La France a signé pour 21,2 milliards d’euros de commandes d’armement en 2025, un niveau proche du record 2024. Mais elle capte à peine 6,2 % du réarmement européen, dont les États-Unis raflent 48 %.
Le chiffre tient : 21,2 milliards d’euros de prises de commandes en 2025, selon le rapport au Parlement publié en août par le ministère des Armées. L’Inde a commandé 26 Rafale M, l’Indonésie deux sous-marins Scorpène, la Grèce une quatrième frégate de défense et d’intervention, le Maroc des hélicoptères H225M Caracal. La France a aussi vendu des missiles Mistral, des systèmes SAMP/T et VL MICA, des canons Caesar à la Slovénie et à la Croatie, des véhicules Scorpion à la Belgique et au Luxembourg. Le montant reste quasi stable par rapport à 2024, et confirme la deuxième place mondiale de la Base industrielle et technologique de défense française.
L’aéronautique pèse 40 % des commandes. Le naval suit à 19 %, l’armement terrestre à 12 %. Les missiles affichent la plus forte croissance : +15 % sur un an. Le ministère met en avant la qualité des équipements. « Les succès de nos systèmes de défense aérienne illustrent la confiance placée par nos partenaires dans les savoir-faire industriels français. De même, la persistance du succès du Rafale à l’export témoigne de son adéquation aux besoins actuels et futurs du marché international et maintient l’assurance d’une chaîne de production pérenne en France », souligne-t-il.
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Les budgets de défense de l’Union européenne ont bondi de 62 % entre 2020 et 2025, pour atteindre 381 milliards d’euros[3]. Les importations d’armes des États européens ont grimpé de 210 % entre les périodes 2016-2020 et 2021-2025. Mais la France ne capte que 27 % de ses exportations sur le marché européen, un niveau dans la moyenne observée depuis 2022.
Les États-Unis raflent 48 % des fournitures d’armement à l’Europe. L’Allemagne suit à 7,7 %, la France à 6,2 %. Le rapport au Parlement constate que « la concurrence intraeuropéenne ne faiblit pas ». Les industriels européens « se trouvent régulièrement en situation de concurrence frontale », ce qui contraint les États à adapter leurs stratégies à l’export. L’argent du réarmement coule, mais il coule vers le complexe militaro-industriel américain.
| Pays fournisseur | Part des importations européennes |
|---|---|
| États-Unis | 48 % |
| Allemagne | 7,7 % |
| France | 6,2 % |
Source : Valeurs actuelles
5,7 milliards d’euros en Europe, dominés par Athènes et Copenhague

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La France a tout de même signé pour 5,7 milliards d’euros de commandes auprès de pays de l’Union en 2025[1]. La Grèce arrive en tête, avec un peu plus d’un milliard d’euros. Le Danemark suit à 998 millions, la Belgique à 673 millions, la Roumanie à 608 millions. Les ventes à l’Allemagne ont doublé en un an, atteignant 526 millions d’euros, leur plus haut niveau depuis dix ans.
Ces montants restent modestes au regard du flux global. Varsovie achète massivement américain et sud-coréen. Berlin sanctuarise un budget de défense de 108,2 milliards d’euros en 2026, vise 3,5 % du PIB en 2029, et a validé 52 milliards d’euros d’engagements de commandes en une seule séance du Bundestag en décembre dernier, l’équivalent d’une année entière du budget français, payes des militaires comprises.
| Pays | Montant des commandes (M€) |
|---|---|
| Grèce | ~1 000 |
| Danemark | 998 |
| Belgique | 673 |
| Roumanie | 608 |
| Allemagne | 526 |
Source : Valeurs actuelles
Pourquoi la France capte si peu du réarmement européen
Un bilan commercial solide, une position stratégique fragile
Le Rafale continue de se vendre. Les frégates aussi. La BITD française tourne. Mais la structure du marché pose une question politique : à quoi sert un réarmement européen de 381 milliards d’euros si la moitié alimente l’industrie américaine ? Les contrats en Asie (Inde, Indonésie) ou en Méditerranée orientale (Grèce) pèsent lourd dans le bilan français. Le marché européen, lui, reste un terrain de concurrence frontale où Paris part sans avantage structurel.
Le rapport au Parlement ne cache pas la difficulté. Les industriels français affrontent à la fois leurs homologues allemands, italiens, britanniques, et l’écrasante puissance commerciale américaine. La France garde son rang mondial, mais elle ne contrôle qu’une fraction marginale du réarmement du continent qu’elle défend.
Exportations d'armement 2025 : les chiffres à retenir
- La France a signé pour 21,2 milliards d'euros de commandes d'armement en 2025, un niveau quasi identique à 2024
- L'Inde a commandé 26 Rafale M, l'Indonésie deux sous-marins Scorpène, la Grèce une quatrième frégate
- Les budgets de défense de l'UE ont bondi de 62 % entre 2020 et 2025, atteignant 381 milliards d'euros
- Les États-Unis fournissent 48 % de l'armement importé par l'Europe, la France 6,2 %
- La Grèce est le premier client européen de la France en 2025, avec un peu plus d'un milliard d'euros
- Les ventes françaises à l'Allemagne ont doublé en un an, à 526 millions d'euros
Sources
2 sources · 2 faits vérifiés

