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Agriculture : un nouveau test du phosphore des sols pourrait mieux éclairer le rôle des microbes

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Des chercheurs ont simplifié une méthode de laboratoire destinée à mesurer le phosphore lié à l’ADN dans les sols. Testée sur 32 sols britanniques, elle pourrait aider à mieux étudier la part biologiquement active du phosphore, mais ne modifie à ce stade aucune pratique ou réglementation agricole en France.

L’étude, publiée en 2026 dans le Journal of Agricultural and Marine Sciences, porte sur le « DNA-P », c’est-à-dire le phosphore contenu dans l’ADN présent dans le sol. L’enjeu est scientifique : mieux distinguer le phosphore associé à l’activité biologique de celui présent sous des formes plus stables, afin de mieux comprendre le fonctionnement des sols.

En 30 secondes
  • Des chercheurs ont simplifié une méthode de laboratoire pour mesurer le phosphore lié à l'ADN dans les sols.
  • Cette avancée aide à distinguer le phosphore associé à la vie microbienne de celui sous formes plus stables.
  • Aucune nouvelle pratique ou réglementation agricole n'est modifiée en France suite à cette étude.

Une méthode de laboratoire simplifiée

Les chercheurs ont retravaillé une méthode analytique existante puis l’ont appliquée à 32 types de sols provenant du Royaume-Uni. Ils concluent qu’il est possible de supprimer les traitements enzymatiques prévus dans le protocole initial, ce qui rend l’analyse plus simple et moins coûteuse, tout en conservant sa précision et sa sensibilité. Une étape d’ultrafiltration reste en revanche nécessaire pour séparer le phosphore lié à l’ADN d’autres composés phosphorés.

Les résultats montrent que le phosphore lié à l’ADN ne représente qu’une petite fraction du phosphore organique total des sols étudiés. Sa concentration est cependant associée à plusieurs caractéristiques, notamment le pH, la biomasse microbienne, la matière organique et la concentration de phosphore dans les extraits aqueux. Pour les auteurs, ces relations indiquent que cette mesure renseigne surtout sur la fraction liée aux organismes vivants du sol.

Pourquoi le phosphore des sols intéresse l’agriculture française

Vue aérienne de champs agricoles avec alternance de zones vertes et brunes
Le phosphore disponible dans les sols conditionne la productivité et la santé des cultures agricoles françaises. — Photo : Артем Дворецкий / Pexels

Le phosphore est indispensable à la croissance des plantes. Sa présence totale dans un sol ne suffit toutefois pas à déterminer ce qui sera réellement accessible aux cultures : il existe sous différentes formes et seule une partie est disponible pour les plantes. En France, INRAE rappelle l’importance des engrais minéraux dans la disponibilité du phosphore des sols agricoles et les enjeux liés à une utilisation plus efficace de cette ressource.

Les microorganismes constituent également une composante importante du fonctionnement des sols. Certains contribuent directement à la nutrition des végétaux. INRAE étudie notamment les services rendus par ces microorganismes dans les systèmes agricoles utilisant moins d’intrants.

Ce nouveau test ne change pas les règles de fertilisation en France

Il faut néanmoins distinguer cette avancée méthodologique d’un nouvel outil immédiatement disponible pour piloter la fertilisation d’une exploitation. L’étude évalue une méthode de recherche sur des échantillons britanniques et ne démontre pas qu’elle puisse remplacer les analyses agronomiques utilisées pour déterminer les besoins d’une culture.

Elle n’entraîne donc aucune nouvelle obligation ni nouvelle recommandation officielle en France. Les statistiques françaises suivent déjà les entrées et sorties de phosphore dans les sols agricoles : le ministère de l’Agriculture définit le bilan brut comme la différence entre les apports, notamment les engrais et effluents d’élevage, et les sorties liées principalement aux cultures et fourrages. La méthodologie est présentée par Agreste dans son bilan azote et phosphore.

Ce que cette recherche pourrait apporter

L’intérêt du nouveau protocole est donc, pour l’instant, de fournir aux chercheurs une méthode plus accessible pour étudier le phosphore associé à la vie microbienne. Elle pourrait contribuer à mieux comprendre la façon dont les microorganismes stockent, transforment et remettent cet élément nutritif en circulation.

Pour les agriculteurs français, aucune démarche particulière n’est à effectuer à la suite de cette publication. Il s’agit d’un progrès dans l’analyse scientifique des sols, dont les éventuelles applications agronomiques devront encore être évaluées avant de pouvoir déboucher sur de nouvelles méthodes de diagnostic ou de gestion de la fertilisation.

Questions fréquentes

Pourquoi simplifier cette méthode de mesure du phosphore ?

La méthode simplifiée supprime les traitements enzymatiques du protocole initial, ce qui la rend plus simple et moins coûteuse, tout en conservant sa précision et sa sensibilité.

Cette découverte change-t-elle les obligations de fertilisation des agriculteurs français ?

Non. L’étude évalue une méthode de recherche sur des échantillons britanniques et ne démontre pas qu’elle puisse remplacer les analyses agronomiques utilisées pour déterminer les besoins d’une culture. Elle n’entraîne donc aucune nouvelle obligation ni nouvelle recommandation officielle en France.

Quel est l'intérêt principal de ce nouveau protocole ?

Il fournit aux chercheurs une méthode plus accessible pour étudier le phosphore associé à la vie microbienne, ce qui pourrait contribuer à mieux comprendre comment les microorganismes stockent, transforment et remettent cet élément nutritif en circulation.

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Antoine Rives
Antoine Rives
Antoine Rives scrute tout ce qui pèse ou allège le budget des ménages français. Prix des courses, énergie, carburant, banque, assurances, abonnements, salaires, impôts et taxes : il part toujours d'un fait daté et chiffré pour dire qui est concerné, de combien et ce qu'on peut concrètement faire — économiser, changer, réclamer. Direct et sans jargon, il remet les montants en perspective à partir de sources françaises.