L’économie de Provence-Alpes-Côte d’Azur progresse légèrement en 2026, portée par les services et un regain industriel, mais la construction résiste mal et les investissements étrangers reculent en France.
Philippe Billard, directeur départemental de la Banque de France, a présenté en février à Nice les résultats d’une enquête menée auprès de 1 542 entreprises de la région, dont 93 % de TPE-PME, représentant 216 000 salariés et 44 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel. Le tableau qui en ressort est contrasté : des signaux positifs dans les services et l’industrie, des tensions persistantes dans le bâtiment.
Sur le plan national, la France a terminé 2025 avec une croissance du PIB de 0,9 %, « ce qui nous a conduit à relever la projection pour 2026 et 2027 à 1 % et à 1,1 % en 2029 », selon Billard. L’inflation devrait rester ancrée sous 2 % dans les prochains mois. Dans ce contexte, « l’activité régionale poursuit sa légère progression plus favorable qu’au niveau national ».
Alpes-Maritimes : 37 000 créations d’entreprises et moins de faillites
La création d’entreprises dans la région s’est élevée à 37 000, hors microentrepreneurs, une dynamique légèrement moins soutenue qu’au niveau national mais accompagnée d’un fait notable : une augmentation sensible des entreprises de plus de 10 salariés dans les Alpes-Maritimes. Surtout, les défaillances reculent. « On note une diminution des déclarations de mises en redressement ou en liquidation judiciaires en Paca alors que le chiffre augmente au national. Fin décembre, dans les Alpes-Maritimes, la baisse était de 17 % par rapport à 2024 », souligne Philippe Billard.
Dans le Var, le chiffre d’affaires départemental a progressé de 1,1 % en 2025, tiré par l’hôtellerie-restauration et l’immobilier. Les investissements des entreprises ont en revanche reculé : moins 15,5 % dans la construction, moins 7 % dans l’industrie, moins 12 % dans les services marchands. Pour 2026, l’enquête anticipe un rebond de 59 % des investissements dans les services, de plus de 15 % dans l’industrie, mais un nouveau repli de 20 % dans la construction. [3]
Le taux d’épargne des Français, à 18,5 % fin 2025 selon la Banque de France, reste un signal de prudence des ménages susceptible de freiner la reprise.
Attractivité étrangère : la région résiste mieux que la France, mais reste 5e
Le Baromètre EY de l’attractivité de la France 2026, publié le 21 mai à partir des investissements étrangers réalisés en 2025, révèle un recul de 17 % du nombre de projets portés en France par des acteurs étrangers, contre seulement 7 % à l’échelle européenne. « Les tensions géopolitiques, commerciales, pèsent sur les décisions mais la situation économique et politique de la France interroge particulièrement », commente Clément Visbecq, du cabinet EY.
Provence-Alpes-Côte d’Azur tire cependant son épingle du jeu : la région est la seule à afficher une dynamique positive sur les investissements étrangers dans l’industrie en 2025, par rapport à la moyenne des trois années précédentes. Le projet du groupe Givaudan, qui investit 55 millions de francs suisses (60 millions d’euros) dans son « Campus 52 » à Grasse, en est l’illustration concrète. [2]
Malgré cela, la région reste cinquième au classement national de l’attractivité, loin derrière l’ÃŽle-de-France (233 projets, 27 % des investissements étrangers en France) et Auvergne-Rhône-Alpes (137 projets, 16 %). La croissance du PIB français au premier trimestre 2026 est estimée entre 0,2 et 0,3 % selon la Banque de France, un rythme qui ne laisse guère de marge pour absorber les incertitudes géopolitiques.
Sources
2 sources · 2 faits sourcés

