Le CAC 40 repasse sous les 8 000 points, les valeurs bancaires mènent la chute, tandis que les taux français à long terme remontent au-delà de leurs équivalents italiens. La BCE est attendue au tournant.
La barre des 8 000 points, franchie à peine quelques jours plus tôt, n’aura pas tenu. Le CAC 40 a reculé de 1,36 %, repassant sous ce seuil symbolique sous la pression conjuguée de l’incertitude politique et d’une remontée des taux souverains français.
Ce sont les banques qui ont le plus souffert. Société Générale a cédé 4,2 %, Crédit Agricole 3,4 %, BNP Paribas 3,2 %. Trois poids lourds du secteur financier qui concentrent, à eux seuls, l’essentiel de la défiance des investisseurs envers les actifs français.
Les OAT françaises dépassent les taux italiens : un signal d’alarme
Le marché obligataire donne lui aussi de mauvais signaux. Le rendement des obligations d’État françaises à 10 ans (OAT) a bondi jusqu’à près de 3,6 % avant de se stabiliser autour de 3,563 %, selon Reuters. Conséquence directe : ce taux a dépassé son équivalent italien, une anomalie qui, dans la logique des marchés, traduit une prime de risque désormais plus élevée sur la France que sur l’Italie.
Selon Le Monde, le rendement sur les OAT à 10 ans a culminé à 3,57 %, franchissant ainsi le taux italien dans un contexte de défiance croissante envers les actifs souverains français. [1]
L’instabilité politique, moteur de la défiance
Derrière la mécanique boursière, c’est bien le contexte politique qui alimente la nervosité. Des économistes anticipent une dissolution de l’Assemblée nationale et un report du budget, ce qui conduirait mécaniquement à un déficit public supérieur à celui de l’année en cours. Léo Barincou, économiste senior chez Oxford Economics, estime que “le budget 2025 sera très vraisemblablement au moins temporairement reconduit en 2026”, avec à la clé un creusement du déficit. [1]
Ce scénario alimente la méfiance sur les actions françaises autant que sur la dette souveraine. Les marchés, qui avaient profité d’un été porteur, le Nasdaq, le S&P 500 et le Dow Jones ayant tous signé des records en août, et le CAC 40 repassé au-dessus des 8 000 points le 20 août, avaient déjà accumulé des fragilités structurelles : depuis le 1er janvier, l’indice parisien n’avait progressé que d’environ 8 %, loin derrière Francfort (+22 %), Milan (+26 %) ou Londres (+14 %), pénalisé par la faiblesse du secteur du luxe face à la demande chinoise atone. [3]
La BCE, dernier garde-fou dans l’attente des marchés
La Banque centrale européenne se retrouve désormais dans une position délicate. Ses prochaines décisions de politique monétaire sont scrutées par les investisseurs comme un possible facteur de stabilisation, à mesure que la prime de risque française continue de s’éloigner des standards européens.
Les scénarios à court terme restent incertains. Sans consolidation budgétaire crédible ni clarification politique, les marchés financiers semblent décidés à rester en mode défensif sur les actifs tricolores.
Sources
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