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Export de sous-marins : Naval Group (19 ventes) distancé par TKMS (plus de 50), alliances en cours

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L’allemand TKMS, avec plus de 50 sous-marins vendus depuis 2000, devance largement Naval Group (19 unités) sur le marché mondial de l’export conventionnel.

Le 7 juillet 2026, TKMS a décroché le contrat canadien portant sur douze sous-marins, pour plusieurs dizaines de milliards d’euros. Ce succès illustre l’écart qui s’est creusé entre le chantier allemand et son rival français sur le segment de l’export de submersibles à propulsion conventionnelle. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : depuis le début des années 2000, ThyssenKrupp Marine Systems a vendu plus d’une cinquantaine d’exemplaires à travers le monde (Grèce, Portugal, Égypte, Singapour, Israël, Afrique du Sud, Norvège) là où Naval Group en totalise 19.

En chiffres
19
Sous-marins vendus par Naval Group depuis 2000
Contre plus de 50 pour TKMS
4
BlackSword Barracuda pour les Pays-Bas
Contrat confirmé en juillet 2024
12
Sous-marins pour le Canada
Contrat TKMS signé le 7 juillet 2026

Scorpène et BlackSword Barracuda : une gamme à deux niveaux

Naval Group n’a pas dit son dernier mot. Le chantier de Cherbourg aligne deux produits complémentaires : le Scorpène, best-seller compact, et le BlackSword Barracuda, dérivé à propulsion conventionnelle des sous-marins nucléaires d’attaque français. Le premier a été vendu à la Malaisie (2 unités), à l’Inde (6), au Brésil (4, plus une participation à un sous-marin nucléaire) et à l’Indonésie (2). Le second a remporté le marché néerlandais en 2024 : quatre BlackSword Barracuda pour La Haye.

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Cette dualité offre à Naval Group une position singulière. D’un côté, le Scorpène cible les marines aux budgets serrés, sans sacrifier les capacités. De l’autre, le BlackSword Barracuda exploite le retour d’expérience des constructions nucléaires françaises et propose une sophistication quasi inégalée. Ce savoir-faire direct, hérité du chantier de Cherbourg, constitue l’un des rares avantages dont dispose l’industriel français face à TKMS.

Ventes de sous-marins depuis 2000
Chantier Unités vendues Principaux clients
TKMS (Allemagne) Plus de 50 Grèce, Portugal, Égypte, Singapour, Israël, Afrique du Sud, Norvège, Canada
Naval Group (France) 19 Malaisie (2), Inde (6), Brésil (4), Indonésie (2), Pays-Bas (4)

Source : Actu.fr

Pays-Bas : victoire confirmée après un recours

Senior man marking a ballot at a voting booth in an indoor polling station.
Senior man marking a ballot at a voting booth in an indoor polling station. — Photo : Edmond Dantès / Pexels

En 2024, Naval Group avait arraché le contrat néerlandais face à deux concurrents : TKMS d’une part, le duo Damen-Saab Kockums de l’autre. Le chantier allemand n’a pas accepté cette défaite sans réagir. En avril 2024, TKMS a saisi la justice, estimant que le gouvernement néerlandais avait changé ses critères en cours de route. Selon le chantier allemand, La Haye avait initialement demandé un sous-marin standardisé, sur lequel reposait l’offre germanique, avant de se tourner vers le Barracuda sur-mesure proposé par Naval Group[4].

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Un juge des référés a tranché le 25 juillet 2024 : le choix de Naval Group était validé. Plus rien ne s’opposait dès lors à la conclusion du contrat à plusieurs milliards de dollars, sous réserve d’un accord final entre les parties[5]. Cette victoire confirmée aux Pays-Bas constitue le premier succès à l’export du Barracuda, après l’annulation par l’Australie en 2021 d’un contrat portant sur douze exemplaires.

Pourquoi TKMS creuse l'écart sur Naval Group

Écart de volumes
TKMS a vendu 2,6 fois plus de sous-marins que Naval Group depuis 2000. Le chantier allemand mise sur la standardisation et les séries, là où le Français propose deux produits complémentaires à sophistication variable.
Atout nucléaire
Naval Group est l'un des rares chantiers au monde à construire des sous-marins nucléaires, ce qui nourrit le retour d'expérience du BlackSword Barracuda. TKMS ne maîtrise que la propulsion conventionnelle.
Alliances en cascade
TKMS s'allie avec Navantia (Espagne), après avoir envisagé un rapprochement avec Fincantieri (Italie) en 2025. Naval Group reste isolé face à ces coalitions européennes.
Gamme à deux niveaux
Le Scorpène cible les budgets serrés, le BlackSword Barracuda vise les marines exigeantes. Cette dualité permet à Naval Group de rester compétitif sur plusieurs segments, mais ne suffit pas à rattraper le volume de TKMS.

