdiction IA de déshabillage
Obligation technique UE

Un choix qui s’inscrit dans la stratégie de souveraineté numérique

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Cette décision résonne avec le discours porté lors de VivaTech par les dirigeants et responsables politiques européens : réduire la dépendance technologique envers les États-Unis après la restriction d’accès aux modèles d’Anthropic décidée par l’administration Trump[1]. ChapsVision ambitionne de s’imposer comme le champion européen de la donnée et de l’IA de confiance, face à des acteurs américains qui ont longtemps occupé le terrain sans concurrent crédible.

La France dispose de chercheurs de renommée mondiale, portés par une formation mathématique d’excellence. L’écosystème existe. La question est de savoir si les pouvoirs publics lui donnent les commandes suffisantes pour s’imposer face aux hyperscalers et aux plateformes de surveillance américaines. Les géants de la tech restent américains, de plus en plus chinois, mais l’enjeu français est de transformer ce potentiel scientifique en autonomie opérationnelle.

OpenAI sous la barre des 50 % de parts de marché

Pendant trois ans, ChatGPT a régné sans partage sur le marché des assistants IA. Ce monopole de fait s’efface. OpenAI est passé pour la première fois sous les 50 % de parts de marché, bousculé par Google avec Gemini et Anthropic avec Claude[1]. Ce glissement change la lecture du secteur : OpenAI n’est plus le seul acteur à définir les standards d’usage.

Pour Mistral AI, acteur français qui joue sa carte dans cet environnement, l’érosion du leader crée mécaniquement de l’espace, même si les écarts de ressources restent considérables. La concurrence se fragmente. Google et Anthropic gagnent du terrain sur un marché que la domination d’un seul acteur rendait figé. Cette recomposition a une toile de fond politique directe : quelques jours après l’interdiction du modèle Mythos 5 hors des États-Unis, les dirigeants d’OpenAI, Anthropic, Google DeepMind et Mistral AI ont participé à un déjeuner de travail avec les chefs d’État du G7 et des pays partenaires. La gouvernance de l’IA se joue désormais à ce niveau.

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Souveraineté numérique : les enjeux pour la France

Souveraineté numérique
Le remplacement de Palantir par ChapsVision à la DGSI marque un tournant vers des solutions françaises pour les données régaliennes. La transition, prévue en 2027, devra prouver sa viabilité technique face à un acteur américain enraciné.
Fin du monopole OpenAI
ChatGPT passe sous les 50 % de parts de marché pour la première fois. Google et Anthropic gagnent du terrain, ouvrant un espace pour Mistral AI, malgré des écarts de ressources considérables.
Levées de fonds record
Emilabs lève 900 millions d'euros, Mistral AI atteint 20 milliards de valorisation. L'écosystème français se structure autour de licornes capables de rivaliser avec les géants américains.
Régulation européenne
L'UE impose au 2 décembre 2026 une interdiction technique des IA de déshabillage. L'AI Act entre progressivement en vigueur, contraignant les plateformes mondiales à se mettre en conformité.
Course aux investissements
Les hyperscalers américains déploient entre 635 et 665 milliards de dollars en 2026, contre 381 milliards en 2025. La France mise sur ses atouts scientifiques face à des moyens sans commune mesure.

Emilabs lève 900 millions d’euros, Mistral valorisé à 20 milliards

L’écosystème français de l’IA se structure autour de deux axes complémentaires : d’un côté, des licornes comme Mistral AI et Emilabs qui attirent les capitaux internationaux et rivalisent avec les géants américains ; de l’autre, une multitude de startups spécialisées qui irriguent tous les secteurs de l’économie et portent l’ambition d’une IA souveraine[3].

