Actualités régionalesSécheresse : les élus martiniquais réclament leur part du plan agricole national

Sécheresse : les élus martiniquais réclament leur part du plan agricole national

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Le gouvernement promet des milliards pour sauver l’agriculture française face à la sécheresse. Mais en Martinique, la question est simple : cette enveloppe nationale touchera-t-elle vraiment les éleveurs de l’île, où 250 bovins sont déjà morts faute de fourrage ? Les élus martiniquais ne comptent pas attendre la réponse dans le silence. Députés, sénatrice et Collectivité territoriale montent au créneau pour réclamer un traitement équitable, alors que les mécanismes hexagonaux ne s’appliquent pas toujours outre-mer dans les mêmes conditions.

Samedi 15 août, le Premier ministre Sébastien Lecornu a confirmé dans une lettre ouverte que le projet de loi de finances pour 2027, attendu fin septembre, comprendrait des mesures de soutien et d’investissement pour l’agriculture. Face à une sécheresse qualifiée de précoce et sévère, le chef du gouvernement promet une réponse rapide et forte : enveloppes ciblées mises à disposition des préfets pour soutenir les trésoreries des exploitations et leur remise en production, dispositif public d’indemnisation armé autant qu’il le faut, baisses de taxe foncière et de cotisations sociales pour les exploitations fragiles.

Le budget 2027 devrait aussi intégrer un mécanisme de suramortissement fiscal pour les projets d’avenir agricole, ainsi que des mesures destinées à soutenir les investissements hydrauliques et l’adaptation au changement climatique. Une annonce qui tombe au moment où plusieurs territoires français souffrent du manque d’eau, l’Hexagone comme les outre-mer.

250 bovins morts sur un cheptel de 8 000 têtes

Mais à Fort-de-France, l’urgence n’attend pas le vote du Parlement. Les éleveurs de la Codem recensent près de 250 bovins morts sur un cheptel d’environ 8 000 têtes[1]. Faute de pluie, les pâturages ne suffisent plus. L’alimentation des animaux devient un problème quotidien. Pour faire face à la pénurie de fourrage, plus de quinze tonnes de bananes ont été acheminées vers les élevages, grâce à un partenariat entre Banamart et la Codem, avec le soutien financier de l’État.

Une opération d’urgence qui sauve des bêtes, mais ne règle rien sur le fond. Il faut pouvoir maintenir les troupeaux, reconstituer ceux qui ont été décimés, assurer la pérennité des exploitations. Et c’est là que la question se pose : les dispositifs annoncés pour l’Hexagone s’appliqueront-ils vraiment en Martinique, où certains mécanismes fiscaux et sociaux ne fonctionnent pas comme sur le continent ?

Marcellin Nadeau et Jean-Philippe Nilor réclament l’équité

Face à cette situation, la mobilisation politique s’intensifie. Les députés Marcellin Nadeau et Jean-Philippe Nilor ont adressé un courrier commun à la ministre de l’Agriculture, avec copie à la ministre des Outre-mer. Ils demandent la mobilisation immédiate de l’État et des mesures exceptionnelles pour les exploitations sinistrées. Les deux parlementaires mettent en avant les moyens importants mobilisés pour indemniser les agriculteurs victimes de la sécheresse dans l’Hexagone. Ils réclament pour la Martinique une réponse à la hauteur de celle apportée aux agriculteurs hexagonaux. Ils demandent également un véritable plan de sécurisation de l’eau agricole.

La députée Béatrice Bellay a, elle aussi, saisi les ministres de l’Agriculture et des Outre-mer. Elle demande notamment l’activation des mécanismes d’indemnisation, un soutien exceptionnel à l’alimentation animale et une réponse sur les aides POSEI susceptibles d’être affectées par les abattages anticipés. Elle appelle également la Collectivité territoriale de Martinique à prendre sa part.

Un retour en vigilance, mais la menace reste

La préfecture a annoncé le retour de l’île en vigilance sécheresse, après être passée en alerte au printemps. Des pluies significatives ont été enregistrées presque quotidiennement depuis une dizaine de jours sur l’ensemble de l’île, permettant une recharge notable des cours d’eau[2]. La quasi-totalité des stations de suivi affiche désormais des débits supérieurs au seuil d’alerte, et l’ensemble des opérateurs d’eau potable font état de réservoirs à pleine capacité et d’une alimentation normalisée sur l’ensemble du territoire.

Mais les prévisions météorologiques restent défavorables : une période de sécheresse est attendue jusqu’à fin mai, et la transition vers un phénomène El Niño n’arrange rien. Pour les élus martiniquais, le message est clair : l’effort national pour l’agriculture doit inclure pleinement les territoires ultramarins, avec des dispositifs adaptés aux réalités locales. Pas une aide au rabais, pas une annexe du plan hexagonal. Une vraie part de l’enveloppe, à la hauteur des pertes subies.

Jean-Luc Céleste
Jean-Luc Céleste
Jean-Luc Céleste, rédacteur régional(e) — La Voix de France. Textes produits avec l'assistance de l'IA et relus par notre équipe éditoriale.

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