Pas de présentateur, pas de scénario, pas de commentaire. Juste une forêt, dix caméras et le souffle des grands mâles qui se répondent d’une clairière à l’autre. À partir du lundi 7 septembre 2026, France Télévisions relance Le brame du cerf, sa slow TV diffusée en direct 24 heures sur 24 sur france.tv et sur ICI Paris Île-de-France. Une immersion pour vivre l’automne au rythme d’un écosystème, depuis son canapé, sans déranger un seul animal.
Le lancement était d’abord prévu pour le 15 septembre. France Télévisions l’a avancé au 7, en invoquant les conditions météorologiques de l’année, marquées par de fortes chaleurs et la sécheresse, susceptibles de bousculer le calendrier naturel du rut. Le groupe reste prudent : impossible de prédire précisément quand les premiers brames retentiront. C’est justement l’esprit du programme, laisser la nature dicter le tempo.
Dix caméras, des images nocturnes et un lieu tenu secret
Un an après une première édition remarquée, le réalisateur Nicolas Sallé a musclé le dispositif. On passe de sept à dix caméras, certaines infrarouges, d’autres calées sur une forte sensibilité ISO pour filmer aussi la nuit, quand les animaux sont les plus actifs. Le territoire couvert est élargi, la qualité d’image annoncée comme supérieure à celle de 2025, et la prise de son améliorée.
Le tournage se déroule dans le massif de Rambouillet, en Île-de-France, dans un cadre volontairement gardé secret pour ne pas perturber la faune. « On est toujours dans les Yvelines, mais dans un cadre sauvage. Il n’y a pas d’enclos. On va essayer d’observer des individus libres et sauvages », précise Nicolas Sallé. Quatre places de brame ont été équipées, « assez différentes les unes des autres », sans oublier les points d’eau : « Il va faire assez chaud sur ce mois de septembre. Nous allons essayer d’observer les animaux qui viennent boire, se rafraîchir, voire se baigner. »
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Le cerf est la vedette de la saison, mais loin d’être seul à l’écran. « On peut espérer observer le brame avant tout, et puis tout un tas d’autres espèces inféodées aux différents milieux du secteur : de la forêt, mais aussi des mares, des marécages ou des plaines plus ouvertes », détaille le réalisateur. Sangliers, chevreuils, renards, rapaces, biches, hérons peuvent surgir à tout instant. Et parfois, pendant de longues minutes, il ne se passe rien. C’est le contrat de la slow TV : montrer la forêt telle qu’elle est.
YouTube, TikTok, WhatsApp : le direct se prolonge partout
Autour du flux permanent de france.tv, France Télévisions déploie plusieurs rendez-vous. Du lundi au vendredi, 26 minutes d’images commentées sont programmées sur ICI Paris Île-de-France, pour revenir sur les moments forts de la journée. Un direct YouTube est annoncé chaque jour de 17 h à 22 h, avec chat et modération, et un direct TikTok quotidien d’environ une heure en fin de journée est prévu, l’horaire exact restant à confirmer. Un canal WhatsApp doit enfin diffuser alertes et instants marquants.
Cette saison 2 fait suite à une première expérience lancée en septembre 2025. France Télévisions avait alors installé sept caméras dans l’Espace Rambouillet pour réaliser ce qui était présenté comme le plus long direct animalier organisé en France, 504 heures de diffusion. Le succès a suffi pour prolonger le concept.
Dans les Pyrénées, le brame se vit sur le terrain
Attention à ne pas confondre : le direct de France Télévisions est tourné à Rambouillet, pas dans les Pyrénées. Mais le phénomène, lui, résonne aussi chaque automne dans les massifs du Sud, où plusieurs sorties encadrées sont programmées entre la deuxième quinzaine de septembre et la mi-octobre 2026.
En Barousse, dans les Hautes-Pyrénées, l’office de tourisme Neste-Barousse organise des séjours autour du brame, avec des dates publiées les 18 et 19 septembre, les 26 et 27 septembre, ainsi que les 2 et 3 octobre. Sa formule « Instant Brame » prévoit un départ avec accompagnateur vers 16 h 30 et un retour vers 20 h 30. Tourisme Occitanie donne une fenêtre générale du 18 septembre au 4 octobre à Mauléon-Barousse, sur réservation uniquement.
Dans les Vallées de Gavarnie et autour du Hautacam, la sortie « Brame du cerf au coucher de soleil » est programmée du 19 septembre au 18 octobre, environ quatre heures de marche pour seulement 100 mètres de dénivelé, le samedi et le dimanche de 16 h à 20 h, à 30 euros pour un adulte et 20 euros pour un enfant de moins de 12 ans, avec observation à distance grâce à du matériel de digiscopie. La LPO propose de son côté une sortie gratuite le samedi 26 septembre dans la vallée de Lesponne, sur réservation. En Ariège enfin, le Parc naturel régional programme une « nuit perchée et brame du cerf » à Alzen, annoncée à 80 euros, avec installation en nid-hamac, initiation à la grimpe d’arbres et repas partagé.
La période traditionnelle du brame court généralement de la mi-septembre à la mi-octobre, mais son début et son intensité dépendent de la météo et de la région. Certaines observations laissent penser à un démarrage précoce en 2026 après un été très chaud, sans que cela constitue un calendrier valable pour toute la France.
Sur le terrain comme devant l’écran, une règle vaut pour tous : observer sans déranger. Les sorties encadrées privilégient l’écoute et l’observation à grande distance. Le rut représente une dépense énergétique considérable pour les mâles, et une approche trop près des places de brame, surtout à la tombée de la nuit, suffit à perturber les hardes. La caméra, elle, a l’avantage de ne jamais faire fuir personne.

