Deux dates sont à surveiller par les retraités du privé : depuis le 1er septembre 2026, le nouveau taux de prélèvement à la source peut modifier la pension nette versée. Puis, au 1er novembre 2026, la valeur du point Agirc-Arrco pourrait évoluer, mais aucune hausse n’est encore officiellement fixée.
Pour les quelque 14 millions de retraités percevant une pension complémentaire Agirc-Arrco, l’automne 2026 peut donc entraîner des changements visibles sur les virements. Ils n’auront toutefois pas tous la même origine.
Une variation constatée depuis septembre peut simplement provenir de l’impôt sur le revenu. Une éventuelle augmentation de novembre dépendra, elle, de la décision des partenaires sociaux qui pilotent le régime.
Depuis le 1er septembre 2026, la pension nette peut avoir changé
L’Agirc-Arrco a confirmé le 31 août que les nouveaux taux de prélèvement à la source transmis par l’administration fiscale sont appliqués aux retraites complémentaires à compter du 1er septembre 2026.
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Cette actualisation intervient après le traitement de la déclaration de revenus effectuée au printemps. Selon la situation fiscale du retraité, elle peut provoquer une baisse, une hausse ou une stabilité de la somme effectivement reçue sur le compte bancaire.
Il ne faut donc pas automatiquement interpréter une baisse du virement de septembre comme une diminution de la retraite Agirc-Arrco. Le montant brut de la pension et le nombre de points peuvent rester identiques alors que le montant net change en raison du nouveau taux d’imposition.
Le retraité peut vérifier le taux appliqué et le détail de son versement sur son attestation de paiement, accessible depuis son espace personnel Agirc-Arrco.
La prochaine date importante sera le 1er novembre 2026
La question la plus attendue concerne désormais la revalorisation annuelle des retraites complémentaires. Les pensions Agirc-Arrco sont traditionnellement susceptibles d’être revalorisées au 1er novembre, selon les règles de pilotage du régime et les décisions prises par les partenaires sociaux.
À ce jour, aucun taux définitif de revalorisation pour le 1er novembre 2026 n’est officiellement fixé. Il serait donc prématuré d’annoncer aux retraités une augmentation précise de leur pension.
Le niveau de l’inflation constitue un élément important des discussions, mais la décision finale dépend du cadre défini par l’accord national interprofessionnel et du pilotage financier effectué par les organisations syndicales et patronales.
En 2025, les pensions n’avaient finalement pas augmenté
Le précédent de 2025 invite justement à la prudence. Le conseil d’administration de l’Agirc-Arrco s’était réuni le 17 octobre 2025 afin de déterminer le niveau de revalorisation applicable en novembre.
Faute d’accord entre les représentants patronaux et syndicaux, aucune revalorisation n’avait été appliquée au 1er novembre 2025. La valeur de service du point est ainsi restée à 1,4386 euro.
La valeur d’achat du point n’a pas non plus été modifiée au 1er janvier 2026. Une augmentation en novembre 2026 ne doit donc pas être présentée comme acquise tant que la décision officielle du conseil d’administration n’est pas connue.
Une hausse de 2 % en 2027 n’est pas confirmée
Des estimations concernant une augmentation d’environ 2 % en 2027 peuvent circuler. Elles ne constituent toutefois pas une décision officielle de l’Agirc-Arrco.
Il n’existe donc pas, à ce stade, de taux de revalorisation de 2 % officiellement garanti pour 2027. Le montant applicable dépendra des règles de pilotage et des décisions futures des partenaires sociaux. Pour les retraités, mieux vaut ne pas intégrer une telle hausse dans leur budget tant qu’elle n’a pas été actée.
91,2 milliards d’euros de réserves à la fin de 2025
La situation financière du régime constitue néanmoins un élément majeur du débat. Les chiffres officiels publiés par l’Agirc-Arrco le 31 mars 2026 confirment que ses réserves disponibles atteignaient 91,2 milliards d’euros en valeur de marché au 31 décembre 2025.