Emilabs, startup fondée par Yann Le Cun, a levé 900 millions d’euros. Mistral AI a atteint une valorisation de 20 milliards d’euros lors de son dernier tour de table en 2026, confirmant la confiance des investisseurs dans sa capacité à peser face aux acteurs américains. Sur le plan européen, la part de trafic IA de Mistral reste plus modeste : 0,24 % sur janvier-mai 2026, contre 0,21 % en 2025. L’écart avec la France, où Mistral capte 0,85 % du trafic, résume l’enjeu : l’entreprise s’impose d’abord comme un choix stratégique en France avant de convaincre à l’échelle continentale.

Écosystème français de l’IA en 2026
Indicateur Valeur
Nombre de startups IA en France (février 2026) 1 114
Croissance en un an +16 % (+154 startups)
Position en Europe 1re (devant Allemagne : 935, Royaume-Uni : ~870)
Valorisation de Mistral AI (2026) 20 milliards d’euros
Levée de fonds Emilabs 900 millions d’euros
Part de trafic IA de Mistral en France (janv.-mai 2026) 0,85 %
Part de trafic IA de Mistral en Europe (janv.-mai 2026) 0,24 %

Source : La Voix de France

L’Union européenne impose l’interdiction des IA de déshabillage

Close-up of a humanoid robot with a futuristic design posing outdoors.
Close-up of a humanoid robot with a futuristic design posing outdoors. Photo : igovar igovar / Pexels

L’Union européenne impose au 2 décembre 2026 une obligation technique de blocage pour les IA de déshabillage, contraignant les plateformes mondiales à se mettre en conformité sur le marché européen[1]. Cette mesure concrète marque l’entrée en vigueur progressive de l’AI Act, qui fixe des obligations lourdes pour les acteurs du secteur.

La diplomatie de l’IA au G7 et les investissements massifs annoncés par les quatre hyperscalers américains (Amazon, Alphabet, Microsoft et Meta) (entre 635 et 665 milliards de dollars en 2026, contre 381 milliards l’année précédente) dessinent un paysage où l’Europe tente de se structurer sans rivaliser en termes de financement et de capacités de calcul. Les États-Unis ont investi des centaines de milliards de dollars dans l’IA, la Chine déploie des ressources considérables pour devenir leader mondial d’ici 2030.

La France entend soutenir ses infrastructures de calcul, ses laboratoires de recherche et ses entreprises. Le pays compte sur ses atouts : Mistral AI figure parmi les rares acteurs européens capables de rivaliser avec OpenAI ou DeepMind. Mais les investissements américains et chinois restent sans commune mesure : les géants de la Silicon Valley dépensent plusieurs dizaines de milliards de dollars par an dans l’IA[4]. Le pari français est risqué, mais l’enjeu est stratégique : conserver la maîtrise des données publiques et bâtir une filière IA capable de soutenir l’industrie, la recherche et les services publics.

L’année 2026 marque une accélération de cette dynamique, avec des levées de fonds record, une montée en puissance de l’emploi et une structuration géographique qui dépasse Paris. Reste à transformer cette croissance en rentabilité durable et en autonomie technologique face aux infrastructures américaines.

IA en France 2026 : les faits marquants

  • ChapsVision remplacera Palantir auprès de la DGSI, probablement en 2027
  • OpenAI passe sous les 50 % de parts de marché, bousculé par Google et Anthropic
  • La France compte 1 114 startups IA en février 2026, soit 16 % de plus qu'un an plus tôt
  • Mistral AI atteint une valorisation de 20 milliards d'euros en 2026
  • Emilabs lève 900 millions d'euros
  • L'UE interdit les IA de déshabillage à partir du 2 décembre 2026
Julien Mercier
Julien Mercier
Julien Mercier décrypte les aides et les droits des Français. CAF, retraite, chômage, chèque énergie, MaPrimeRénov', bourses ou aides locales : il s'attache à dire clairement qui peut en bénéficier, pour quel montant, jusqu'à quand et comment faire la démarche, étape par étape. Attaché aux chiffres officiels et aux sources françaises, il écrit pour que chacun sache exactement à quoi il a droit — et n'y renonce pas faute d'information.

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