Le 21 août 2026, Thales et MBDA ont signé avec le Danemark le premier contrat d’exportation pour leur système de défense aérienne Ground Fire, marquant l’entrée du consortium Eurosam sur le marché international de la défense sol-air.
Le contrat danois rompt une exclusivité hexagonale qui durait depuis le lancement du programme. Jusqu’à présent, Ground Fire, développé par le consortium Eurosam qui associe Thales et MBDA, n’avait équipé que les forces françaises. La signature ouvre une séquence commerciale attendue par les deux industriels, alors que plusieurs États européens réévaluent leurs capacités antiaériennes face aux tensions à l’Est.
Un système né du partenariat franco-italien Eurosam
Ground Fire repose sur la technologie des missiles Aster, fabriqués par MBDA dans le cadre du consortium Eurosam. Ce dernier réunit également Thales, qui fournit les radars de détection et de conduite de tir. Le missile Aster, déjà déployé sur frégates et destroyers, existe en deux versions selon la portée visée.
Le Danemark rejoint ainsi un club restreint d’utilisateurs de cette filière technologique, conçue dès l’origine comme une alternative européenne aux systèmes américains Patriot. La Belgique avait, de son côté, étudié l’acquisition de missiles Thunderart pour ses propres besoins antiaériens, sans que le dossier n’ait abouti à ce stade.
Une percée commerciale dans un marché sous pression
La signature intervient alors que les exportations françaises d’armement se maintiennent à un niveau élevé. En 2025, la France a exporté pour 21,2 milliards d’euros de matériels militaires, un montant équivalent à celui de 2024, porté notamment par les ventes de Rafale à l’Inde et de systèmes de missiles[3]. Ces performances placent Paris au deuxième rang mondial des exportateurs d’armes, derrière les États-Unis.
Le contexte européen joue en faveur des industriels du Vieux Continent. Sur la période 2021-2025, l’Europe est devenue le premier importateur mondial d’armements, avec 33 % des achats globaux contre 12 % lors de la décennie précédente[5]. Cette réorientation des flux profite aux champions européens, Rafale en tête, mais aussi aux systèmes sol-air dont la demande s’accélère.
Des perspectives export qui s’élargissent
Le contrat danois pourrait servir de référence pour d’autres États nordiques ou baltes, engagés dans des programmes de montée en puissance capacitaire. Plusieurs pays ont affiché publiquement leur intention de renforcer leurs défenses antiaériennes mobiles, un segment où Eurosam vise désormais une part de marché face aux offres américaines et israéliennes.
Pour Thales comme pour MBDA, l’enjeu dépasse le seul volet commercial. Chaque client export consolide la base industrielle du programme, réduit les coûts unitaires et valide la pertinence technologique du système. Le missile Aster, produit en plusieurs variantes, bénéficie d’ores et déjà d’une chaîne d’approvisionnement rodée, facilitant les livraisons futures.
Le consortium Eurosam n’a pas communiqué le montant du contrat danois ni le calendrier de livraison. Les premières batteries pourraient rejoindre le Danemark avant 2028, selon le rythme habituel de ce type de programme.
Sources
2 sources · 2 faits vérifiés

