La Coalition des volontaires pour l’Ukraine se réunit ce lundi 24 août à Kiev, jour du 35ᵉ anniversaire de l’indépendance du pays, pour répondre à l’urgence antiaérienne ukrainienne.
La rencontre rassemble les principaux soutiens européens de Kiev dans un format hybride : Andy Burnham, premier ministre britannique, et Antonio Costa, président du Conseil européen, sont sur place aux côtés de Volodymyr Zelensky. Emmanuel Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz, qui coprésidents avec Burnham, participent à distance. C’est le premier déplacement international de Burnham depuis sa prise de fonction à Downing Street.
L’objectif affiché : obtenir des équipements de défense antiaérienne supplémentaires et intensifier la pression diplomatique sur Moscou. Une demande portée par l’Ukraine depuis des mois, alors que les frappes russes causent des pertes civiles record et que les livraisons de systèmes avancés marquent le pas.
Un stock de missiles Patriot en chute libre
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Volodymyr Zelensky a mis les chiffres sur la table. Selon lui, l’Ukraine a reçu 364 missiles Patriot en 2025. Pour 2026, les prévisions tombent à 264 unités, soit une baisse de près de moitié. Kiev réclame au minimum 300 missiles pour passer l’hiver, période traditionnellement marquée par une intensification des bombardements russes sur les infrastructures énergétiques.
Ces missiles américains restent l’une des seules réponses efficaces aux salves de missiles balistiques que Moscou tire par dizaines. Les armes de fabrication ukrainienne ne permettent pas d’intercepter ce type de menace. Or les stocks américains ont fondu : la guerre au Moyen-Orient mobilise une partie des capacités de production, et Washington se montre réticent à livrer des volumes importants à Kiev.
| Année | Missiles reçus |
|---|---|
| 2025 | 364 |
| 2026 (prévisions) | 264 |
| Demande ukrainienne (hiver 2026) | 300 minimum |
Source : Noovo Info
Face à cette pénurie, Emmanuel Macron a annoncé samedi l’envoi de nouveaux missiles intercepteurs à l’Ukraine[1]. Le président français n’a pas précisé le type ni le volume, mais la promesse intervient dans un contexte où la France cherche à consolider son rôle au sein de la Coalition des volontaires, formalisée à Paris en juillet dernier.
Moscou produit 100 missiles balistiques par mois

Zelensky l’a rappelé lors de ses déclarations précédant la réunion : la Russie est capable de produire environ 100 missiles balistiques par mois[2]. Une cadence industrielle qui alimente un pilonnage quasi quotidien des villes ukrainiennes, notamment Kiev, Kharkiv et Dnipro. Ces dernières semaines, des immeubles d’habitation ont été éventrés, faisant des dizaines de morts civils.
L’attaque contre un centre commercial à Kryvy Rih, dans le sud de l’Ukraine, a tué 16 personnes. Selon le chef de l’administration militaire locale, Oleksandr Vilkoul, la Russie a frappé avec un premier drone, puis un deuxième peu après, visant probablement les secours. La frappe a touché le plus grand complexe commercial de la ville.
Pourquoi la défense antiaérienne ukrainienne vacille
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L’Ukraine a intensifié ses propres frappes de longue portée contre les infrastructures russes. Quatre entrepôts d’Ozon, géant russe de la vente en ligne, ont été attaqués par des drones ukrainiens dans le sud du pays, a confirmé lundi l’entreprise. Un incendie s’est déclaré dans l’un des sites, à Krasnodar, sans victime parmi le personnel évacué.
Mais la frappe a fait deux morts civils. Selon le gouverneur de la région de Krasnodar, des débris de drones sont tombés sur un centre d’accueil pour enfants, tuant deux mineurs. Kiev cible méthodiquement les raffineries de pétrole, les dépôts de carburant et les centres logistiques russes depuis plusieurs mois, cherchant à tarir les flux qui alimentent l’effort de guerre de Moscou.
Une Coalition formalisée en juillet, mise à l’épreuve en août

La Coalition des volontaires pour l’Ukraine a tenu son premier sommet à Paris le 13 juillet 2026, avec le lancement d’une « coalition antibalistique » dédiée à la défense aérienne. La réunion de ce lundi à Kiev s’inscrit dans cette continuité. Les dirigeants européens doivent également aborder la question des garanties de sécurité à long terme pour l’Ukraine, dans la perspective d’une « paix juste, robuste et durable », selon les termes de la déclaration de Paris signée le 6 janvier 2026[3].
Le défilé du 14 juillet, qui a mis à l’honneur les pays de la Coalition sur les Champs-Élysées, avait marqué symboliquement l’unité du soutien européen face à Moscou. Mais trois semaines plus tard, l’urgence opérationnelle reprend ses droits : sans systèmes de défense antiaérienne en nombre suffisant, l’Ukraine reste vulnérable aux campagnes de bombardement russe, particulièrement lors des mois d’hiver où les centrales électriques et les réseaux de chauffage urbain deviennent des cibles privilégiées.
La réunion de ce lundi doit donner des réponses concrètes. Les déclarations d’intention ne suffisent plus : Kiev attend des livraisons rapides, chiffrées, et un calendrier précis. La prochaine séquence hivernale se jouera dans les prochaines semaines, entre les capacités de production occidentales et les stocks disponibles.
Coalition pour l'Ukraine : les faits du 24 août 2026
- Réunion de la Coalition des volontaires le 24 août 2026 à Kiev, coprésidée par France, Allemagne et Royaume-Uni
- Zelensky alerte : 264 missiles Patriot prévus pour 2026, contre 364 en 2025, soit une chute de près de moitié
- La France annonce samedi l'envoi de nouveaux missiles intercepteurs, sans préciser le volume
- La Russie produit environ 100 missiles balistiques par mois, selon le président ukrainien
- Quatre entrepôts Ozon attaqués par des drones ukrainiens en Russie, deux enfants tués par des débris à Krasnodar
- 16 morts dans l'attaque russe contre un centre commercial à Kryvy Rih
Sources
3 sources · 3 faits vérifiés

