Des robots terrestres largués depuis les airs, envoyés sur des itinéraires minés ou placés en tête des assauts : l’offensive ukrainienne Vivaldi, dans le nord de la région de Donetsk, illustre une intégration croissante des machines dans les opérations terrestres.
Les informations publiées ces derniers jours par le 3e corps d’armée ukrainien décrivent des usages qui vont bien au-delà du drone aérien devenu omniprésent depuis le début de l’invasion russe à grande échelle en 2022. Ces affirmations militaires restent difficiles à vérifier indépendamment dans leur totalité, mais les gains territoriaux annoncés autour de Lyman ont également été documentés par des observateurs indépendants du conflit.
- L'Ukraine utilise des robots terrestres largués par drones à plus de 10 km derrière les lignes russes.
- Des engins télécommandés ont déminé 30 km de routes en deux nuits sans pertes humaines.
- L'offensive Vivaldi a repris 125 km² en intégrant machines et soldats dans les opérations terrestres.
Des robots transportés à plus de 10 km derrière les lignes russes
Le 21 septembre 2026, le 3e corps d’armée ukrainien a annoncé avoir utilisé de lourds drones aériens pour transporter des robots terrestres explosifs à plus de 10 km derrière les positions russes. L’objectif est notamment de franchir par les airs des obstacles ou des zones où un petit véhicule terrestre télécommandé aurait des difficultés à progresser.
Le commandement ukrainien présente cette opération comme une première mondiale en situation de combat. Cette qualification doit toutefois être considérée comme une affirmation de l’armée ukrainienne : il n’existe pas de registre indépendant permettant d’établir avec certitude qu’aucune opération comparable n’avait auparavant été menée ailleurs.
Cette méthode répond à un principe plus large : exposer les machines avant les soldats dans les secteurs les plus dangereux. Reconnaissance, transport de matériel, évacuation, attaque et désormais franchissement par voie aérienne font partie des missions confiées à ces systèmes sans équipage.
exposer les machines avant les soldats dans les secteurs les plus dangereux
30 km de routes traitées par des engins télécommandés

Le déminage constitue l’autre utilisation particulièrement concrète observée pendant l’opération Vivaldi. Dans le secteur de Shandryholove, le 3e corps affirme que ses systèmes terrestres robotisés ont traité 30 km d’itinéraires en deux nuits, afin de permettre la progression des forces ukrainiennes.
D’après le commandement ukrainien, deux compagnies de sapeurs auraient eu besoin d’environ une semaine pour accomplir cette mission et aucun démineur n’a été tué ou blessé pendant l’opération robotisée. Ces données proviennent des forces ukrainiennes et ne peuvent pas toutes être contrôlées de manière indépendante dans les conditions actuelles du conflit.
La robotisation ne se limite d’ailleurs pas au retrait des mines. Le 3e corps a également annoncé le 23 septembre avoir employé des véhicules terrestres télécommandés pour installer des obstacles minés destinés à perturber la logistique adverse.
L’opération Vivaldi a repris au moins 125 km² selon l’Ukraine
L’utilisation de ces machines s’inscrit dans une offensive plus vaste baptisée Vivaldi. Le 15 septembre, son commandant, le général Andrii Biletskyi, avait annoncé 75 km² débarrassés de groupes russes infiltrés et 10 km² de territoire repris. Quelques jours plus tard, le corps a revendiqué 40 km² supplémentaires, portant à 125 km² la superficie repassée sous contrôle ukrainien ou nettoyée d’unités russes au cours des deux premières phases.
L’Institute for the Study of War a confirmé l’existence de la contre-offensive et estimé que les avancées ukrainiennes au nord de Lyman avaient perturbé le projet russe de large encerclement des principales villes fortifiées encore contrôlées par l’Ukraine dans le Donbass. L’étendue précise du contrôle territorial reste néanmoins susceptible d’évoluer rapidement.
Pourquoi cette évolution intéresse directement l’armée française

La France tire elle aussi les enseignements de cette transformation du champ de bataille. Le ministère des Armées estime que la guerre en Ukraine a accéléré l’emploi de l’intelligence artificielle, des drones et de la robotisation. L’armée de Terre travaille notamment sur le projet Pendragon consacré à la robotisation du combat terrestre.
La Direction générale de l’armement souligne également que les futurs moyens aéroterrestres doivent intégrer davantage de drones, de robotique et de guerre électronique. En septembre, le ministère a par ailleurs rappelé que la coopération franco-ukrainienne porte notamment sur les drones et l’innovation de défense.
L’intérêt de l’expérience ukrainienne dépasse donc le seul résultat d’une bataille : elle montre comment drones aériens, robots terrestres, guerre électronique et soldats peuvent désormais être combinés dans une même manœuvre. Pour les armées européennes, l’enjeu est désormais de déterminer quelles pratiques observées en Ukraine peuvent être transposées à leurs propres forces sans tirer de conclusions définitives d’un conflit toujours en cours.
Questions fréquentes
Comment les robots ukrainiens franchissent-ils les zones minées ?
L’Ukraine utilise de lourds drones aériens pour transporter des robots terrestres explosifs à plus de 10 km derrière les positions russes, afin de franchir par les airs les obstacles où un véhicule terrestre télécommandé aurait des difficultés à progresser.
Quel gain de temps représente la robotisation du déminage ?
Selon le 3e corps ukrainien, ses systèmes robotisés ont traité 30 km d’itinéraires en deux nuits dans le secteur de Shandryholove, tandis que deux compagnies de sapeurs auraient eu besoin d’environ une semaine pour accomplir la même mission.
Pourquoi la France s'intéresse-t-elle à ces opérations ukrainiennes ?
Le ministère des Armées estime que la guerre en Ukraine a accéléré l’emploi de l’intelligence artificielle, des drones et de la robotisation. L’armée de Terre travaille notamment sur le projet Pendragon consacré à la robotisation du combat terrestre.

