Le groupe japonais SoftBank a annoncé un investissement de 75 milliards d’euros en France, ciblant les infrastructures liées à l’intelligence artificielle. Un montant sans précédent sur le continent européen.
Soixante-quinze milliards d’euros. C’est la somme que SoftBank s’apprête à injecter en France dans les infrastructures d’IA, selon l’annonce faite le 26 juin 2026. Le groupe japonais, connu pour ses paris massifs sur la tech mondiale via son Vision Fund, qualifie lui-même l’opération d’investissement le plus important en Europe. Aucun précédent comparable n’a été enregistré sur le continent pour ce type d’infrastructure.
75 milliards d’euros : pourquoi la France plutôt qu’un autre pays européen
Le choix de la France n’est pas anodin. Depuis plusieurs années, Paris s’est positionné comme le point d’entrée privilégié des grands capitaux tech en Europe, en partie grâce à une politique d’attractivité assumée, des capacités électriques importantes et un tissu de recherche en IA dense, notamment autour de l’Inria et des équipes universitaires parisiennes.
SoftBank, dirigé par Masayoshi Son, a déjà multiplié les engagements massifs dans l’infrastructure IA à l’échelle mondiale en 2025 et 2026, notamment aux États-Unis. L’annonce française s’inscrit dans cette stratégie globale de contrôle des couches physiques de l’IA : datacenters, réseaux, puces. La France devient ainsi l’un des principaux points d’ancrage européens du groupe.
Un signal fort pour la souveraineté numérique européenne, mais des questions restent ouvertes
Un investissement de cette ampleur dépasse largement ce que les acteurs européens sont capables de mobiliser seuls. OVHcloud, premier hébergeur européen, pèse plusieurs milliards d’euros de capitalisation. Les plans d’expansion de centres de données d’Iliad ou de Scaleway restent dans un autre ordre de grandeur. SoftBank arrive donc avec une puissance de feu sans équivalent local.
La question de la gouvernance de ces infrastructures se posera rapidement. Des capitaux japonais finançant des datacenters IA en France, cela soulève des enjeux de contrôle des données et de dépendance stratégique que Bruxelles et Paris devront arbitrer. L’Union européenne pousse depuis 2025 pour un cadre de certification des infrastructures critiques liées à l’IA, précisément pour éviter que la souveraineté numérique ne devienne un slogan sans prise sur les actifs réels.
Le calendrier de déploiement effectif des 75 milliards n’a pas encore été précisé. Les annonces d’investissement à cette échelle s’étalent généralement sur plusieurs années, avec des premières mises de fonds suivies d’engagements conditionnels. Reste que la décision de SoftBank de flécher la France plutôt que l’Allemagne, le Royaume-Uni ou les Pays-Bas constitue un signal que les autres capitales européennes vont analyser de près.
