Les États-Unis ont engagé une révision de leurs normes d’éclairage automobile pour réduire l’éblouissement et faciliter l’utilisation des phares adaptatifs. En France, ces technologies disposent déjà d’un cadre réglementaire européen.
Le 6 octobre 2026, l’agence américaine de sécurité routière NHTSA a annoncé l’ouverture d’un processus de révision de ses normes sur les phares automobiles. L’objectif est notamment de mieux encadrer les éclairages LED, les feux de route automatiques et les technologies capables de modifier leur faisceau en fonction de la circulation. Cette initiative ne constitue pas une nouvelle réglementation applicable aux automobilistes français.
- Les États-Unis révisent leurs normes sur les phares LED pour mieux encadrer l'éblouissement et les feux adaptatifs.
- En France, les phares adaptatifs sont déjà encadrés par le règlement ONU n° 123 et le droit européen.
- Aucun changement des obligations françaises ne découle de cette annonce américaine.
Pourquoi les phares LED font-ils l’objet d’une révision réglementaire ?
Les éclairages automobiles ont considérablement évolué avec l’arrivée des LED et des systèmes électroniques de gestion du faisceau lumineux. Certains dispositifs peuvent éclairer une grande partie de la route tout en réduisant automatiquement la lumière dirigée vers les autres véhicules.
Cette technologie, appelée éclairage adaptatif, repose notamment sur des capteurs et des modules lumineux commandés individuellement. Elle permet de conserver un éclairage étendu sans utiliser systématiquement les feux de route traditionnels sur toute leur largeur.
Mais l’intensité lumineuse ne constitue pas le seul facteur d’éblouissement. La hauteur des projecteurs, leur orientation et la répartition de la lumière influencent également la gêne ressentie par les conducteurs circulant en sens inverse.
La NHTSA souhaite donc revoir plusieurs aspects de sa réglementation : les caractéristiques des LED, les capteurs de luminosité, les feux de route automatiques, les sources lumineuses remplaçables et les méthodes de contrôle des optiques. L’agence envisage également un rapprochement avec les normes internationales.
Il s’agit à ce stade d’un processus réglementaire annoncé, et non de nouvelles obligations déjà entrées en vigueur. Une consultation américaine sur la composition du comité chargé de préparer cette révision est ouverte jusqu’au 9 novembre 2026.
En France, les phares adaptatifs disposent déjà d’un cadre légal

La situation est différente dans l’Union européenne. Les systèmes d’éclairage avant adaptatifs y font déjà l’objet de prescriptions techniques d’homologation. Le règlement n° 123 de la Commission économique pour l’Europe des Nations unies encadre notamment les caractéristiques et les essais de ces dispositifs.
Ce cadre prévoit des exigences concernant les faisceaux lumineux, leur adaptation aux conditions de circulation et leur orientation. Il ne suffit donc pas qu’un constructeur installe des LED ou un système automatique pour que son éclairage soit autorisé : le dispositif doit satisfaire aux prescriptions d’homologation applicables.
Le règlement européen 2019/2144 relatif à la sécurité des véhicules définit le cadre réglementaire européen, complété par les prescriptions techniques pertinentes. Le règlement ONU n° 123 sur les systèmes d’éclairage avant adaptatifs permet de consulter les exigences techniques publiées au Journal officiel de l’Union européenne.
Pour les automobilistes français, aucune modification des obligations nationales ne découle directement de l’annonce américaine. Aucun calendrier de changement des règles françaises n’est établi par cette initiative.
Quels risques et quelles obligations pour les conducteurs français ?
En France, les voitures doivent notamment disposer de feux de croisement, de route, de position et de signalisation en état de fonctionnement. Les règles restent applicables quelle que soit la technologie utilisée : halogène, LED ou éclairage adaptatif homologué.
Selon Service-Public.fr, concernant les équipements obligatoires des voitures, un défaut d’éclairage obligatoire peut être sanctionné par une amende forfaitaire de 68 euros, pouvant atteindre 450 euros. Une immobilisation du véhicule peut également être ordonnée.
Pour éviter un éclairage gênant ou non conforme, plusieurs précautions restent utiles :
- Vérifier le bon fonctionnement et le réglage des projecteurs, notamment après une intervention mécanique.
- Ne pas remplacer une source lumineuse par un équipement incompatible avec l’homologation du phare.
- Faire contrôler un faisceau qui semble trop haut ou provoque régulièrement des appels de phare.
- Respecter les conditions d’utilisation des feux de route, même avec un système d’assistance automatique.
La présence de phares LED ne dispense pas le conducteur de respecter les règles d’éclairage du Code de la route. Un dispositif automatique ne doit pas conduire à éblouir les autres usagers.
Les voitures vendues en France pourraient-elles bénéficier de cette évolution ?

Le principal enjeu concerne les constructeurs qui commercialisent leurs véhicules sur plusieurs continents. Les différences entre les procédures américaines et européennes peuvent les conduire à adapter leurs équipements ou leurs fonctions d’éclairage selon les marchés.
Un rapprochement des normes pourrait faciliter l’utilisation de technologies communes. Il ne garantit toutefois ni une baisse des prix des phares, ni une mise à jour des véhicules existants, ni l’arrivée de nouveaux équipements sur les modèles commercialisés en France. Aucun engagement officiel ne permet actuellement d’annoncer de telles conséquences.
Pour un automobiliste français qui achète une voiture équipée de phares adaptatifs, le point essentiel reste donc de vérifier les fonctions réellement comprises dans la finition choisie et leur homologation pour le marché européen. Aucune démarche particulière n’est nécessaire à la suite de l’annonce américaine du 6 octobre 2026.
Questions fréquentes
Pourquoi les phares LED suscitent-ils une révision réglementaire aux États-Unis ?
Bien que les LED permettent un éclairage adaptatif qui réduit automatiquement la lumière vers les autres véhicules, l’intensité lumineuse n’est pas le seul facteur d’éblouissement. La hauteur des projecteurs, leur orientation et la répartition de la lumière influencent également la gêne ressentie par les conducteurs circulant en sens inverse. La NHTSA souhaite donc encadrer ces multiples aspects.
Que risque un conducteur français qui remplace un phare sans respecter l'homologation ?
Un défaut d’éclairage obligatoire non conforme peut être sanctionné par une amende forfaitaire de 68 euros, pouvant atteindre 450 euros. Une immobilisation du véhicule peut également être ordonnée. Il est donc important de ne pas remplacer une source lumineuse par un équipement incompatible avec l’homologation du phare.
Comment les phares adaptatifs sont-ils déjà encadrés en France ?
Les systèmes d’éclairage avant adaptatifs font l’objet de prescriptions techniques d’homologation définies par le règlement ONU n° 123 sur les systèmes d’éclairage avant adaptatifs, qui encadre les caractéristiques, les essais, les faisceaux lumineux et leur adaptation aux conditions de circulation.

