Entre le 3 et le 22 juillet, les températures ont grimpé. Et avec elles, le nombre de décès. Santé publique France a publié mercredi 19 août une synthèse qui confirme ce que beaucoup redoutaient : la canicule a tué. En France, 1 243 personnes de plus que la normale sont mortes durant ces vingt jours, soit une hausse de 9,2% par rapport aux décès attendus. Un chiffre qui rappelle, sans l’atteindre, l’été meurtrier de 2003.
En Normandie, l’excès de mortalité concerne 56 décès. Un bilan moins lourd qu’ailleurs, mais qui pèse tout de même sur les familles et les services de santé de la région. La répartition entre les cinq départements montre des disparités importantes, signe que la chaleur n’a pas frappé partout avec la même intensité.
La Manche sort particulièrement touchée. Sur les 56 décès en excès enregistrés en Normandie, 54 concernent ce seul département, selon les données de Santé publique France. Une surmortalité qui atteint 28% par rapport à la normale, principalement chez les personnes de plus de 75 ans. Un chiffre qui surprend, tant la Manche bénéficie habituellement d’un climat plus clément que l’intérieur des terres.
L’influence maritime, un bouclier relatif
Pourtant, comparée au reste de la région, la Manche s’en tire mieux que l’Eure ou la Seine-Maritime[1]. L’influence de la mer, qui limite généralement les températures extrêmes sur le littoral, a joué son rôle. Les maximales y sont restées inférieures à celles des grandes agglomérations ou de l’intérieur du pays. Dans la Manche, la surmortalité sur la période a été de 25 à 50%. Seul le Calvados affiche un niveau plus faible, entre 10 et 25%, en Normandie[3].
Cet épisode de juillet s’inscrit dans un été marqué par des vagues de chaleur répétées. Déjà en juin, une première canicule avait frappé la région. Entre le 17 juin et le 2 juillet, 1 318 décès avaient été enregistrés en Normandie, soit 47,8% de plus que la normale. L’Eure avait été le plus touché, avec une hausse de 75%, suivie de la Seine-Maritime et de l’Orne, entre 50 et 75%.
Les urgences normandes également sollicitées
Au-delà des décès, les services d’urgence ont été fortement mobilisés[2]. Coups de chaleur, déshydratations : entre le 1er juin et le 15 septembre 2022 (les chiffres 2026 n’ont pas encore été consolidés), les urgences normandes avaient enregistré 1 019 passages liés à la chaleur, dont 626 suivis d’une hospitalisation, auxquels s’ajoutaient 186 actes de soins effectués par SOS Médecins. Des chiffres qui donnent une idée de la pression exercée sur le système de santé durant ces épisodes.
Santé publique France rappelle toutefois que ces estimations de surmortalité s’appuient sur une comparaison entre les décès observés et les décès attendus en l’absence de canicule. Elles ne peuvent pas être directement attribuées à la seule chaleur : d’autres facteurs, comme la Covid-19, peuvent également jouer. Mais la concordance avec les pics de température ne laisse guère de doute sur le lien entre canicule et surmortalité.
En Normandie comme ailleurs, l’été 2026 aura été un rappel : la chaleur tue. Et dans un contexte de réchauffement climatique, ces épisodes risquent de se multiplier. Les populations les plus fragiles, les personnes âgées en tête, restent les premières victimes. Un enjeu de santé publique que les collectivités et les services de l’État devront intégrer dans leurs politiques d’adaptation.
Sources
3 sources · 3 faits vérifiés