Grèce et Argentine : deux nouveaux duels en cours

Naval Group et TKMS se retrouvent face à face sur deux autres marchés. La Grèce envisage l’acquisition de quatre sous-marins : les deux chantiers sont qualifiés en finale. L’Argentine, elle, cherche à renouveler sa flotte avec trois unités. En février 2026, le Bureau de réponse officielle argentin avait indiqué que deux modèles (le Scorpène français et le 209 NG allemand de TKMS) répondaient aux exigences techniques et opérationnelles[3]. Mais le programme traîne en longueur, sans annonce de choix définitif à ce stade.

Le Maroc, l’Égypte et l’Inde figurent également sur la liste des prospects. Naval Group se présente en position favorable sur plusieurs de ces dossiers, fort de sa réputation mondiale et de sa gamme complète. Reste qu’en Pologne, c’est le suédois Saab qui a remporté la mise, pas le chantier français.

TKMS et Navantia : une alliance qui change la donne

A warship docked in a serene harbor in Marinette, WI, during a golden sunset.
A warship docked in a serene harbor in Marinette, WI, during a golden sunset. — Photo : Alexander Hamilton / Pexels

L’écart de ventes entre Naval Group et TKMS s’explique autant par la taille du marché européen que par les stratégies d’alliances. TKMS vient d’annoncer un rapprochement avec l’espagnol Navantia, ancien partenaire de Naval Group dans les années 1990-2000. Les deux sociétés visent une officialisation rapide de cette alliance, sous réserve des autorités de la concurrence.

L’objectif affiché : proposer une offre complète sur le plan commercial, technologique et industriel. Cette coalition germano-espagnole intervient alors que TKMS avait déjà envisagé un rapprochement avec l’italien Fincantieri en 2025. Elle renforce la pression sur Naval Group, seul acteur français capable de construire des sous-marins nucléaires, mais dont le volume d’export reste trois fois inférieur à celui de son principal concurrent européen.

Le nucléaire, atout introuvable ailleurs

Naval Group peut compter sur un atout que TKMS ne possède pas : la maîtrise de la propulsion nucléaire. Les États-Unis, la Grande-Bretagne, la Chine et la Russie, autres détenteurs de cette technologie, se tiennent à l’écart de l’export pour diverses raisons, géopolitiques, réglementaires ou stratégiques. Le chantier français reste donc l’un des rares au monde à pouvoir décliner un sous-marin nucléaire en version conventionnelle, tout en capitalisant sur les retours d’expérience des constructions indigènes.

Cette sophistication a un coût. Le BlackSword Barracuda se situe dans le haut du spectre tarifaire, là où TKMS propose des produits standardisés, fiables et éprouvés, à des prix plus accessibles. Le Scorpène comble en partie cet écart, mais n’offre pas la même profondeur de capacités que le Barracuda. Naval Group joue donc sur deux tableaux : volume avec le Scorpène, valeur ajoutée avec le Barracuda. TKMS, lui, mise sur la série et les partenariats.

Naval Group face à TKMS : les chiffres d'export

  • TKMS a vendu plus de 50 sous-marins depuis 2000, Naval Group 19
  • Naval Group aligne deux modèles : Scorpène (compact) et BlackSword Barracuda (dérivé du nucléaire)
  • TKMS a remporté le contrat canadien de 12 sous-marins le 7 juillet 2026
  • Naval Group a remporté le marché néerlandais (4 unités) confirmé en juillet 2024
  • TKMS et Navantia (Espagne) s'allient face à Naval Group
  • Deux duels en cours : Grèce (4 unités) et Argentine (3 unités)
Hélène Vasseur
Hélène Vasseur
Correspondante défense & militaire Hélène couvre l'industrie de défense et les questions militaires. Contrats export, programmes d'armement, budgets : elle décrypte un secteur où l'industriel et le politique sont indissociables, en s'en tenant aux faits. Naval Group, Dassault, Thales, MBDA, KNDS, elle en connaît les dossiers.

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