Ce chiffre est bien officiel. Ces réserves représentaient environ 2,5 % des quelque 3 500 milliards d’euros de droits futurs calculés sur les quarante prochaines années. Elles servent d’amortisseur lorsque les ressources et les dépenses du régime évoluent défavorablement.
L’existence de ces réserves ne signifie donc pas que 91,2 milliards d’euros seraient immédiatement disponibles pour augmenter les pensions. Elles participent au pilotage à long terme d’un régime fonctionnant par répartition et doivent notamment permettre d’absorber les variations économiques et démographiques sans recourir à l’endettement.
L’Agirc-Arrco a dégagé 1,4 milliard d’euros en 2025
Les comptes publiés au printemps 2026 montrent également un régime à l’équilibre. L’Agirc-Arrco a enregistré en 2025 un résultat global positif de 1,4 milliard d’euros.
Dans le détail, 300 millions d’euros provenaient du résultat technique, c’est-à-dire principalement de l’écart entre les ressources issues des cotisations et les dépenses de retraite. Environ 1,1 milliard d’euros provenaient du résultat financier.
Les ressources ont progressé de 1,9 % en 2025 tandis que les dépenses augmentaient de 3,1 %. Cette progression plus rapide des dépenses s’explique notamment par la hausse du nombre de retraités et par les effets de la revalorisation appliquée en novembre 2024.
Au total, les prestations payées par l’Agirc-Arrco ont représenté environ 100,7 milliards d’euros en 2025, selon les données publiées par le régime.
Combien représente la complémentaire dans la retraite des salariés du privé ?
Fin 2024, l’Agirc-Arrco comptabilisait près de 13,9 millions de retraités. Pour les retraités de droit direct, la pension mensuelle moyenne tous régimes atteignait 1 760 euros.
La seule pension Agirc-Arrco représentait en moyenne 552 euros par mois, soit environ un tiers de la retraite totale. Une revalorisation même limitée peut donc avoir un effet concret, mais très variable selon le nombre de points détenus par chaque assuré.
Le calcul repose en effet sur un principe simple : les points acquis durant la carrière sont multipliés par la valeur de service du point. Une évolution de cette valeur se répercute donc sur le montant brut de la retraite complémentaire.
Actifs et futurs retraités sont également concernés par les évolutions du régime
L’Agirc-Arrco ne concerne pas uniquement les personnes déjà à la retraite. Environ 28 millions de salariés cotisent au régime afin de constituer leurs futurs droits, tandis que 1,8 million d’entreprises y adhèrent.
Les règles de départ évoluent également en 2026 dans le contexte des modifications apportées à la réforme des retraites. L’Agirc-Arrco précise que la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a ralenti la progression de l’âge légal et de la durée d’assurance pour certaines générations nées entre 1964 et 1968 et partant après le 1er septembre 2026.
Pour bénéficier de la retraite complémentaire sans abattement définitif, les conditions d’âge et de durée d’assurance du régime de base restent déterminantes. La situation doit donc être examinée selon l’année de naissance et la carrière de chaque assuré.
Ce que les retraités doivent vérifier maintenant
Pour les personnes déjà retraitées, aucune démarche particulière n’est nécessaire pour l’application du nouveau prélèvement à la source : le taux transmis par l’administration fiscale est automatiquement pris en compte par la caisse.
En revanche, une personne constatant une différence sur son virement de septembre a intérêt à consulter son attestation de paiement afin de distinguer une modification fiscale d’une évolution de ses droits.
Quant à la revalorisation du 1er novembre 2026, il faudra attendre la décision officielle de l’Agirc-Arrco avant de connaître son éventuel impact en euros. Les 91,2 milliards d’euros de réserves et le résultat positif de 2025 témoignent de la situation financière du régime, mais ils ne permettent pas, à eux seuls, de prévoir le taux qui sera finalement retenu.

