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Constipation dans l’espace : une étude sur 52 astronautes pointe le rôle du transit intestinal ralenti

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Une étude menée sur 52 astronautes ayant séjourné à bord de la Station spatiale internationale met en évidence des changements métaboliques compatibles avec une fermentation accrue des protéines par le microbiote intestinal. Un transit plus lent en micropesanteur pourrait contribuer au phénomène.

Publiés le 29 juin 2026 dans la revue Nature Communications, ces travaux associent des chercheurs de l’Université de Copenhague et de la NASA. Ils apportent une piste pour comprendre les troubles digestifs rencontrés pendant les vols spatiaux, mais ne démontrent pas que la micropesanteur est à elle seule responsable de la constipation.

En 30 secondes
  • 52 astronautes montrent des changements métaboliques compatibles avec une fermentation accrue des protéines.
  • Un transit intestinal ralenti en micropesanteur pourrait expliquer les troubles digestifs en orbite.
  • Les fibres et prébiotiques sont testés comme stratégies nutritionnelles pour les futures missions longues.

Des prises de sang réalisées avant, pendant et après les missions

Les chercheurs ont étudié le métabolome plasmatique de 52 astronautes, c’est-à-dire l’ensemble des petites molécules détectables dans leur plasma sanguin. Les prélèvements provenaient de trois études conduites autour de missions à bord de la Station spatiale internationale et avaient été effectués avant, pendant et après le séjour dans l’espace.

L’analyse a identifié des modifications touchant environ 40 composés circulants. Certaines apparaissaient peu après le départ et s’atténuaient dans les jours suivant le retour sur Terre. Les signatures observées étaient compatibles avec une augmentation de la fermentation des protéines par les bactéries intestinales.

Cette interprétation repose donc sur des métabolites présents dans le sang : l’étude ne constitue pas une mesure directe du transit intestinal de chacun des astronautes. Les auteurs avancent comme explication possible un ralentissement du passage des aliments dans l’intestin sous l’effet de la micropesanteur.

L'analyse a identifié des modifications touchant environ 40 composés circulants.

Pourquoi un transit plus lent peut modifier l’activité du microbiote

Illustration du microbiote intestinal humain avec bactéries
Le ralentissement du transit intestinal modifie l'équilibre et l'activité de la flore bactérienne. — Photo : Monstera Production / Pexels

Lorsque le contenu intestinal séjourne plus longtemps dans le tube digestif, les bactéries disposent de davantage de temps pour transformer les substrats disponibles. Les chercheurs estiment que cette situation pourrait favoriser la fermentation des protéines, notamment lorsque les glucides fermentescibles deviennent moins disponibles.

Le rôle du microbiote dans la transformation des aliments est bien documenté. En France, l’Inserm rappelle le rôle du microbiote intestinal dans la digestion et la fermentation des résidus alimentaires. L’Assurance Maladie explique également que, lors d’une constipation, les résidus restent plus longtemps dans le côlon.

Les fibres étudiées comme piste pour les missions longues

Les auteurs suggèrent que des stratégies alimentaires favorisant la fermentation des glucides plutôt que celle des protéines pourraient être étudiées pour préserver la santé digestive lors de futurs vols de longue durée. L’augmentation des fibres ou le recours à certains prébiotiques font partie des pistes évoquées, mais l’étude ne démontre pas qu’un traitement précis prévient la constipation des astronautes.

Sur Terre, les fibres ont déjà un rôle reconnu dans le fonctionnement intestinal. L’Assurance Maladie indique qu’elles peuvent augmenter la fréquence des selles et améliorer leur consistance et recommande, pour la population générale adulte, entre 25 et 40 grammes de fibres par jour. Cette recommandation française destinée à la population générale ne constitue toutefois pas un protocole applicable aux astronautes.

Une piste solide, mais pas encore une preuve de causalité

L’intérêt de ces travaux tient notamment au suivi longitudinal des mêmes personnes avant, pendant et après leur mission. Les chercheurs ont observé un signal métabolique cohérent malgré des astronautes issus de missions différentes.

La conclusion doit néanmoins rester mesurée : les résultats montrent une association entre le vol spatial et des marqueurs sanguins compatibles avec une fermentation protéique accrue du microbiote. Le ralentissement du transit lié à la micropesanteur reste une explication proposée par les chercheurs, et non une cause directement démontrée. Ces résultats fournissent surtout une base pour tester des mesures nutritionnelles ou médicales lors de futures missions spatiales de longue durée.

Questions fréquentes

Comment les chercheurs ont-ils mesuré le transit intestinal des astronautes ?

Ils n’ont pas mesuré directement le transit intestinal. L’étude s’appuie sur l’analyse du métabolome plasmatique (petites molécules dans le sang) prélevé avant, pendant et après les missions, qui montre des signatures compatibles avec une fermentation protéique accrue.

Pourquoi un transit plus lent favoriserait-il la fermentation des protéines plutôt que celle des glucides ?

Quand le contenu intestinal séjourne plus longtemps dans le tube digestif, les bactéries disposent de davantage de temps pour transformer les substrats. La fermentation des protéines pourrait être favorisée notamment lorsque les glucides fermentescibles deviennent moins disponibles.

L'étude prouve-t-elle que la micropesanteur cause la constipation chez les astronautes ?

Non. L’étude montre une association entre le vol spatial et des marqueurs sanguins de fermentation protéique, mais le ralentissement du transit lié à la micropesanteur reste une explication proposée, non directement démontrée.

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Antoine Rives
Antoine Rives
Antoine Rives scrute tout ce qui pèse ou allège le budget des ménages français. Prix des courses, énergie, carburant, banque, assurances, abonnements, salaires, impôts et taxes : il part toujours d'un fait daté et chiffré pour dire qui est concerné, de combien et ce qu'on peut concrètement faire — économiser, changer, réclamer. Direct et sans jargon, il remet les montants en perspective à partir de sources françaises.