Aux élections provinciales de Nouvelle-Calédonie, Arnold Lèques se présente comme le seul candidat à porter explicitement le maintien du territoire dans la République française, avec une liste issue de la société civile.
C’est une confidence familiale qui a tout déclenché. Ses petites-filles lui ont dit qu’après leurs études, elles ne comptaient pas revenir en Calédonie, faute d’y voir un avenir. L’ancien patron de la Compagnie maritime des îles (CMI) a décidé de se lancer dans la bataille des provinciales, en tête de la liste “Pour une Calédonie française”.
Lèques présente ses colistiers comme des représentants de la société civile, sans ambition de carrière politique. Parmi eux figure Bianca Hénin, ancienne déléguée départementale du Rassemblement national en Calédonie jusqu’en 2019.
Le nickel au coeur du programme
La filière nickel occupe une place centrale dans ses propositions. “On a le meilleur nickel au monde et les deuxièmes réserves mondiales. Pourtant, on tend la main”, déclare-t-il, selon NC la 1ère. Il propose un audit complet de la filière pour sortir de cette dépendance.
Au-delà du nickel, Lèques pointe les insuffisances du soutien aux retraités et aux personnes en situation de handicap, estimant que ces publics restent insuffisamment pris en compte dans les politiques actuelles. Il appelle par ailleurs l’État à intervenir davantage pour accompagner la reconstruction du territoire et soutenir la relance économique.
Rassembler les abstentionnistes, pas diviser les non-indépendantistes
Accusé de fracturer le camp non-indépendantiste en multipliant les listes, Lèques rejette l’argument. Sa cible électorale déclarée : les abstentionnistes, un réservoir de voix que les partis traditionnels n’auraient pas su mobiliser.
La question de la fragmentation du vote non-indépendantiste est pourtant réelle. En province Sud, d’autres listes occupent le même espace politique, comme “Faire Pays” de Robert Kakue, ingénieur et chef d’entreprise spécialisé dans les transports, qui mise pour sa part sur la cohésion entre Calédoniens et refuse de réduire le débat à l’opposition entre indépendantistes et non-indépendantistes.[2]
Une Calédonie sous pression économique et institutionnelle
Ces provinciales se tiennent dans un contexte de reconstruction difficile après les violences de 2024. La relance de l’économie locale, le soutien à l’industrie du nickel en crise et la question du lien avec la métropole structurent l’ensemble des campagnes dans le Sud. Lèques veut incarner la réponse la plus directe à cette dernière question, en assumant une ligne que peu de candidats formulent aussi explicitement : rester dans la République.
Sources
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